Viande bovine : vers 250 000 tonnes à droits de douanes réduits dans le cadre des accords de libre-échange négociés par l’UE
L’Union Européenne multiplie les accords de libre-échange : Nouvelle-Zélande, Mercosur, Mexique, Australie. A terme, les contingents ouverts représenteront près de 250 000 téc (tonnes équivalent carcasses) de viande bovine soit 4 % de la consommation européenne. Ils s'ajoutent aux contingents déjà ouverts lors d'autres négociations (GATT, OMC).
L’Union Européenne multiplie les accords de libre-échange : Nouvelle-Zélande, Mercosur, Mexique, Australie. A terme, les contingents ouverts représenteront près de 250 000 téc (tonnes équivalent carcasses) de viande bovine soit 4 % de la consommation européenne. Ils s'ajoutent aux contingents déjà ouverts lors d'autres négociations (GATT, OMC).
« L’Union Européenne recherche à la fois des relais de croissance pour ses exportations et des accès à des matières premières critiques, comme le lithium », expliquait Baptiste Buczinski, économiste pour l’institut de l’élevage, lors d’une conférence consacrée aux marchés mondiaux de la viande bovine, le 12 juin dernier. Dans un contexte où la géopolitique est tendue à l’échelle mondiale, et où l’OMC est au point mort depuis des années, nombreux sont les pays qui se tournent vers des négociations bilatérales, et des accords de libre-échange.
L’Union Européenne ne fait pas exception. « La politique de Donald Trump a d’ailleurs accéléré de nombreuses négociations de l’UE », précise l’économiste, certains pays craignant de dépendre des humeurs changeantes du président des Etats-Unis pour leur commerce international.
Contingents tarifaires : de 360 000 à 500 000 téc
En 2025, les contingents de viande bovine à droits de douanes réduits concédés par l’Union Européenne, via des négociations multilatérales (GATT, OMC) ou bilatérales (accords de libre-échange) atteignaient 360 000 téc (tonnes équivalent carcasses). Ils vont toutefois augmenter dans les prochaines années, car les nouveaux accords de libre échange prévoient une ouverture progressive des contingents négociés. Avec les nouveaux volumes concédés au Mercosur (99 000 téc), à l’Australie (30 600 téc) et au Mexique (10 000 téc), les concessions de l’Union Européenne en viande bovine devraient atteindre près de 500 000 téc, dont la moitié provenant des accords de libre-échange.
Ces volumes représentent 8% de la consommation européenne, dont 4% pour les nouveaux accords de libres échanges.
Certains accords s’appliquent déjà, comme celui avec la Nouvelle-Zélande, depuis le 1er mai 2024, qui a réduit les droits de douanes du contingent Hilton (1 102 téc) de 20 à 7,5%; il ouvrira également, progressivement jusqu’en 2031, 10 000 téc à 7,5 % de droits de douanes. En 2025, 92 % du volume ouvert (4 286 téc) avait été utilisé.
L’accord intérimaire entre l'UE et le Mercosur s’applique également depuis le 1er mai 2026. Il supprime les droits de douane sur le contingent Hilton existant, d’environ 58 000 téc ; ils étaient auparavant de 20%. L’accord permettra aussi, progressivement jusqu’en 2031, aux pays du Mercosur d’exporter jusqu’à 54 450 téc de viande bovine réfrigérée et 44 550 téc de viande bovine congelée avec des droits de douanes de 7,5 %.
Mercosur : l’Argentine capte la moitié du contingent 2026
En 2026, de mai à décembre, ce sont 6 050 téc de viande fraiche et 4 950 téc de viande congelée qui seront ouverts. « L’Argentine aurait déjà acquis la moitié du contingent 2026 », confiait Cassandre Matras, économiste pour l’Institut de l’élevage. L’Union Européenne a en effet délégué la répartition des contingents aux Etats du Mercosur. « Le risque est de voir la gestion aux mains de trois gros exportateurs, qui représentent déjà 62 % des exports de viande bovine du Mercosur », estimait Cassandre Matras.
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Le Mercosur représente 61% des importations de viande bovine de l’Union Européenne; avec comme destinations principales les Pays-Bas, l’Allemagne ou l’Italie. En France, « les importations depuis le Mercosur restent anecdotiques, à 5 000 téc sur 358 000 tonnes de viande bovine importées », indique Baptiste Buczinski.
Le commerce de bovins vivants et de certaines viandes transformées depuis le Mercosur devrait également être libre de droit de douanes dans dix ans. « Il n’existe toutefois pas de commerce de bovins vivants du Mercosur vers l’Union Européenne aujourd’hui », indiquaient Cassandre Matras et Baptiste Buczinski. Les deux économistes ne semblaient pas penser que ce commerce avait des raisons de se développer à l’avenir.
Vers 35 000 tonnes de viande bovine à droits de douanes réduits pour l'Australie et 10 000 pour le Mexique
D’autres accords de libre-échange s’appliqueront dans les prochaines années, avec l’Australie et le Mexique. L’accord avec l’Australie ouvrira progressivement, en sept ou dix ans, un contingent de 35 000 téc dont 4 400 téc de contingent Hilton déjà existant mais dont les droits de douanes passent à 0%, 16 830 téc pour de la viande issue de bovins élevés à l’herbe et finis au grain à droits de douanes nuls et 13 770 téc à 7,5 % de droits de douanes.
L’accord avec le Mexique ouvrira, en cinq ans, des contingents de 5000 téc de viande bovine et 5000 téc d’abats bovins (dont les onglets et les hampes) à 7,5 % de droits de douanes.