Un grand bâtiment pour abriter l’avenir de la chèvre corse
Le haras de boucs corses d’Altiani joue un rôle clé dans l’amélioration génétique de la race. Chaque année, une vingtaine de reproducteurs soigneusement sélectionnés y sont élevés avant d’être proposés aux éleveurs de l’île.
Le haras de boucs corses d’Altiani joue un rôle clé dans l’amélioration génétique de la race. Chaque année, une vingtaine de reproducteurs soigneusement sélectionnés y sont élevés avant d’être proposés aux éleveurs de l’île.
À Altiani, au centre de la Corse, un grand bâtiment accueille depuis 2020 le haras de boucs de race corse. Piloté par l’Odarc, l’Office du développement agricole et rural de Corse, ce centre a pour objectif de fournir aux éleveurs des reproducteurs soigneusement sélectionnés, afin d’améliorer la race tout en conservant ses qualités de rusticité.
Comme l’expliquent Dolly-Laure Guidoni et Mathieu Mariani, en charge de la race à l’Odarc, la sélection des jeunes boucs se fait principalement à partir des performances de leur mère. « Le premier critère retenu est la matière protéique du lait, un indicateur clé pour la transformation fromagère », expliquent les deux techniciens qui repèrent les chèvres les plus performantes parmi la quarantaine de troupeaux engagés dans le contrôle laitier.
Des boucs corses triés sur le volet
La sélection intègre également le respect du standard morphologique, le caractère et le comportement, évalués avec l’aide de l’éleveur. « Nous ne cherchons pas forcément des grandes chèvres mais plutôt des animaux adaptés aux parcours corses, capables de se déplacer en montagne et de valoriser des milieux difficiles », précise Aurélia Sabiani, la présidente d’Associu Capraghji Corsi, l’association en charge de la race.
Les jeunes boucs sont repérés vers trois à quatre semaines d’âge lors de visites en exploitation. Plusieurs tests sont réalisés : analyses sanitaires (paratuberculose, fièvre Q, chlamydiose), contrôle de filiation maternelle par prélèvement de cartilage et étude du variant de la caséine alpha S1, un marqueur important pour la qualité fromagère.
Des boucs corses à 180 euros
Les boucs sélectionnés sont achetés aux éleveurs à 180 euros. Ils entrent au haras en mars, vers l’âge de 4 à 5 mois, et ils sont aussitôt vaccinés contre l’entérotoxémie et la paratuberculose. Les boucs sont ensuite élevés par l’Odarc jusqu’à environ 18 mois puis sont proposés à la vente aux éleveurs. En mai, les reproducteurs sont vendus au prix volontairement accessible de 180 euros. L’accès aux boucs suit un ordre de priorité avec d’abord les éleveurs contributeurs au schéma, ceux indemnes de Caev, puis les éleveurs au contrôle laitier, puis les jeunes agriculteurs, puis les autres éleveurs, sous condition de signer un engagement à intégrer le contrôle laitier qui est ici subventionné et ne revient qu’à 300 euros par an. « Il y a un besoin d’élargir la base d’éleveurs au contrôle laitier, reconnaît Aurélia Sabiani. Actuellement, seule une douzaine d’éleveurs fournissent des boucs et, avec vingt à trente boucs élevés chaque année à Altiani, il y a encore de la place pour en accueillir davantage. »