Des unions de caves coopératives vinicoles gouvernées très majoritairement par les hommes seniors
Où sont les femmes et les jeunes ? Pas dans la gouvernance des unions de coopératives qui est presque entièrement dévolue aux hommes seniors.
Où sont les femmes et les jeunes ? Pas dans la gouvernance des unions de coopératives qui est presque entièrement dévolue aux hommes seniors.
Comment sont gouvernées les structures de second degré viticoles, comprenez les unions de coopératives, SCIC ou Sica ? C’est ce qu’ont voulu savoir les chercheurs du projet Innogouv, coordonné par l’Institut agro de Montpellier. D’après leur enquête auprès de 18 structures sur les 26 existantes en France, 100 % sont présidées par des hommes de plus de 55 ans. Cette proportion d’hommes s’élève à 93 % pour les postes de directeur, dont l’âge moyen est de 53 ans.
Cette gouvernance quasi exclusivement masculine et âgée est le reflet de la composition des conseils d’administration des coopératives adhérentes à ces unions, où les femmes ne représentent que 3 % des présidents et les jeunes (moins de 40 ans) 5 %.
Pour expliquer cette absence relative, une autre partie de l’étude menée auprès de 218 coopératives vinicoles a montré que les jeunes ne trouvent pas d’utilité forte à entrer dans les coopératives. Une autre hypothèse est qu’ils privilégient leur vie personnelle et familiale, avant de s’engager plus tardivement.
Des signes de changement avec plus d’adhérentes en Champagne
L’intégration de ces publics est peu abordé dans les unions : aucune commission ou groupe de travail n’est consacré aux femmes et seulement 12 % des structures ont une commission « jeunes ». Toutefois, ces sujets sont traités par les coopératives.
« L’approche patriarcale est très présente en agriculture, mais nous avons remarqué des tendances au changement, notamment en Champagne, avec plus d’adhérentes et d’élues dans les coopératives », souligne Louis-Antoine Saisset, coordinateur du projet Innogouv.
Autre signe positif pour les structures de second degré : elles rencontrent moins de difficultés que les coopératives pour le recrutement de leurs salariés, car plus à même de mettre en avant de meilleures conditions de travail ou de rémunération, notamment du fait de leur plus grande taille. La moitié propose ainsi un intéressement aux salariés. Elles ont moins diversifié leurs circuits commerciaux ces trois dernières années. Elles sont aussi plus nombreuses (56 %) à utiliser l’IA que les coopératives (23 %). Cet usage est surtout axé sur la gestion et la commercialisation.
Les unions et structures de second degré enquêtées représentent 48 350 ha de vigne, pour un chiffre d’affaires moyen de 33,70 M€ en 2023.
+ 38 % de chiffre d’affaires pour le négoce entre 2019 et 2024
Entre 2019 et 2024, le chiffre d’affaires moyen des négoces vinicoles est passé de 32,5 à 44,80 M€, soit une progression de 38 % en six ans, malgré un creux pendant la pandémie de covid en 2020. Cette croissance peut notamment être reliée à la forte augmentation du pourcentage de ventes à l’export, qui est passé de 27,3 % à 58,4 %. Des résultats tirés par le champagne. Les chiffres de 2025 ne sont pas disponibles, mais risquent d’être moins bons, relativisent les chercheurs.