Aller au contenu principal

Des nutriments pour doper les arômes

Une nouvelle génération de nutriments pour levures arrive sur le marché, annoncée comme capable de compenser les carences en azote des moûts tout en orientant les arômes produits par les levures.

André Fuster, AEB France : « Il est possible de compenser plus finement une carence en azote assimilable, en ajoutant des acides aminés dans les proportions qu’ils auraient naturellement s’il n’y avait pas de carence. C’est à dire en respectant la composition naturelle de chaque cépage. »
© C. Bioteau

La connaissance de la nutrition des levures en cours de fermentation alcoolique évolue régulièrement et, avec elle, la composition des spécialités commerciales de nutriments. On est passé du tout minéral au mix minéral-organique, et l’on arrive maintenant dans l’ère des nutriments à double rôle : nourrir les levures et orienter les arômes des vins. L’université de Turin en Italie travaille sur le sujet depuis 2015 avec le groupe AEB, à travers un projet de recherche baptisé Varietali. « On sait qu’il y a un lien entre les acides aminés du moût et la production d’arômes par les levures, rappelle André Fuster, référent technique zone sud chez AEB France. Nous avons donc étudié l’utilisation des acides aminés par les levures pour différents cépages. Notre objectif est d’affiner la nutrition organique des levures pour augmenter la formation d’arômes typiques d’un cépage donné. »

Pour cela les expérimentateurs ont d’abord recensé les acides aminés caractéristiques des jus de plusieurs cépages blancs à maturité, dont le chardonnay, l’antao vaz, cépage portugais thiolé, ou encore le gruner veltliner autrichien. Puis ils ont refait le même travail après fermentation sur les vins issus de ces moûts. Ils en ont déduit le « pool » des principaux acides aminés qui ont été consommés par les levures ainsi que leurs proportions respectives, pour chacun des cépages. Dans un troisième temps, l’ajout de ces acides aminés a été testé en cours de fermentation sur des jus carencés en azote. Les chercheurs ont observé l’expression aromatique qui en résulte.

Les levures s’expriment différemment selon l’apport nutritif

Résultat : les proportions varient bien selon les cépages et, selon AEB, on oriente la formation d’arômes lors des fermentations en ajoutant des acides aminés choisis. « Les levures s’expriment différemment quand on les nourrit différemment ", explique André Fuster. AEB a depuis mis sur le marché trois spécialités de nutriments adaptés à trois « styles » de cépages (voir encadré), annoncés capables en quelque sorte de « fabriquer » des arômes fermentaires proches d’arômes primaires.

Le projet Varietali se poursuit : une étude a notamment débuté lors des vinifications 2018 sur le cépage sémillon dans le Bordelais et le Bergeracois. « Le sémillon sec est beaucoup moins aromatique que le sémillon vinifié en liquoreux. Nous voulons vérifier si les acides aminés contenus dans les moûts diffèrent à maturité et en surmaturité et mesurer l’impact d’un apport d’acides aminés sélectionnés à surmaturité sur l’arôme des sémillons secs. »

Trois nouveaux activateurs AEB

Suite au projet de recherche Varietali, le groupe AEB commercialise trois nouveaux activateurs organiques. Ils apportent tous la même quantité d’acides aminés, mais pas les mêmes ou dans des proportions différentes selon le profil aromatique souhaité. Fermoplus CH Fruit va doper les notes florales et de fruit blanc, style chardonnay ou chenin, alors que Fermoplus Tropical booste les notes de fruit tropical et fruit mûr des cépages thiolés. Le troisième sort cette année : le Fermoplus Floral, pour des notes florales et d’herbes aromatiques. À noter que le coût de ces nouveaux activateurs est supérieur à celui des nutriments organiques classiques (28 à 30 euros le kilo).

Les plus lus

<em class="placeholder">Thomas Berger-Leslavergne, viticulteur à Troissy, dans la Marne</em>
En Champagne : « J’ai imaginé une fraise de curetage pour lutter contre les maladies du bois de la vigne »
Le vigneron champenois Thomas Berger-Leslavergne a cocréé une fraise de curetage, l’OB 20, plus maniable et précise que les…
<em class="placeholder">Remorque antigel bricolée.</em>
Astuce de vigneron en Gironde : « J’ai confectionné une remorque antigel pour protéger mes vignes »

Frédéric Lahaye, viticulteur à Val de Virvée, en Gironde, a bricolé une remorque antigel. Voici comment il a opéré.

<em class="placeholder">Aurélien Schlienger, directeur des domaines Baudry Dutour, à Chinon, en Indre-et-Loire</em>
En Indre-et-Loire : « Notre programme de traitement de la vigne à environ 400 euros/ha/an intègre des biocontrôles »

Aurélien Schlienger, directeur des domaines Baudry Dutour, à Chinon, en Indre-et-Loire, intègre du biocontrôle dans ses…

Julien Chadutaud devant les vignes des domaines Jean Martell
En Charente : « Les tanins de châtaigne permettent de diminuer les doses de cuivre pour lutter contre le mildiou de la vigne »

Julien Chadutaud, responsable vignoble aux domaines Jean Martell, à Rouillac, en Charente, a testé les tanins de châtaigne…

<em class="placeholder">Le programme de protection doit tenir compte de la pression black-rot sur les gamays. </em>
Dans le Rhône, « le soufre réinvestit mon programme de traitement de la vigne »

Certifié Terra Vitis, Benoît Bleton essaie de limiter les produits CMR au maximum, tout en conservant une bonne efficacité.…

<em class="placeholder">Sonal Holland, première master of wine indienne et partenaire de la School of Wine &amp; Spirits Business.</em>
Inde : « Il faut que la filière viticole française ait bougé d’ici un ou deux ans maximum car tout le monde lorgne sur ce marché »

Sonal Holland, première master of wine indienne et partenaire de la School of Wine & Spirits Business, analyse le…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Vigne
Consultez les revues Réussir Vigne au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters des filières viticole et vinicole