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En Gironde : « Il est possible de mettre la vigne en pause le temps de sortir de la crise »

Davy Chodjaï, consultant viticole chez Cambium, en Gironde, estime qu’une solution pour faire le dos rond quelques années peut être de délaisser temporairement et intelligemment quelques parcelles.

<em class="placeholder">Davy Chodjaï, consultant viticole en Gironde chez Cambium</em>
Davy Chodjaï, consultant viticole en Gironde chez Cambium, prône la mise en pause des vignes.
© X. Delbecque

« Il y a quelques années, l’un de mes clients coopérateur a récupéré une vigne laissée en friche par son fermier, et nous avons décidé de ne pas l’arracher mais de la remettre en état de production. Elle n’avait pas été taillée pendant trois ans, mais ça a marché. Ce qui montre qu’il est possible de mettre en pause la production et les frais le temps de passer la crise : la vigne ne meurt pas si on arrête de l’entretenir. Mais si on sait que l’on souhaite la récupérer, mieux vaut faire cela correctement et définir dès le départ comment précéder. Le plus simple pour moi est de repartir sur un système en cordon. Je conseille de passer le premier hiver simplement pour boucher les trous de végétation, en tirant des baguettes par exemple, pour que l’espace soit occupé lors de la reprise. Puis pendant la saison, de faire un traitement par mois de façon à garder un peu de feuilles, et une tonte si besoin pour éviter l’ensauvagement des rangs.

Les bourgeons latents repoussent à partir du vieux bois

Si la parcelle est au bord de la route et que l’on ne veut pas faire trop mauvais genre, on peut tailler normalement les quelques premiers pieds de rangée et réaliser une prétaille uniquement. Je déconseille la TRP car elle fait pousser la vigne en buisson et cela sera plus de travail derrière pour reprendre. On peut aussi passer un coup de tondeuse plus régulier en saison végétative, il n’y a pas de règle.

Lors de la reprise, on va venir tailler sur le vieux bois au niveau de là où on veut faire ressortir les bourgeons. Même si on ne les voit pas forcément, ils y sont. La première année les sarments repoussent, et la deuxième année c’est comme si rien ne s’était passé. Contrairement à certains courants, je ne pense pas que couper du vieux bois soit un haut degré de mutilation : des nécroses il y en a naturellement partout sur la vigne. Pour moi c’est comme un recépage, mais multiple, où l’on ferait un recépage par porteur. La vigne va créer une nouvelle couche de vaisseaux, qui va se redéployer petit à petit. En revanche il faut être conscient que même s’il y a de la récolte, on ne peut rien revendiquer en indication. »

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