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Un Varenne de l’agriculture et du climat, pour quoi faire ?

A la demande d'Emmanuel Macron, un Varenne agricole de l'eau et de l'adaptation au changement climatique devrait se tenir avant l'été, a annoncé Julien Denormandie. Une bonne initiative selon les organisations syndicales agricoles qui en attendent toutefois des résultats concrets.

Retenues en eau
Retenue pour l’irrigation dans des parcelles agricoles
© Inrae

Julien Denormandie a annoncé le 25 avril dans le Journal du Dimanche (JDD) l’organisation avant l’été d’un « Varenne agricole de l’eau et de l’adaptation au changement climatique » à la demande d’Emmanuel Macron.

« Il n'y a pas de pays fort sans une agriculture forte. Et, évidemment, il n'y a pas d'agriculture sans agriculteurs. Alors qu'ils ont le genou à terre, nous devons les aider à se relever. A ces entrepreneurs du Vivant, nous devons surtout un projet agricole national. Or, trop souvent, les débats sur l'agriculture se perdent dans le détail et oublient l'essentiel », écrit-il dans une tribune publiée par le journal. « Revenir à l'essentiel, c'est affronter la complexité de la nature avec des idées simples. Jamais simplistes. Arrêtons d'opposer agriculture et environnement. Cela ne fait aucun sens », poursuit-il.

Lire aussi : Sécheresse : le mal est-il déjà fait pour les cultures ?

Il évoque ensuite différents points qui devraient être abordés lors de ce Varenne : la sélection variétale pour adapter les cultures aux effets du changement climatique, (« nous devons regarder ces technologies en dépassant les dogmes, en pesant ce qu'elles peuvent nous apporter et les risques qu'elles sont susceptibles de présenter », déclare-t-il) ; la question de l’eau et de l’aménagement hydraulique ; et la captation du carbone par le sol, avec le soutien notamment de l’agriculture de conservation.

En attente de résultats concrets

La FNSEA et Irrigants de France ont salué hier dans un communiqué l’initiative et la volonté affichée par Julien Denormandie « de sortir des postures et de faire confiance à la science pour trouver les meilleures solutions d’adaptation au changement climatique ». Ils en attendent toutefois des « résultats concrets », préviennent les deux organisations.

Lire aussi : Intégrer la construction de retenues d’eau par les agriculteurs dans une réflexion sur le partage des réserves

Leurs attentes ? « Il faut gérer l’eau « en bon père de famille » :  la stocker l’hiver quand elle est abondante pour pouvoir l’utiliser l’été en période de pénurie » écrivent-elles. Selon la FNSEA et Irrigants de France, l’engagement pris lors des Assises de l’eau d’élaborer au moins 50 projets de territoire pour la gestion de l’eau d’ici à 2022 ne sera pas tenu. « A ce jour seulement deux projets ont vu le jour », selon eux. Par ailleurs, l’écriture des articles relatifs à l’eau dans le projet de loi Climat et Résilience ne vont pas dans le sens d’une gestion conciliant tous les usages, de même que les projets de schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) en cours de finalisation dans les bassins.

« La première urgence est de sécuriser juridiquement la gestion collective de l’eau et de garder toutes les possibilités pour développer les infrastructures de stockage ou de transferts d’eau pour l’alimentation en eau potable, la préservation des milieux et une production alimentaire diversifiée dans tous les territoires », écrivent les deux organisations qui attendent « des actes devant se traduire en lois, en priorités budgétaires et dans l’action quotidienne des administrations de l’Etat ».

« Dans les régions les attentes sont fortes également.Ceux qui ont le mieux résisté aux vagues de gel et de sécheresse sont ceux qui ont accès à l’eau. […] L’aspersion antigel et l’irrigation constituent des éléments de protection primordiaux pour l’agriculture au XXIe siècle », déclare Florent Leprêtre, président de la FNSEA Centre-Val de Loire, à Horizons.

Lire aussi : L'Agriculture ne peut s'envisager sans filet de sécurité

« Le ''Varenne de l’eau'' incitant à une politique de grands travaux pour que chaque agriculteur puisse avoir un réservoir d’eau suffisant pour se protéger, est plus que jamais attendu », exprime-t-il.

Lire aussi : Faire face au changement climatique en grandes cultures

Intervenant le 20 avril lors d’un webinaire Sival TV-Réussir Fruits et Légumes, Régis Chevallier, maraîcher en Loire-Atlantique (SCEA les Sables) et administrateur de la Fédération des Maraîchers nantais, s’est aussi exprimé en faveur du renforcement des stocks d’eau face au changement climatique. « On va avoir besoin de stocks d'eau plus importants », a-t-il témoigné. Ce qui veut dire des réserves plus grandes, ou encore des réserves bâchées plus onéreuses. Et de déplorer : « aujourd'hui, on commence à nous dire que l'on a le droit de stocker les eaux pluviales mais pas d'arroser avec en été, et qu'elles doivent être restituées au milieu. Cela change complètement l'approche des projets, ça peut même les remettre en cause ».

Lire aussi : Face aux changements climatiques, un accès à l'eau à consolider

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