Aller au contenu principal

Sous le regard de Neige, sa vache égérie, le salon de l'agriculture 2022 placé sous le signe des retrouvailles

Du 26 février au 6 mars 2022, le Salon international de l’agriculture ouvrira ses portes à Paris pour sa 58ème édition, l’édition des retrouvailles, assurent ses organisateurs.

Neige, la race Abondance égérie du salon de l'agriculture
Philippe Missillier, du Gaec le Maroly, avec Neige, sa jeune vache de race Abondance âgée de 4 ans.
© P.Parchet / SIA22

« Le Salon de l'agriculture se prépare… Les indicateurs sont au vert. Côté exposants, 85 % sont déjà inscrits à quatre mois de l’événement ! Quant au grand public, quand il a envie, il revient… Cette édition des retrouvailles est très attendue. Je suis confiant, les visiteurs seront au rendez-vous » lançait en octobre dernier Jean-Luc Poulain, agriculteur, président du Ceneca et du Sia.

La vache abondance Neige

Face à la résurgence des cas de Covid-19 un peu partout dans l’Hexagone et surtout en Europe et des craintes d’une nouvelle annulation, Arnaud Lemoine, directeur du Ceneca, se montre aujourd'hui confiant : « Le Salon International de l’Agriculture se fera pour plusieurs raisons qui vont dans le même sens. Tout d’abord, les paysans le veulent, les organisateurs font leur maximum et travaillent à un beau salon, les politiques annoncent déjà leur venue, les exposants sont là nombreux et les visiteurs attendent cet événement avec impatience, cela fait beaucoup d’éléments qui convergent pour un grand moment de retrouvailles. Ensuite, les dispositifs de sécurité sanitaire sont bien préparés et nous suivrons l’ensemble des consignes que le gouvernement nous demandera de prendre ». « Dernier point, poursuit-il, la vache égérie est là, connue depuis ce matin, pour nous rappeler notre vocation première, montrer le beau et faire déguster le bon, mais aussi accompagner une agriculture en plein changement qui nous donne le meilleur entre tradition et modernité. Voilà bien des raisons d’être optimiste ! Comme les mois de septembre et octobre l’ont montré, avec une succession de salons agricoles régionaux qui se sont tenus, il est tout à fait possible de faire rimer convivialité et sécurité sanitaire, nous suivrons leurs traces ».

Neige, une Abondance originaire du Grand-Bornand

Cette 58ème édition devrait marquer les retrouvailles attendues entre les Français et le monde de l’agriculture symbolisé cette année par Neige, l’égérie du salon. Il s’agit d’une vache Abondance âgée de 4 ans qui doit son nom à trois symboles : la neige qui recouvre les alpages de novembre à mai, la neige, emblème de la Savoie et de la montagne et l’Abondance, dont on dit qu’elle a du blanc seulement là où la neige peut l’atteindre : sur le mufle, sous le ventre et sur les pattes. Et pourtant, Neige est née en été, à 1 600 mètres d’altitude, sur une piste de ski, juste sous un télésiège de la station du Grand-Bornand, sur l’alpage du Maroly précisément, où elle pâture à la belle saison.

C'est la première fois que la race Abondance est mise à l'honneur au salon

Si Neige a été sélectionnée pour représenter la race et figurer sur l’affiche de l’édition 2022 du Salon international de l'agriculture, c’est parce qu’elle illustre parfaitement la race Abondance : une robe pie rouge-acajou, une tête avec un épais chignon blanc, des cornes claires et des tâches rouges en forme de lunettes autour des yeux pour atténuer la réverbération du soleil et ainsi la rendre parfaitement adaptée à l’environnement de montagne.

Une fierté pour Philippe Missillier, son éleveur : « Je suis d’autant plus fier que Neige soit la star du prochain Sia que c’est la première fois que la race Abondance est mise à l’honneur au Salon ! C’est l’opportunité pour moi de valoriser la race, notre métier, notre savoir-faire et notre territoire car il est important de montrer la diversité et la richesse des élevages français ».

