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De nouvelles règles pour la vinification bio au 1er janvier 2022

La nouvelle réglementation européenne sur l’agriculture biologique entrera en vigueur le 1er janvier 2022. Voici les changements à noter sur les pratiques œnologiques.

L’autorisation du chauffage des moûts et des vins jusqu’à 75 °C est la principale évolution du nouveau règlement sur la vinification bio.
L’autorisation du chauffage des moûts et des vins jusqu’à 75 °C est la principale évolution du nouveau règlement sur la vinification bio.
© Réussir SA

Le règlement (UE) 2018/848 entrera en vigueur le 1er janvier 2022, un an après la date initialement prévue. La publication des actes secondaires avait notamment été freinée par l’épidémie de Covid-19. C’est désormais chose faite, les derniers points en suspens ayant été précisés.

Des intrants certifiés bio dans la limite des disponibilités commerciales

Concernant la vinification biologique, le principal changement réside dans l’autorisation du chauffage des moûts et des vins jusqu’à 75 °C. « C’est un nouvel outil pour la stabilisation microbienne dans un contexte de réduction des sulfites », se félicite Valérie Pladeau, ingénieure conseil œnologie et qualité chez Sudvinbio. Pour ce qui est des auxiliaires et additifs, deux évolutions sont à noter. Les écorces de levures, levures sèches inactivées et autolysats de levures rejoignent la liste des intrants autorisés en tant qu’activateurs de la fermentation malolactique (FML).

En théorie, la caséine, l’albumine et la gomme arabique doivent désormais être certifiées bio « dans la limite des disponibilités commerciales ». « Nous avons élaboré une liste accessible depuis le site de l’Inao regroupant les fournisseurs de ces produits certifiés bio. Pour la caséine, il n’en existe pas à ce jour sur le marché français », pointe Valérie Pladeau. La liste est actualisée tous les ans. Pour rentrer dans les clous, il faudra donc apporter la preuve d’avoir fait la démarche de se procurer ces produits. Cela peut notamment passer par une attestation du fournisseur de produits œnologiques, certifiant qu’il ne possède pas ces intrants. Cette attestation sera à présenter en cas de contrôle. Enfin, l’utilisation des enzymes pectolytiques pendant les macérations, demandée par la France, n’a pas été validée par la Commission européenne. « Nous restons pleinement mobilisés pour défendre le dossier », assure Valérie Pladeau.

Des objectifs de moyens pour prévenir les contaminations aux pesticides

Autre nouveauté, le règlement introduit les grandes lignes du référentiel HACCP. L’objectif est d’apporter des précisions sur les moyens de prévenir les contaminations par les pesticides conventionnels dans les vins bios. « Les organismes de contrôle ont déjà intégré ce référentiel dans leurs procédures. L’idée est surtout de l’inscrire d’un point de vue réglementaire. Sachant que cela reste un objectif de moyen et non de résultat. Il s’agit surtout d’attirer l’attention des producteurs sur ces risques afin qu’ils soient vigilants », explicite Valérie Pladeau.

Sur la surveillance justement, la Fnab précise que « le contrôle annuel systématique pourra désormais être remplacé par un contrôle dans un délai de 24 mois pour les opérateurs dont toutes les pratiques ont toujours été conformes lors des trois contrôles annuels précédents ». La Fédération estime que le nouveau règlement permettra une meilleure harmonisation des systèmes de contrôle.

voir plus loin

Vers une filière française de production d’acide malique ?

Avec le changement climatique, la filière viticole bio a engagé une réflexion autour de l’acidification. « Pour l’heure, seuls les acides tartrique et lactique sont autorisés en bio », explique Valérie Pladeau, ingénieure conseil œnologie et qualité chez Sudvinbio. Mais ces acides, accusés « de durcir les vins », ne donnent que moyennement satisfaction. « L’acide malique, plus fin, pourrait convenir davantage », poursuit l’experte.

Avant d’instruire le dossier auprès de la Commission européenne, la France étudie la possibilité de créer une filière de production d’acide malique d’origine agricole. « Les sous-produits de la vinification et de la production cidricole sont des pistes à l’étude », indique Valérie Pladeau. Elle précise toutefois que le dossier « est encore au stade embryonnaire ».

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