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Une bactérie mortelle chez les sangliers impose une vigilance en élevage porcin

Une bactérie potentiellement mortelle pour les porcs a été mise en évidence pour la première fois chez des sangliers sauvages en France. Cette découverte montre l’importance de surveiller la santé des sangliers sauvages pour protéger les porcs d’élevage pour prévenir d’éventuelles épidémies porcines.

La bactérie retrouvée chez le sanglier présente une absence de gène de résistance aux antibiotiques ce qui indique qu’elle ne circule pour l’instant que chez des animaux de la faune sauvage.
© Philippe Rouzet / flickr

« Une bactérie potentiellement mortelle pour les porcs est apparue pour la première fois chez des sangliers sauvages en France ». C’est ce qu’annonce l’Inrae (Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) dans un communiqué publié le 11 janvier. Cette découverte montre l’importance de surveiller la santé des sangliers sauvages pour protéger les porcs d’élevage pour prévenir d’éventuelles épidémies porcines.

L’étude qui fait l’objet d’une publication dans la revue Emerging Infectious Diseases a été menée par des chercheurs de l’Institut de recherche en santé pathogène pour l’Homme, sous la tutelle d’Inrae, de l’ENVT (Ecole nationale vétérinaire de Toulouse), de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) et de l’université Toulouse III – Paul Sabatier.

 

Une bactérie qui ne serait pas pathogène chez l'Homme

Les chercheurs ont observé une surmortalité de sangliers sauvages dans plusieurs départements métropolitains. Les travaux des scientifiques montrent que les animaux ont succombé à une infection bactérienne due à une souche particulière d’Escherichia coli. « Il s’agit d’une bactérie commune en élevage porcin, mais qui n’avait encore jamais été retrouvée chez son proche cousin, le sanglier sauvage », précise l’Inrae. La bactérie identifiée provoque des œdèmes mortels chez l’animal, par le biais d’une shigatoxine (Stx2e). Bien que proche de celle retrouvée en élevage, la souche responsable est nouvelle : il s’agit d’un hybride entre deux souches d’E. coli. C’est la première fois qu’une souche hyper virulente de ce type apparaît dans le « réservoir sauvage », commente encore l’Inrae. La bactérie « ne circulerait pour l’instant que chez des animaux de la faune sauvage », ce qui est mis en évidence par son absence de gène de résistance aux antibiotiques, « signature fréquente de bactéries provenant d’élevages », précise encore l’institut de recherche.

La bactérie est transmissible aux élevages de porcs domestiques mais n’est « normalement pas pathogène chez l’Homme » affirment les chercheurs.

L’Inrae estime que cette étude apporte un éclairage sur le rôle de la faune sauvage comme réservoir de nouveaux pathogènes. Ces travaux montrent la nécessité de développer des programmes de surveillance et confortent l’intérêt du pacte de biosécurité-bien-être animal en élevage.

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