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Dans le Rhône, « le soufre réinvestit mon programme de traitement de la vigne »

Certifié Terra Vitis, Benoît Bleton essaie de limiter les produits CMR au maximum, tout en conservant une bonne efficacité. Soufre et bicarbonate de potassium l’aident dans cette voie. Sans exploser son budget.

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Le programme de protection doit tenir compte de la pression black-rot sur les gamays.
© I. Aubert

« Avec les gammes de produits qui se restreignent et les résistances qui se sont développées, le soufre a repris de l’importance dans mon programme. C’est un biocontrôle bien connu, efficace contre l’oïdium, qui ne génère pas de résistance et relativement économique, bien que son prix ait tendance à augmenter. » Viticulteur et coopérateur à Saint-Georges-de-Reneins, dans le Rhône, Benoît Bleton est engagé dans une démarche de viticulture raisonnée depuis son installation en 2000. Il est d’ailleurs certifié Terra Vitis depuis 2017.

Pour répondre à ce cahier des charges, il doit limiter l’emploi de produits classés CMR (1). Mais il doit aussi tenir compte de la pression black-rot sur ses gamays. « L’association soufre + cuivre a bien une efficacité en début de campagne, mais insuffisante », estime-t-il, ce qui l’amène à utiliser notamment du folpel (CMR2).

Aussi, outre le soufre, il a choisi d’intégrer le bicarbonate de potassium (Vitisan) en fin de campagne. Cet ajout lui permet de diminuer les doses de soufre, « ce qui aide à éviter l’apparition de goûts de réduits sur les vins primeurs », indique Caroline Le Roux, référente technique amont de la Fédération des caves coopératives du Beaujolais. Autre intérêt : bénéficier d’une efficacité complémentaire contre le botrytis. « Je n’ai jamais eu de problème de brûlures du feuillage, aussi je continue avec ce produit », assure Benoît Bleton.

Une bonne réactivité est nécessaire

Une association dont il a aussi pu constater l’efficacité curative sur des petits foyers dans ses parcelles de chardonnay, cépage sensible à l’oïdium. En cas d’attaque, s’il observe qu’un rattrapage est nécessaire, il effectue un double traitement soufre 6 kg/ha + Vitisan 4 kg/ha à quatre jours d’intervalle et en augmentant le volume de la bouillie de 200 à 250-280 litres par hectare. Avec ce couplage, « on arrive à maîtriser la maladie si les foyers ne sont pas trop importants », témoigne le vigneron.

 

 
<em class="placeholder">Benoît Bleton, vigneron coopérateur en Beaujolais et vice-président de la cave coopérative de Saint-Julien dans le Rhône</em>
Viticulteur et coopérateur à Saint-Georges-de-Reneins, dans le Rhône, Benoît Bleton est engagé dans une démarche de viticulture raisonnée depuis son installation. © I. Aubert

En routine, il module les doses de soufre de 6 kg/ha en début de saison à 8-10 kg/ha après la floraison pour s’adapter la pousse de la végétation. Il utilise aussi le soufre poudrage en encadrement de la floraison sur le chardonnay, couplé à un effeuillage, pour plus d’efficacité. Pour cela, il dispose d’une poudreuse qu’il détient avec plusieurs voisins et fait réaliser l’effeuillage en prestation. L’intégration du soufre dans son programme l’oblige à une bonne réactivité pour traiter dès que les conditions sont optimales ou réintervenir si le soufre a été lessivé.

Un ajustement en fonction des observations

Son programme a coûté 6 500 euros l’an dernier, hors désherbage (et hors métayage), avec deux traitements insecticides obligatoires contre la flavescence dorée. Pour limiter les coûts, il reste sur du soufre poudre ou mouillable plutôt que liquide, plus pratique mais plus cher. Et s’adapte à l’année. « Je réserve mes produits en début d’année et je me fais livrer les quatre premiers traitements. Puis j’ajuste, en fonction de la pression des maladies. Cela me permet aussi de ne pas trop augmenter les stocks », explique Benoît Bleton.

 

 
<em class="placeholder">local phytosanitaire pour les fongicides</em>
Les traitements sont ajustés en fonction de la pression des maladies, ce qui permet aussi de ne pas trop augmenter les stocks. © B. Bleton

En fonction de ses observations, des bulletins de la chambre d’agriculture et de la fédération des caves coopératives, il peut supprimer un ou deux traitements. Mais ces deux dernières années n’ont pas permis ces allègements, avec 8 à 9 traitements nécessaires. « Même avec plus de vingt ans d’expérience, c’est de plus en plus difficile », avoue le vigneron, confronté à une pression phytosanitaire et des conditions climatiques de plus en plus intenses. Il pense pourtant continuer à intégrer des produits de biocontrôle et se tient informé des nouveautés.

(1) Substances cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction

repères

Benoît Bleton

Superficie 10,5 hectares de vignes

Certification Terra Vitis

Encépagement gamay, chardonnay

Dénominations beaujolais, brouilly, crémant-de-bourgogne

Densité de plantation jusqu’à 10 000 pieds/ha

Rendements 40 à 55 hl/ha

Commercialisation 5 hectares à la cave coopérative de Saint-Julien, 4,5 hectares en métayage au château de Corcelles

Main-d’œuvre 1 UTH 

Découvrez les autres articles de notre dossier dédié au Biocontrôle efficace et abordable ici :

Du biocontrôle efficace et abordable pour protéger les vignes, une utopie ?

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