Aller au contenu principal

Stockage des céréales à la ferme : « Mon installation résout mes problèmes logistiques à la moisson »

Jérôme Armand est installé à Villejust, dans l’Essonne. Satisfait de son investissement dans un stockage à la ferme, il en envisage un nouveau pour développer de la prestation de services.

Jérôme Armand, céréalier et maraîcher à Villejust, dans l'Essonne a investi dans des cellules extérieures de stockage des céréales d'une capacité de 400 tonnes.
Jérôme Armand, céréalier et maraîcher à Villejust, dans l'Essonne a investi dans des cellules extérieures de stockage des céréales d'une capacité de 400 tonnes.
© V. Charpenet

Céréalier et maraîcher : Jérôme Armand profite de tous les avantages que lui offre le territoire où il est installé, sur la commune de Villejust, dans l’Essonne. De bonnes terres profondes pour cultiver ses 200 hectares de grandes cultures et le marché de Rungis situé à 20 kilomètres pour livrer sa production maraîchère qu’il cultive sur une quinzaine d’hectares. Ce sont des problèmes d’organisation et de logistique qui ont poussé Jérôme Armand à réfléchir à une solution de stockage à la ferme pour ses céréales.

Simplifier le travail à la moisson

Installé depuis 2001, il a longtemps travaillé en binôme avec son père pour gérer la moisson. Lui battait les céréales tandis que son père se rendait avec une benne au silo de la coopérative Axereal, à 16 km de l’exploitation, pour les livrer. « Le débit de la moissonneuse-batteuse pour remplir une benne était calé sur l’aller-retour à la coopérative, soit environ 1 h 30. On faisait cinq allers-retours par jour », explique-t-il. Lorsque l’agriculteur s’est retrouvé tout seul à moissonner, le système a vite trouvé ses limites. Durant deux ans, il a fonctionné en départ ferme après la moisson pour la totalité de sa récolte, puis a décidé d’investir.

Pour s’équiper en fonction de ses besoins, l’agriculteur s’est fait accompagner par la société Agriconsult dans l’élaboration de son projet. Il a mis à plat son cahier des charges pour choisir la bonne installation. L’objectif était d’abord de simplifier l’organisation lors de la moisson, mais il souhaitait aussi avoir un système de reprise rapide et autonome des céréales, étant donné sa double activité de maraîcher. Jérôme Armand a également fait le choix du stockage pour aller chercher des débouchés de qualité : son blé stocké part en filière Label rouge (prime de 15 euros la tonne) et le colza est vendu à Lesieur pour de l’huile alimentaire (+17 €/t). « L’aide de la région impliquait que l’installation serve exclusivement au stockage des céréales, je suis donc parti sur un projet de cellules extérieures plutôt que du stockage à plat, car je n’aurais pas pu m’en servir pour autre chose que des céréales et ce type d’installation n’aurait pas résolu mes problèmes d’organisation. »

Installation de stockage de céréales d'une capacité de 400 t de Jean-Christophe Armand à Villejust dans l'Essonne
L'installation de Jérôme Armand dispose d'un boisseau qui permet un chargement rapide des camions et l'autonomie du chauffeur. © J.-F. Armand

Un gain de 4 heures par jour

Depuis la campagne 2023, il est donc équipé d’une installation composée de deux cellules, une classique de 250 tonnes et une cellule à fond conique de 150 tonnes, de bacs de réception, d’un élévateur et d’un boisseau de 30 tonnes. Le débit de chargement du silo et de remplissage du boisseau est d’environ 60 tonnes par heure. Montant total de l’investissement : 180 000 euros, dont 40 % ont été financés grâce à une aide à l’investissement du conseil régional d’Île-de-France. « C’est sûr que cela représente un coût conséquent, mais c’est le prix de ma qualité de vie au travail », avance Jérôme Armand. Il estime ainsi gagner près de 4 heures par jour durant la quinzaine de jours que durent les travaux de récoltes de ses différentes cultures. L’automatisation de l’installation permet en outre de travailler en toute sécurité lors des différentes étapes. « Si besoin, je peux déléguer plus facilement la moisson et je ne suis pas obligé d’être présent lors du chargement des céréales », apprécie-t-il.

