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Serres maraîchères : ils se sont équipés en déshumidification active pour économiser de l'énergie

Pour économiser de l’énergie mais aussi décarboner, des producteurs se sont équipés de systèmes de déshumidification active. Voici trois retours d’expérience recueillis en Haute-Savoie, Finistère et Loiret.

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Marianne Besson, cheffe de culture chez Crest de Vaulx en Haute-Savoie, Pierre-Yves Jestin, producteur dans le Finistère et Jacky Chéron, producteur dans le Loiret expérimentent la déshumidification active pour économiser de l'énergie.
© M.Besson-P.Y.Jestin-J.Chéron

Déshumidificateur thermodynamique ou déshumidificateur simple ou double flux ? Ces deux systèmes ne sont pas nouveaux mais reprennent de l’intérêt dans un contexte de hausse des coûts de l’énergie. Trois utilisateurs témoignent de leur expérience.

Marianne Besson, cheffe de culture chez Crest de Vaulx, en Haute-Savoie : « Les déshumidificateurs aident beaucoup à gérer le climat »

« Depuis avril 2025, 6 000 m² de serre de tomate sur 1,5 ha que nous exploitons sont équipés de déshumidificateurs thermodynamiques MB’air d’AirGaïa. Cette serre était très humide et comme on nous demande de décarboner les serres, nous avons fait le choix des déshumidificateurs. Il y a 4 MB’air pour 6 000 m². La serre ne mesure que 5 mètres sous chéneaux et sa structure n’aurait pas supporté les appareils. Nous les avons donc installés sur un châssis.

Sur quatre lignes, le personnel doit descendre des chariots, mais ce n’est pas très gênant. Les appareils se mettent en route quand l’humidité dépasse 70 % en journée, 80 % à 17 h et 85 % après 19 h. Ils tournent parfois 20 heures par jour. Cela permet de garder les ouvrants et les écrans fermés plus tard et de moins chauffer. En 2025, année assez douce, la consommation de gaz a été la moins élevée depuis neuf ans. Et en 2026, nous avons encore moins consommé. C’est aujourd’hui la serre la moins humide de l’exploitation. Il n’y a pas eu de botrytis, juste un peu de cladosporiose parce que je chauffe moins. Et alors que notre objectif est de 50 kg/m² et que nous sommes passés en variétés résistantes ToBRFV, moins productives, nous avons récolté 52 kg/m² en 2025. L’investissement est assez élevé et n’aurait pas été possible sans les CEE (certificats d’économie d’énergie). Nous avons aussi dû changer de compteur, refaire des raccordements, ce qui au total a coûté 60 000 euros, beaucoup plus que prévu. Nous consommons aussi plus d’électricité, qui coûte cher, mais le gaz aussi coûte cher. Je ne reviendrais pas en arrière. »

Pierre-Yves Jestin, producteur dans le Finistère : « 17 % d’économie d’énergie avec des déshumidificateurs double flux »

 

 

« Il y a douze ans, j’ai équipé 0,5 hectare de serre, sur les 3 hectares que j’exploite, de déshumidificateurs double flux Ammerlaan. Je voulais les tester pour économiser l’énergie. Je cherchais aussi une solution pour cette serre de tomate où il y avait des maladies fongiques en fin de culture, liées aux conditions en début de printemps. L’investissement à l’époque a été de 125 000 euros pour 0,5 ha. Au-delà des équipements, il a en effet fallu aménager la serre qui date de 1999, pour installer les caissons d’entrée et sortie d’air sur les pignons extérieurs et revoir les réseaux de chauffage. Il a fallu aussi installer de nombreux petits ventilateurs qui brassent l’air dans des gaines placées sous une gouttière sur deux.

 

Enfin j’ai investi pour mesurer la consommation d’énergie thermique et d’électricité de la serre. Le pilotage est très simple. Un logiciel pilote les ventilateurs à vitesse variable des gaines selon l’hygrométrie, ainsi que ceux des échanges avec l’extérieur. Les mesures ont montré qu’il n’y a pas de consommation électrique supplémentaire, bien qu’il y ait deux fois plus de ventilateurs qu’avant, 34 pour 0,5 hectare. Ces ventilateurs sont très efficients et renouvellent l’air de la serre 2,5 fois par heure pour une consommation très faible. Et en moyenne, l’économie de chauffage est de 17 %. Rien qu’avec le gain d’énergie, le retour sur investissement est de 6 à 7 ans. La culture est aussi plus saine et l’atmosphère plus dynamique, ce qui permet un gain de rendement de 2 à 5 %. »

Jacky Chéron, producteur dans le Loiret : « Les déshumidificateurs aident à déshumidifier mais ils ne sont pas suffisants »

 

 

« Depuis 2018, j’ai équipé progressivement mes 6,5 hectares de serres de concombres et d’aubergines de déshumidificateurs thermodynamiques Richel. La première serre était une serre plastique où je cherchais une solution de déshumidification. Puis j’ai équipé les serres verre, pour déshumidifier de cette façon au lieu d’ouvrir les serres. Comme les gouttières sont basses, il n’y a pas de gaines pour distribuer l’air.

 

Le brassage se fait avec les ventilateurs. Les déshumidificateurs, indépendants l’un de l’autre, sont pilotés par l’ordinateur climatique. Ils aident à déshumidifier, mais ils ne sont pas suffisants. Je dois quand même ouvrir un peu les serres pour éviter les maladies. La consommation électrique des appareils est assez faible et comme il n’y a pas de ventilateurs supplémentaires, je n’ai pas eu à changer de contrat. L’économie de gaz est difficile à estimer, mais le but principal pour moi est de déshumidifier. »

Lire aussi : Serres maraîchères : la déshumidification active testée par le CTIFL et le Caté avec des résultats encourageants

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