Aller au contenu principal

Uniporc finalise les tests du contrôle des carcasses Sanmalo

Le protocole de détection des carcasses odorantes Sanmalo (sans mâles odorants) mis au point par Uniporc ouest avec l’appui technique de l’Ifip est en cours de validation dans les abattoirs Holvia et Hénaff.

Les futurs opérateurs passent un test de découverte avec plusieurs odeurs à identifier, dont celles du scatol et de l’androsténone.
Les futurs opérateurs passent un test de découverte avec plusieurs odeurs à identifier, dont celles du scatol et de l’androsténone.
© Uniporc Ouest

À ce jour, la méthode du nez humain est la seule méthode applicable en abattoir pour repérer les carcasses de mâles entiers présentant des odeurs sexuelles. C’est pourquoi Uniporc ouest a été mandaté par la profession pour mettre au point un protocole normalisé et fiable permettant la détection objective de ces carcasses avec cette technique.

L’objectif étant qu’au final, ce protocole soit mis en place dans les abattoirs qui recevront des mâles entiers afin d’avoir un système de notation unique et équitable pour tous les éleveurs. « Des membres de la Fict (charcutiers traiteurs) souhaitent une procédure unique et certifiée, de même que la FCD (grande distribution) », constate Pascal Le Duot, le directeur d’Uniporc ouest. Pour l’instant, Holvia Porc à Laval (groupe Terrena) et Hénaff à Pouldreuzic (Finistère) ont accepté de tester le protocole dans leur abattoir. « Nous avons passé la phase de sélection des opérateurs et en sommes au traitement des données », explique Pierre-Jean Escriva, le directeur technique d’Uniporc. Les épreuves de sélection sont rigoureuses et certaines répondent à des normes Iso officielles.

 

 
De gauche à droite: Patrick Chevillon (Ifip), Pierre-Jean Escriva et Pascal le Duot (Uniporc ouest), les chevilles ouvrières du projet Sanmalo.
De gauche à droite: Patrick Chevillon (Ifip), Pierre-Jean Escriva et Pascal le Duot (Uniporc ouest), les chevilles ouvrières du projet Sanmalo. © D. Poilvet

 

Dans un premier temps, les candidats « techniciens qualité sensorielle » (TQS) remplissent un questionnaire de motivation. Ce sont essentiellement des opérateurs travaillant sur la chaîne d’abattage. Ils passent ensuite un test de découverte avec plusieurs odeurs à identifier, dont celles du scatol et de l’androsténone. « 99,99 % des humains sentent le scatol. Mais seulement 60 % identifient l’androsténone », rappelle Pierre-Jean Escriva. Les lauréats de ce test sont invités à passer à la pratique, en notant le niveau d’odeur de morceaux de gras de porc préalablement chauffés. La graduation varie sur une échelle de 1 à 5, de l’absence d’odeur de mâle entier (1) à une forte odeur de mâle entier (5). « Ces échantillons ont été analysés chimiquement pour déterminer leur taux d’androsténone et de scatol. La corrélation entre ces taux et la perception établie par des TQS confirmés est très nette. »

Pas plus de 150 carcasses contrôlées sans pause

La gestion du personnel a également été normalisée, afin d’éviter les risques de saturation de la perception des odeurs. Cette saturation ne peut être que temporaire. Cependant, un opérateur ne peut contrôler plus de 150 carcasses à suivre, sans pause d’au moins 15 minutes. Pour l’abattoir Hénaff qui tue 40 porcs à l’heure, un seul TQS est nécessaire. « Il peut faire en parallèle d’autres tâches sur la carcasse. » Chez Holvia qui abat 240 porcs à l’heure, un seul suffit également. Uniporc préconise de passer à deux opérateurs au-delà de 500 porcs à l’heure. « Il faut cependant en former plusieurs pour tenir compte des changements d’équipe, des congés et d’éventuels arrêts de travail. » À Laval, six TQS ont été sélectionnés sur les treize candidats. Ils sont sept sur onze chez Hénaff. Les deux abattoirs ne souhaitent pas divulguer les premiers résultats obtenus. « Ils sont similaires à ceux que nous avons relevés auprès d’abattoirs européens utilisant la même grille de notation », rassure Patrick Chevillon, ingénieur Ifip.