Du premier rendez-vous avec le constructeur, en passant par l’établissement des plans, le dépôt de la demande de permis de construire et de la demande de subventions, jusqu’à l’installation du stockage, le projet a mis environ dix mois à sortir de terre. « Il faut notamment attendre la validation de la subvention avant de signer le devis », souligne Jérôme Armand. La construction s’est faite en une vingtaine de jours en présence de deux chefs de chantier de chez Agriconsult qui se sont appuyés sur l’agriculteur et ses salariés pour monter la structure. « J’avais aussi loué deux nacelles », précise-t-il.

Un nouvel investissement dans les tuyaux

Satisfait de son installation, elle ne lui a finalement laissé qu’un seul regret : celui de n’avoir pas prévu assez grand. Qu’à cela ne tienne, il a décidé d’investir à nouveau cette année, notamment pour répondre à la sollicitation de sa coopérative de sécher du maïs à façon pour d’autres producteurs. Il prévoit l’installation d’une cellule sécheuse d’une capacité de 200 tonnes et une nouvelle cellule de 350 tonnes (180 000 € d’investissement). Le projet est en cours d’élaboration et Jérôme Armand a de nouveau fait une demande de subvention auprès de la région Île-de-France. Les nouvelles installations pourraient sortir de terre d’ici à la fin de l’année.

Fiche de l’exploitation

EARL Des Trois arpents

200 ha de grandes cultures (80 de blé, 50 de colza, 30 d’orge et 30 de maïs) ;

15 ha de maraîchage (potiron, tomate, aubergine, courgette, chou-fleur…) ;

2 salariés (dont son épouse).

Les plus lus

<em class="placeholder">Famille Battitt Crouspeyre, parents et enfants au milieu des vignes</em>
« Un mois avant la naissance prévue de ma fille, j’organise mon exploitation en vue de mon congé paternité »

Battitt Crouspeyre, viticulteur dans les Pyrénées-Atlantiques et futur papa, a déjà envoyé son formulaire à la MSA. Il achève…

<em class="placeholder">Théophile Piot, dans la cour de la ferme de la SCEA De Novion,</em>
Reprise d’une exploitation agricole familiale : « Je me suis installé en SCEA à cause de la holding associée »

Théophile Piot, céréalier, a repris l’une des trois exploitations familiales, la SCEA De Novion, à Mitry-Mory (Seine-et-Marne…

<em class="placeholder">Rodolphe et Pauline Bourdois arboriculteurs dans l&#039;Essonne, associés en EARL.</em>
« Je me suis installée avec mon conjoint en EARL, car l’EARL est plus souple que le Gaec »

Pauline Bourdois, arboricultrice en agriculture biologique, s’est installée en tant que hors cadre familial avec son conjoint…

<em class="placeholder">Application d&#039;un produit phytosanitaire sur blé. </em>
Produits phytosanitaires : la fin de la séparation de la vente et du conseil est actée

L’arrêté publié le 22 décembre entérine la fin de la séparation entre la vente et le conseil des produits…

<em class="placeholder">Paysage de parcelles de grandes cultures.</em>
PAC 2026 : les simplifications déjà actées et celles à valider par la France

Les assouplissements validés en 2024 et 2025 restent d’actualité pour 2026, et notamment ceux relatifs aux …

<em class="placeholder">Parcelle de blé à moitié récoltée avec un orage menaçant. </em>
Exploitations de grandes cultures : des adaptations indispensables pour être viables en 2050
Quelle sera la viabilité économique d’une exploitation de grandes cultures française en 2050 ? L’étude conduite par…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures