Aller au contenu principal

Portail Réussir: le média dédié à l'agriculture, l'agroalimentaire et l'alimentation.

E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

[Tests controversés] Après l’urine, pas de glyphosate détectable dans le blé du Calvados

Trois agriculteurs du Calvados avaient testé leurs urines dans un laboratoire français. Ils viennent de faire analyser leur blé. Le glyphosate n’y est pas détectable. La bataille des analyses se poursuit. La rédaction du Mensuel du Morbihan (Télégramme de Brest) s’interroge aussi, dans son dernier numéro, sur la fiabilité des tests.

agriculteurs pisseurs volontaires urine callvados glyphosate laboratoire test elisa biocheck
Glyphosate : trois agriculteurs ont fait tester leur blé.

3000 fois inférieur à la limite maximale autorisée : la présence de glyphosate dans du blé du Calvados n’est pas détectable. Les trois agriculteurs, à l’origine de ce test, sont déjà connus pour avoir fait analyser leurs urines. Au printemps dernier, ils révélaient un taux de présence glyphosate et AMPA non détectable inférieur à 0,4 ng/millilitre. La moyenne des pisseurs volontaires du Calvados est de 1,14 ng/ml. Deux résultats logiques car issus de deux laboratoires distincts.

Ces trois céréaliers, également responsable de la FDSEA du Calvados, ne sont pas bio. Ils sont installés, en conventionnel, dans la plaine de Caen. Bertin George, Xavier Hay et Geffroy de Lesquen estiment que « la peur du glyphosate est irrationnelle, sans fondement scientifique. Nous en avons une preuve supplémentaire aujourd’hui. Nous n’avions pas de glyphosate dans nos urines, nous voulions savoir si la molécule est présente dans le blé que nous cultivons ». Les agriculteurs mettent également en avant la bonne santé de leurs sols et de leurs vers de terre.

 

Lire aussi

Glyphosate – Une enquête parlementaire et des petites phrases explosives

La radulanine A, un potentiel substitut naturel au glyphosate

Pisseurs volontaires : le glyphosate non détectable chez trois agriculteurs du Calvados

Pour Mathieu Beaudoin, le consommateur doit payer sa part du  « sans glyphosate »

Du glyphosate dans la lessive ?

Dans son communiqué de presse, la FDSEA du Calvados s’interroge donc : et si les citoyens positifs au glyphosate étaient en réalité des pisseurs de lessives ? l’AMPA, métabolite du glyphosate a deux origines : agricole comme métabolite du glyphosate ; et non agricole, comme métabolite des aminométhylène-phosphonates, utilisées dans les détergents et les lessives ».

Le débat risque de se poursuivre. Derrière les chiffres avancés par les pro et anti-glyphosate se cachent des tests différents. La FDSEA du Calvados s’appuie sur des laboratoires français, quand les pisseurs volontaires envoient leur urine en Allemagne, chez Biocheck.

 

Un match serré entre les deux méthodes

Dans son dernier numéro, le mensuel du Morbihan explique d’ailleurs les différences entre la technique de la chromatographie-spectrométrie et le test Elisa du laboratoire Biocheck.

Et selon le télégramme de Brest, le laboratoire public breton Labocea ne veut pas de la méthode allemande, mais précise que « le match est serré ».  « À ceux qui douteraient de son impartialité et préféreraient s’adresser à un labo étranger, Labocea rappelle qu’il est issu du regroupement des laboratoires publics de Brest, Quimper, Ploufragan (22), Fougères (35) et Combourg », note cependant le quotidien breton. Ce dernier explique également que « La méthode de la chromatographie-spectrométrie de masse utilisée à Brest nécessite un travail long et minutieux de préparation des échantillons avant de procéder avec précision à la séparation, la quantification et l’identification des molécules présentes. Mais elle présente l’avantage d’être adaptée à l’urine », peut-on lire sur le site du quotidien breton. En filigrane, il faut comprendre que le test Elisa est initialement conçu pour l’eau. Ouest France donne, de son côté, la parole à Eric Thybaud. Et pour le responsable du pole toxicologie à l’institut national de l’environnement industriels et des risques (Ineris), « les tests Elisa sont faibles ».

Le débat fait donc rage. Mais les agriculteurs ne semblent pas abandonner le combat.

Les plus lus

Vignette
Dans le Tarn, une production de gaz agricole qui bénéficie aux habitants et aux entreprises locales
Produire de l'énergie renouvelable sur une exploitation agricole et injecter du gaz dans le réseau pour contribuer aux besoins…
Vignette
Une prime de 15 €/1000 litres pour produire du lait de vaches nourries sans OGM
Lidl l’a demandé, Lact’Union l’a fait. Avec les éleveurs laitiers volontaires, la coopérative s’engage dans une démarche « lait d…
Steyr Konzept – Un concept de tracteur hybride
Machinisme
Le tractoriste autrichien présente un concept-tractor futuriste aussi bien dans son design que dans la technologie embarquée.
BC Technique investit fort pour développer sa gamme de matériels de désherbage mécanique Phenix Agrosystem
Machinisme
Connue pour la distribution en France des produits autrichiens Hatzenbichler, l’entreprise BC Technique investit dans les…
Aux États-Unis, les contrôles des défauts de carcasse confiés aux abattoirs
Porc

Le département américain de l’agriculture (USDA) prévoit de retirer toute limite à la vitesse à laquelle les abattoirs…

« J’ai mis sous le même toit tous les animaux à risques »
Lait
Au Gaec Holstein Alliance, dans les Côtes-d’Armor, les génisses en post-sevrage ou en transition alimentaire, les taries, les…
Publicité