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Tuberculose : un couple d’éleveurs témoigne de ses difficultés auprès d’Emmanuel Macron

Au cœur du documentaire l’Amour vache d’Edouard Bergeon, Bernard et Sylvie Dahetze, éleveurs béarnais sont au salon de l’agriculture pour témoigner de leur situation après la découverte en 2020 d’un cas positif à la Tuberculose. Ils ont pu rencontrer le Président de la République lors de sa visite le 25 février.

Bernard et Sylvie Dahetze, éleveurs béarnais, leur fils et Edouard Bergeon, réalisateur, au Salon de l'Agriculture.
Bernard et Sylvie Dahetze, éleveurs béarnais, leur fils et Edouard Bergeon, réalisateur, au Salon de l'Agriculture.
© Nathalie Marchand

Bernard et Sylvie Dahetze n’étaient jamais venus ni à Paris, ni au Salon de l’agriculture. Avec « L’amour vache » le documentaire d’Edouard Bergeon qui raconte leur histoire et sera diffusé dimanche 5 mars sur France 5, ils sont cette année sous le feu des projecteurs et amenés à s’exprimer devant les médias porte de Versailles à Paris. Grâce à l’entregent du réalisateur d’Au nom de la Terre, Sylvie Dahetze a même pu interpeler Emmanuel Macron, le 25 février, lors de sa visite du salon sur leur situation.

 

A cause d’un cas de tuberculose en 2020, Bernard et Sylvie Dahetze, couple d’éleveurs installé à Ozenx-Montestrucq dans le Béarn, voit son troupeau de cent vaches abattu. Sylvie lance alors un appel à Edouard Bergeon, « au départ pour garder un souvenir », alors que son mari est en train de flancher. « La famille se retrouve seule et reçoit des pressions quand l’administration apprend que je vais faire des images », raconte le réalisateur, le 26 février, lors d’une conférence au salon de l’agriculture. Ce qui l’incite à s’intéresser d’autant plus au sujet.

La veille du départ du troupeau, Edouard Bergeon prend le train en direction du Béarn et filme avec son iphone le chargement des bêtes. C’est le début du documentaire et d’une aventure de trois ans.

Des difficultés financières qui perdurent

Au salon, le couple accompagné d’un de leurs fils témoigne de sa situation actuelle. Sylvie qui travaillait en parallèle dans la grande distribution - « 32 ans de distribution, 32 ans de Smic » souligne-t-elle - a repris des études à 54 ans et travaille désormais dans une Adapei. Son salaire dans la grande distribution a aidé le couple privé de revenu pendant plus de 6 mois après la découverte du cas positif. « Mais mon Smic servait juste à faire le plein de carburant au moment des foins » raconte-t-elle. Grâce à l’appui d’Edouard Bergeon et du député Olivier Damaison, dans l’attente de l’aide de l’Etat, le couple a réussi à obtenir une avance du Crédit agricole. Le report de leur emprunt leur a néanmoins été facturé.
 

L’indemnisation a généré un revenu exceptionnel et donc de l’impôt

Aujourd’hui son mari a reconstitué la moitié du troupeau, avec une cinquantaine de Blondes d’Aquitaine, mais tous les problèmes ne sont pas résolus. « L’indemnisation de l’abattage de nos bêtes a généré un revenu exceptionnel et donc de l’impôt alors que nous n’étions pas imposables », raconte Sylvie Dahetze. Les cotisations MSA, indexées sur le revenu fiscal, ont été multipliées par trois. « Je perds des aides pour mes enfants, et nous avons moitié moins de capital, financièrement c’est très compliqué », a-t-elle expliqué à Emmanuel Macron le 25 février dans les allées du salon.

Sans compter les aides Pac qui ont diminué du fait de la réduction de la taille du troupeau.


La crainte de la découverte d’un nouveau cas

Aujourd’hui le troupeau n’est pas encore rentable et Bernard Dahetze craint toujours de la découverte d’un nouveau cas de tuberculose, alors que plusieurs de ses voisins ont été touchés. Une crainte qui empêche ses fils de se projeter dans l’exploitation alors que l’heure de la transmission se rapproche.

« Chez nous c’est le blaireau qui est vecteur de la maladie, il y a aussi des cas de sangliers, des mesures de biosécurité existent mais tout est à la charge de l’éleveur, comme les double-clôtures », déplore-t-il. Avec Sylvie, ils espèrent que le documentaire et leur intervention auprès du président de la République feront bouger les choses pour tous les éleveurs dans la même situation qu’eux. Ils espèrent aussi que la recherche se penchera un peu plus sur les modes de transmission de cette maladie, peu connus.

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