Une année 2026 chaotique pour les fabricants d’aliments composés
Après les évènements climatiques et géopolitiques début 2026 qui ont lourdement pesé sur la production d’aliments composés et leur prix, le Syndicat National de l’Industrie de la Nutrition Animale (Snia) réaffirme les besoins d’investissements pour maintenir les objectifs fixés pour 2030.
Après les évènements climatiques et géopolitiques début 2026 qui ont lourdement pesé sur la production d’aliments composés et leur prix, le Syndicat National de l’Industrie de la Nutrition Animale (Snia) réaffirme les besoins d’investissements pour maintenir les objectifs fixés pour 2030.
Lors d’une conférence de presse ce mercredi 23 septembre, le Syndicat National de l’Industrie de la Nutrition Animale (Snia) a rappelé les impacts des évènements climatiques et géopolitiques sur la production 2026. Des investissements, à hauteur de 950 millions d’euros, doivent être réalisés pour soutenir les objectifs de souveraineté et moderniser les outils de production.
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Les canicules et la sécheresse ralentissent les productions
Le Snia a mis en avant une année 2026 chaotique en dévoilant des baisses de productions d’aliments composés entre mai et août, de 80 000 tonnes pour chacune des productions porc et volailles. Ces baisses de productions sont directement liées à la mortalité et les retards de croissance observés en élevage. En porc plus particulièrement, ces effets se poursuivront sur les prochains mois. « Les coups de chaleur de cet été ne doivent pas accélérer la décapitalisation des élevages, insiste Dominique Breton, directeur du Snia, nous avons besoin de maintenir toutes nos capacités d’élevage pour assurer la souveraineté alimentaire du pays. » La sécheresse a eu un fort impact sur le maïs grain, et il faudra donc revoir les formulations des aliments pour compenser les ressources manquantes. « Tous les pays n’ont pas été à égalité sur les récoltes, et les années précédentes ont été plutôt bonnes, relève Ludovic Michel, vice-président du Snia, en revanche, il ne faudrait pas avoir deux années comme celles-ci. » Le maïs grain, qui représente 14 % des matières premières utilisées, pourra être remplacé en partie par du blé, qui a moins souffert des sécheresses. Une autre partie sera importée depuis la France et l’Union Européenne en priorité. « Là où il peut y avoir un problème, ce sera sur les cahiers des charges exigeants une alimentation 100 % française, que nous ne pouvons pas actuellement garantir pour le maïs. »
950 millions d’euros pour suivre la feuille de route 2030
À horizon 2030, c’est 20,8 millions de tonnes d’aliments composés, qui devront être produits pour soutenir les objectifs de souveraineté alimentaire, représentant une progression annuelle moyenne de 1,2 %. « Cette marge n’est pas inatteignable, il s’agit de revenir aux niveaux de production que nous avions en 2020 », souligne Stéphane Radet, directeur général du Snia. Pour atteindre cet objectif et moderniser le parc bâtiment vieillissant, le Snia annonce des besoins d’investissement à hauteur de 950 millions d’euros. « Cette somme est documentée, et permettrait d’aider les 289 usines françaises à investir pour moderniser les outils, explique Dominique Breton, sans quoi toute une partie de ces rénovations ne sera pas possible. Ces investissements bénéficieront aux entreprises françaises avec des retombées locales. » En plus des investissements, le Snia relève le besoin urgent de simplification des démarches administratives pour que les dossiers de modernisation soient plus vite validés, et d’intégration d’un dispositif de suramortissement.
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Une hausse de la production en 2025 et des prix qui grimpent en 2026
La production d’aliments composés s’élève à 19,6 millions de tonnes en 2025 (+0,9 % par rapport à 2024), porté en partie par le secteur bovin. La fabrication d’aliment volailles croît (+0,8 %) porté par le poulet de chair (+4,1 %), alors que l’aliment porcin poursuit son recul (-1,8%). Mais la crise du détroit d’Ormuz a amorcé une augmentation des prix de certains ingrédients depuis le mois de mars : vitamines, acides aminés et certains minéraux et oligo-éléments, dépendants des productions asiatiques. Ces coûts se maintiennent à des niveaux élevés, sans compter l’augmentation des coûts logistiques de plus de 20 % liés au transport et au prix de l’énergie. « Au total, c’est une évolution de plus 30% des prix qui est observée », indique Dominique Breton.