L’intégralité du lait produit par Neige, comme par les autres vaches du troupeau, est transformé en reblochon, en tomme et en raclette, dans l’exploitation de la famille Missillier au Grand-Bornand. Fils d’éleveurs d’Abondance et producteurs de reblochon, Philippe rejoint à 21 ans le Gaec familial situé dans la commune du Grand-Bornand, village de naissance du reblochon où l’on compte une vache par habitant ! « Éleveur c’est une vraie vocation. Ce métier me permet de profiter d’une liberté que peu de métiers offrent. La liberté de m’organiser, de travailler dans la nature avec des animaux ».
 

Seulement 1 % des effectifs nationaux

Aujourd’hui ce sont quatre générations qui cohabitent dans l’exploitation de 65 hectares où 47 vaches produisent un lait transformé à la ferme en fromages fermiers par l’éleveur, son fils Arnaud et sa belle-fille Pauline. Une tradition et un savoir-faire qui se transmettent de génération en génération avec fierté. « Je transforme le lait de mes vaches en fromages fermiers, jusqu’à l’affinage et la mise en vente directe de mes produits. Quoi de plus satisfaisant que de gérer toutes les étapes de la fabrication de mes 200 reblochons quotidiens ? Un métier que j’ai hâte de partager au Salon » confie l’agriculteur.
 

4ème race laitière française

Bien qu’elle ne représente que seulement 1 % des effectifs nationaux, l’Abondance est la 4ème race laitière française avec près de 60 000 vaches. Race locale par excellence, 75 % de ses troupeaux se situent dans les deux Savoie dont près de 50  % en Haute-Savoie et 20 % dans le Massif Central. Parfaitement adaptée aux régions de montagne dont elle est originaire, l’Abondance est très endurante, capable de se déplacer sur de longues distances et s'adapte bien aux variations de température. Elle participe également à la mise en valeur des territoires ruraux -particulièrement de montagne- ainsi qu’à la réduction des intrants grâce à l’utilisation du fumier. Appréciée pour sa longévité et ses aptitudes au vêlage, ses qualités uniques lui ont permis de s’implanter dans les Alpes italiennes mais aussi au-delà de l’Europe : en Égypte, en Algérie ou en Côte d'Ivoire et dans certains pays montagneux. Laitière, montagnarde et rustique, la race Abondance est associée à 14 fromages sous appellations IGP ou AOP comme l’Abondance, le Beaufort, Le Reblochon et la Tome des Bauges.

Les plus lus

  Moisson dans l’Indre de nuit le 7 juillet 2022
« Un agriculteur contraint d’avancer ses travaux en pleine nuit pour échapper à la canicule ne devrait pas se retrouver exposé à un contentieux de voisinage »

Le 26 mars, les députés ont adopté à l’unanimité une proposition de loi du député démocrate Hubert Ott qui vise à sécuriser…

Bovin de profil présentant des nodules sur la peau, signe clinique de la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC).
Dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) : deux nouveaux foyers détectés en Sardaigne

Deux foyers supplémentaires de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) ont été détectés le 14 et le 15 avril en…

Les drapeaux européens devant le bâtiment de la Commission européenne à Bruxelles.
PAC 2028-2034 : vers la fin de « l’exception agricole » dans le budget européen ?

Auditionné le 7 avril au Sénat, Agriculture Stratégies a présenté une note datant du 23 février sur la PAC 2028-2034, et en…

Femelle Ours, capture photo en Ariège
Ours : au moins 108 individus dans les Pyrénées, une population en croissance selon l’OFB

L’OFB a dénombré au moins 108 ours bruns dans les Pyrénées en 2025. Le nombre d’individus est toujours en croissance sur le…

 Congrès de la FNSEA à Caen le 2 avril 2026.
Congrès de la FNSEA : Annie Genevard arrive sans mesures sur le GNR et demande aux agriculteurs « de ne pas sortir tout de suite les fourches »

Attendue de pied ferme, au 80e congrès de la FNSEA à Caen, sur le sujet du prix du GNR dont l’envolée touche…

Machine agricole d’une ETA en pleine recharge de GNR
ETA : « Le coût du GNR représente 13 à 20% de notre chiffre d’affaires, on ne peut pas amortir une hausse du prix du gazole de 90% »

La hausse du prix du gazole non routier touche très fortement les entreprises de travaux agricoles qui se voient contraintes…

Publicité