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Dans l’Hérault : « En location, nos tracteurs vignerons nous coûtent 12 €/h »

Depuis six ans, le domaine héraultais Laurent Miquel passe progressivement son parc de tracteurs de la propriété à la location avec option d’achat. Une façon d’optimiser la productivité.

<em class="placeholder">Olivier Constans, responsable du vignoble au domaine Laurent Miquel, devant une tracteur New Holland T4.90F.</em>
Olivier Constans, responsable du vignoble au domaine Laurent Miquel, dans l'Hérault : « La location et le contrat de maintenance nous permettent de connaître exactement ce que nous coûtent nos tracteurs. »
© L. Vimond

« Nos tracteurs nous coûtent 12 euros de l’heure », annonce Olivier Constans, responsable du vignoble au domaine Laurent Miquel, à Cessenon-sur-Orb, dans l’Hérault. L’exploitation de 160 hectares est morcelée en plusieurs îlots, dont les plus éloignés sont à 25 minutes en tracteur. Depuis près de six ans, elle est passée à la location avec option d’achat (crédit-bail) pour une majorité de ses tracteurs. « Il ne nous reste plus qu’un tracteur Kubota et un New Holland en propriété, qui nous servent de mulets », détaille le responsable du vignoble.

Les chauffeurs et les tracteurs évoluent

Lorsque Olivier Constans est entré sur le domaine il y a une quinzaine d’années, les tracteurs étaient beaucoup plus simples et les salariés moins rares. « À l’époque, les tractoristes étaient plus polyvalents, plus disponibles, se souvient-il. Ils osaient davantage intervenir sur les pannes. » Depuis, la main-d’œuvre s’est raréfiée et s’est spécialisée. Cela implique que les chauffeurs doivent passer le maximum de temps au volant des tracteurs. « On n’a plus le temps de s’occuper de la maintenance et des pannes, constate Olivier Constans. De plus, la nouvelle génération de chauffeurs a moins le goût de la mécanique. À cela, s’ajoute le fait que les tracteurs se sont rudement complexifiés ces dernières années. Même nos anciens salariés n’auraient plus les compétences pour les réparer. Et quand je vois comme c’est tassé aujourd’hui sous le capot, la moindre intervention demande beaucoup plus de temps de montage-démontage. »

Des tracteurs récents et à la pointe

Le passage à la location s’est progressivement présenté comme une évolution naturelle sur l’exploitation. « Quand on part travailler, il ne faut pas que le tracteur nous lâche », explique Olivier Constans. La location est l’un des moyens de profiter d’un matériel toujours récent et à la pointe de l’innovation. La spécialisation des métiers a fait évoluer l’approche du matériel vers une philosophie de coût d’utilisation. « La location permet d’avoir une visibilité claire de ce que coûte un tracteur, ce qui n’est pas le cas de la propriété, où on n’est pas à l’abri d’une mauvaise surprise. D’autant plus que les tracteurs sont de plus en plus complexes. »

 

 
<em class="placeholder">New Holland T4.100F avec une épampreuse Dhugues. </em>
Le tracteur le plus puissant de l'exploitation dispose d'un pont avant suspendu apprécié par les chauffeurs. © L. Vimond

Le niveau d’équipement des tracteurs des exploitations est un critère auquel les chauffeurs ne sont pas insensibles. « Beaucoup de domaines du coin s’équipent de tracteurs Fendt, car la dotation du tracteur constitue un critère d’attractivité pour les chauffeurs, constate le responsable. Nos tracteurs en location sont quasiment « full équipés ». Les trois chauffeurs permanents de l’exploitation se sont bien approprié le joystick pour piloter les outils, ainsi que le séquençage de bout de rangs. Les boîtiers des outils sont aujourd’hui beaucoup plus rares. Les chauffeurs gèrent presque tout depuis les commandes du tracteur. »

Le niveau de confort élevé pour avaler les 500 kilomètres hebdomadaires

Parmi les équipements du tracteur, ceux liés au confort suscitent un intérêt particulier de la part des chauffeurs. « Entre les trajets routiers pour se rendre dans les vignes et les rangs de vigne, nous avons calculé que chaque tracteur parcourait 500 kilomètres par semaine », analyse le responsable du vignoble. Dans ce contexte, le confort devient prégnant. Les trois bons chauffeurs de l’exploitation se sont approprié chacun un tracteur, y passant 90 % de leur temps. Le plancher plat, la cabine spacieuse et suspendue, le siège confortable et la bonne insonorisation sont appréciés. « Nous leur demandons d’être performants, de traiter ou de vendanger de nuit, observe Olivier Constans. Il faut faire en sorte qu’ils se sentent bien au domaine, qu’ils aient envie de rester. »

Quatre tracteurs en location, bientôt cinq

Aujourd’hui, quatre tracteurs sont en crédit-bail, dont trois New Holland T4.90F de 90 chevaux équipés d’un pont SuperSteer à braquage court, qui sert dans les quelques vignes plantées à 2 mètres. Le quatrième, un T4.100F de 100 chevaux, est quant à lui doté d’un pont avant suspendu. « Ce dernier reçoit l’épampreuse chimique double rang Dhugues ou l’écimeuse double rang sur le relevage avant. Avec le poids que cela représente et le porte-à-faux, nous avons préféré ne pas mettre de pont SuperSteer. Comme pour la cabine, quand on a goûté à la suspension du pont avant, on ne revient pas en arrière », décrète le responsable vignoble.

 

 
<em class="placeholder">New Holland T4F de nuit</em>
Entre les traitements et les vendanges, les travaux de nuit sont courants. Le Domaine Laurent Miquel fait en sorte que les chauffeurs travaillent dans le confort. © New Holland

Le domaine ne rachète jamais les tracteurs en fin de contrat : « les tracteurs sont plus complexes, donc les pannes potentiellement plus fréquentes, ce qui ne motive pas à les garder », justifie Olivier Constans. Certes, le crédit-bail coûte un peu plus cher, mais le responsable du vignoble constate une plus grande réactivité du concessionnaire T3M Lavail en cas de problème. « C’est autant de productivité qui n’est pas perdue », estime-t-il.

La prochaine livraison de tracteurs en crédit-bail sera bien sûr dotée des derniers équipements de confort. L’entreprise entend poursuivre cette stratégie de financement et même l’intensifier. « Sur les quatre tracteurs en crédit-bail, trois d’entre eux arrivent en fin de contrat cet été, observe-t-il. Nous allons les remplacer par quatre tracteurs en location et le volume horaire sera revu à la hausse. De 800 heures par an sur trois ans, nous allons passer à 2 000 heures en deux ans. »

Un contrat d'entretien pour plus de tranquilité

L’exploitation de 160 hectares a fait le choix d’aller jusqu’à déléguer l’entretien à la concession. « En plus du crédit-bail, nous avons pris l’extension de garantie et un contrat d’entretien, détaille Olivier Constans. Il ne nous reste plus que les pneus et le carburant à notre charge. C’est un coût, mais on s’achète une tranquillité. Et on a une vision claire et sans surprise de ce que coûte chaque heure de tracteur. »

Le domaine Laurent Miquel

Superficie : 160 ha

Appellations : AOP languedoc et saint-chinian, IGP pays d’oc

Encépagement : cinsault, grenache, merlot, mourvèdre, syrah, albarino, chardonnay, colombard, grenache blanc, sauvignon blanc et viognier

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