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Effluents de chai : Azuvia mise sur l’hydroponie en serre pour dépolluer l’eau

Traiter les effluents vinicoles par une serre hydroponique permet d’optimiser l’espace et d’allier performance technique avec esthétisme.

<em class="placeholder">Serre aquaponique pour le traitement des effluents vinicoles</em>
La serre filtrante d'Azuvia peut être mise en avant sur le domaine grâce à son côté esthétique, transformant un inconvénient en avantage.
© Azuvia

Rendre le traitement des effluents de chai attractif. Tel est le mantra de la jeune société Azuvia. Elle a imaginé pour cela un concept de serre filtrante aux multiples atouts : esthétique, compacte, et qui confine les odeurs. L’autre originalité de cette solution réside dans le système de dépollution de l’eau, puisqu’il repose sur l’hydroponie (c’est-à-dire la culture dans l’eau). « Ce mode de culture hors-sol et à plusieurs étages permet de gagner de la place, explique Olivier Lucas, cofondateur d’Azuvia. Chaque module de quatre mètres carrés comprend trois étages de six lignes hydroponiques et permet de gérer environ un mètre cube d’effluent par jour. » En multipliant les modules, on multiplie les capacités de traitement, qui peuvent répondre aux besoins d’une petite cave particulière comme d’une grosse cave coopérative.

Dans le détail, les effluents vinicoles sont dégrillés et collectés dans une cuve tampon, équipée de bulleurs pour permettre le travail des bactéries aérobies et commencer à réduire la charge polluante. Et une fois par jour, le système envoie une quantité donnée vers la serre. « Les effluents pompés ruissellent alors au sein des modules de filtration sur lesquels poussent les plantes », détaille Olivier Lucas. Dans ce mode de culture, les bacs sont percés pour accueillir les plants, qui poussent les racines dans l’eau. Les bactéries vivant sur ces racines créent un biofilm participant à la dépollution.

Des plantes poussent sur des modules de filtration

Dans ce cadre précis de traitement des effluents, impossible de faire pousser tout ce que l’on veut malheureusement. « Sont mises en culture des plantes aquatiques et semi-aquatiques sélectionnées pour cela, comme des papyrus nains, des joncs, de la menthe aquatique », indique le cofondateur. En bout de circuit, l’eau dépolluée est collectée pour être réutilisée (REUT) en arrosage ou rejetée dans le milieu naturel. Le système produit également des boues, qui peuvent être utilisées pour amender les sols. Lorsque l’activité faiblit au chai et que les entrées d’effluents diminuent, le système se met en mode « hydratation » et fait recirculer l’eau traitée dans les modules pour l’arrosage des plantes. « Tout est géré de façon automatisée », renseigne Olivier Lucas.

Azuvia propose par ailleurs un contrat incluant l’entretien (taille des plantes) et la maintenance. Plusieurs domaines viticoles sont déjà équipés comme le domaine des Bruyères dans la Drôme, qui a couplé la serre à un bassin d’ornement où vivent des poissons, ou encore la bastide de Blacailloux, qui développe une partie potager qui profitera des eaux traitées. Pour une cave particulière, l’investissement total représente environ 150 000 euros. Cela peut atteindre le million d’euros pour une cave coopérative vinifiant plus de 100 000 hectolitres. « Il est possible de partir sur une serre tunnel plutôt qu’une serre en verre pour avoir une solution plus économique, mais on perd le côté esthétique et l’aspect intégré au cachet du domaine », précise Olivier Lucas.

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