Sécheresse : la FNPL appelle les éleveurs laitiers à ne pas payer leurs cotisations MSA
Face à la sécheresse et aux difficultés qui s’accumulent pour les éleveurs, la FNPL demande des allègements de cotisations pour les éleveurs laitiers. Pour être entendu, le syndicat enjoint les éleveurs à ne pas honorer le prochain appel de cotisation MSA. La situation fourragère remet également sur le devant de la scène les reproches formulés à l’égard de l’assurance prairies.
Face à la sécheresse et aux difficultés qui s’accumulent pour les éleveurs, la FNPL demande des allègements de cotisations pour les éleveurs laitiers. Pour être entendu, le syndicat enjoint les éleveurs à ne pas honorer le prochain appel de cotisation MSA. La situation fourragère remet également sur le devant de la scène les reproches formulés à l’égard de l’assurance prairies.
« Nous demandons aux éleveurs de ne pas honorer leurs cotisations MSA », lâche Yohan Barbe président de la FNPL (producteurs laitiers, FNSEA), lors d’une conférence de presse le 22 juillet.
Face à une « sécheresse d’une intensité rarement connue » et « des canicules sans précédent », le syndicat attend du soutien des pouvoirs publics via un allègement « d’ampleur » des cotisations sociales MSA des éleveurs laitiers, et non un report « qui fait traîner la crise un peu plus longtemps ».
Un allègement des charges MSA
Au-delà de la méthode choc, la FNPL déplore le traitement des dossiers de demande de réduction de cotisations MSA : « Lorsqu’un éleveur fait l’effort d’honorer ses cotisations, quand son dossier est étudié pour une réduction de cotisation, il est mis de côté. On estime qu’il va bien. Alors pour être considéré comme éleveur en détresse, il vaut mieux ne pas solder 100 % de ses cotisations MSA. » D’autant que les cotisations 2026 se basent sur 2025, une année où « nous avons fait du revenu ».
« Si la MSA annonce qu’elle traitera tous les dossiers de la même façon, nous dirons à ceux qui peuvent honorer leurs cotisations de le faire et, ils auront un remboursement », ajoute Yohan Barbe.
Même demande pour la taxe sur le foncier non bâti (TFNB), la FNPL souhaite son dégrèvement et, que l’appel ne soit pas lancé en novembre pour éviter de devoir la payer, puis d’être ensuite remboursé. L’idée étant, là aussi, de ne pas avoir à avancer la trésorerie.
L’indice Airbus remis en cause pour l’assurance prairies
La sécheresse 2026 remet également sur la table le sujet de l’assurance prairies. Elle repose actuellement sur un système indiciel via l’indice satellitaire Airbus.
« Fin juin, les satellites ne voyaient pas de baisse de pousse de l’herbe massive », rapporte incrédule Yohann Barbe. Aussi, le syndicat demande que le système assurantiel sur les prairies se base non plus sur un indice mais sur une expertise basée sur les rendements effectifs, comme cela est le cas en grandes cultures avec l’assurance récolte.
Pour l’heure, la FNPL demande de déclencher « l’article 4 de la loi Duplomb pour faire réaliser des enquêtes de terrain par des comités d’experts sous le contrôle des préfectures et établir un bilan fourrager pour, ensuite, déclencher l’aide sécheresse », explique Stéphane Joandel, secrétaire général de la FNPL. Il s’agit de l’enveloppe de l’indemnité de solidarité nationale (ISN) qui est couplée à l’assurance prairies.
« C’est au gouvernent de mesurer la perte de rendement de l’herbe sur l’ensemble du territoire, estime Yohann Barbe. Il faut le prouver pour éviter le recours massif individuel. Il nous faut des perspectives d’indemnisation pour pouvoir engager des achats de fourrages plutôt que d’aller vers la décapitalisation. »