 

 
Uniporc finalise les tests du contrôle des carcasses Sanmalo

 

Chez le hollandais Vion qui utilise la même grille de notation, les notes 4 et 5 représentent seulement 1 % de la totalité des carcasses de mâles entiers abattus dans ses outils. Cependant, l’ingénieur souligne la forte variabilité des scores d’un élevage à l’autre. « Nous savons que beaucoup de critères peuvent agir sur la proportion de carcasses odorantes en abattoir », rappelle-t-il : génétique, taux de muscle, alimentation, conditions de logement, propreté des animaux… « Les abatteurs ont encore six mois pour mettre en place les outils permettant de contrôler les carcasses de mâles entiers qui vont naître à partir du 1er janvier 2022. Les éleveurs concernés devront également profiter de cette période de transition pour mettre en œuvre les mesures nécessaires afin d’éviter des mauvaises surprises à l’abattoir », conclut-il.

Côté Web

La Commission européenne met à disposition divers supports (des fiches d’information, des vidéos et un rapport complet) pour aider les éleveurs, les transformateurs de viande et les détaillants à mettre en place les alternatives à la castration chirurgicale des porcs. La plupart des documents sont disponibles en français.

https://ec.europa.eu/food/animals/animal-welfare/animal-welfare-practice/animal-welfare-farm/pigs/alternatives-pig-castration_fr

Un contrôle nécessaire aussi pour les mâles immunocastrés

 

 
Uniporc finalise les tests du contrôle des carcasses Sanmalo
Uniporc ouest rappelle qu’il est impossible de faire une distinction visuelle à l’abattoir entre des mâles immunocastrés et des mâles entiers. Une étude réalisée en 2010 avait mis en avant le fait que même si la taille et le poids moyen des testicules des mâles vaccinés sont inférieurs à ceux des mâles entiers, il existe un recouvrement entre les deux groupes qui rend impossible une identification visuelle de ces animaux. « En complément d’un contrôle rigoureux de la qualité de la vaccination des animaux en élevage, un contrôle des carcasses en abattoir est indispensable, analyse Pascal Le Duot. Le protocole Sanmalo répond complètement à cet impératif. »

 

Les plus lus

<em class="placeholder">Les prix du maïs ont reculé dans un contexte d’offre mondiale confortable</em>
Pourquoi le prix des matières premières destinées à l'alimentation du bétail devrait continuer de baisser

Les prix des matières premières devraient continuer de baisse au premier semestre 2026 portés par une offre toujours abondante…

<em class="placeholder">Frédéric Bossard (à droite) et olivier Barbedette, technico-commercial Calipro, mettent en avant le gain de temps et le confort de travail important que procure la station ...</em>
« Grâce à ma station de tri, je prépare un camion de 200 porcs charcutiers en 15 minutes »

Frédéric et Nathalie Bossard ont investi dans deux stations de tri Optisort pour transformer une gestante en deux salles de…

<em class="placeholder">Ouvrir les cases libertés pour socialiser les porcelets ou faire des lactations collectives, l’Ifip a testé ces deux pratiques.</em>
Bien-être animal : l'intérêt de la socialisation des truies et des porcelets démontré en maternité
Une étude de l’Ifip conduite dans la maternité liberté de sa station expérimentale démontre l’intérêt de la socialisation précoce…
<em class="placeholder">L’ouverture d’un bâtiment sur une courette se prépare dès la construction du bâtiment sinon elle est plus difficile à réaliser.</em>
Accès des animaux au plein-air : Comment anticiper l’ouverture d’un bâtiment porcin sur l’extérieur

L’ouverture d’un bâtiment existant sur l’extérieur n’est pas simple à réaliser. Elle peut générer des perturbations du circuit…

<em class="placeholder">La clé de réussite est de bien anticiper et planifier les différentes étapes d’un dépeuplement-repeuplement, avec un arrêt de production de neuf semaines au minimum.</em>
Deux années pour rentabiliser un dépeuplement-repeuplement en élevage de porcs

Dépeupler son élevage pour redémarrer avec un cheptel assaini vise à booster les performances et à réduire les frais de santé…

<em class="placeholder">Anthony Ciron et son technicien Laurent Abiven, évaluent positivement les salles de lactation qui apportent un supplément de bien être aux truies et aux porcelets.</em>
Quatre concepts de truies en liberté en maternité innovants

De nouveaux concepts intégrant des mises bas sans contention, la mise en groupe des truies allaitantes, la sociabilisation des…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Porc
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Filière Porcine
Newsletter COT’Hebdo Porc (tendances et cotations de la semaine)