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Enquête
Inquiets pour leurs revenus, près de 50% des agriculteurs envisagent de produire de l’énergie

Deux agriculteurs sur trois ont perçu une baisse de leur revenu en 2024 et seuls 8% d’entre eux s’attendent à remonter la pente, selon un sondage réalisé par Ipsos pour Réussir auprès des exploitations agricoles de plus de 50 ha. Incertains face à l’avenir et inquiets par rapport aux risques liés aux aléas climatiques, les agriculteurs envisagent de plus en plus la production d’énergie comme un moyen de pérenniser leurs exploitations.

Présentation du sondage Ipsos-Reussir lors des 7e controverses de l’agriculture et de l’alimentation ce 11 février à Paris
Présentation du sondage Ipsos-Reussir lors des 7e controverses de l’agriculture et de l’alimentation ce 11 février à Paris
© Nathalie Marchand

« 59% des agriculteurs ont perçu une baisse de leur revenu habituel en 2024 (par rapport au revenu moyen des 3 à 5 années précédentes, ndlr), et même 75% pour les céréaliers » selon une étude réalisée par Ipsos pour le groupe Réussir et présentée le 11 février lors des controverses de l’agriculture et de l’alimentation organisées chaque année par le groupe de presse agricole.

Réalisée du 29 novembre au 19 décembre 2024 auprès de 588 agriculteurs, l’enquête visait des chefs d’exploitation agricole en polyculture-élevage, élevage bovins et lait et grandes cultures de plus de 50 hectares.

Lire aussi : Les agriculteurs se déclarent plus pessimistes qu’il y a un an sur l’avenir de leur exploitation

Seuls 16% des agriculteurs anticipent un meilleur revenu dans les 5 à 10 prochaines années

Pour les agriculteurs ayant perçu une baisse de revenu en 2024, 35% déclarent que cette année, particulièrement difficile sur le plan climatique, s’inscrit « dans une tendance baissière des 3 à 5 années précédentes » alors que 24% voient cette baisse comme exceptionnelle après des années de revenu stable (pour 18%) voire en hausse (6%). Un ressenti de crise pas forcément en phase avec les résultats chiffrés des différentes filières depuis dix ans.

Pour autant l’enquête met aussi en évidence une grande appréhension de l’avenir pour les 59% d’agriculteurs ayant vu leur revenu baisser en 2024 : seuls 8% s’attendent à remonter la pente, 51% étant soit incertains sur leur avenir soit inquiets de rester dans le rouge.

Seuls 16% des agriculteurs interrogés anticipent un revenu à la hausse pour les 5 à 10 prochaines années.

Lire aussi : Près d’un agriculteur sur cinq envisage de cesser son activité dans les douze mois à venir

Les aléas climatiques inquiètent plus que la volatilité des cours

L’incertitude face à l’avenir s’explique en partie par la crainte exprimée par les agriculteurs face à des risques croissants. Ce qui inquiète le plus les agriculteurs interrogés ce sont sans surprises : les aléas climatiques (52%), les contraintes réglementaires (citées par 48% d’entre eux) devant les risques économiques liés à la volatilité des cours et à la déréglementation des marchés à l’international (33%). 

Le poste de dépenses qu’ils suivront en premier seront les charges opérationnelles (intrants, alimentation, santé animale), citées en premier par 35% des agriculteurs devant les charges de structures hors amortissements, 27%, et les amortissements par 25%.

Lire aussi : Revenu agricole : comment évoluent les résultats des agriculteurs depuis douze ans ?
 

La production d’énergie comme moyen de pérenniser les exploitations agricoles

Face à ces incertitudes et dans un contexte ressenti de crise, 53% des agriculteurs interrogés déclarent ne pas imaginer se développer dans le cadre d’un nouveau modèle. Le changement étant probablement synonyme de risques pour ces agriculteurs. En revanche 29% comptent sur la production d’énergie pour leur revenu futur (en hausse de 15 points par rapport à aujourd’hui), 78% citant sans surprise la vente de leurs productions (en baisse toutefois de 6% par rapport à aujourd’hui) et 44% les aides et subventions (en baisse de 7 points). 

Pour assurer la pérennité de leur exploitation à 5 ou 10 ans, 57% des agriculteurs interrogés envisagent d’améliorer la productivité, 45% de diversifier leurs activités dans la production d’énergie (méthanisation, photovoltaïque, agrivoltaïque) et 38% d’abandonner certaines productions moins rentables.

Voir nos articles sur la méthanisation

Voir nos articles sur l’agrivoltaïsme 

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