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Guerre en Ukraine : quel impact pour nos exportations de vins et spiritueux en Russie ?

À l’heure où la guerre lancée par la Russie contre l'Ukraine bouleverse l'Europe, que pèse le marché russe pour nos exportations de vins et spiritueux ? Voici les principaux chiffres.

La Russie était en 2021 notre 15e client pour les vins en valeur.
© P. Cronenberger

En 2021, la Russie a importé pour 198 millions d’euros de vins français. Une grande partie de ce flux est d’abord exporté vers les pays baltes puis réexporté vers la Russie, indique la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS). Ce chiffre d'affaires en fait notre 15e client, entre l'Australie et le Danemark. 

Toujours selon la FEVS, la Russie émarge au 8e rang de nos seules exportations de spiritueux en volume avec l’équivalent de 1,5 millions de caisses.

De notre côté, la Russie représente donc un débouché non négligeable, sans être majeur. Mais vu du côté russe, son poids est beaucoup plus important. 

La France parmi les premiers fournisseurs de vin

En effet, selon les données de la fiche marché « Vins, bière, cidres et spiritueux en Russie » de Business France, en 2020, l’Hexagone était le deuxième fournisseur de vins de la Russie en valeur. Avec une part de marché de 17%, la France côtoyait deux autres pays de l’Union européenne, l’Italie au premier rang avec 31% et l’Espagne, au troisième rang (13%).

Business France avance un chiffre d’affaires de 284 millions d’euros en 2020 pour les exportations de l’ensemble des boissons alcoolisées françaises (spiritueux, bières, cidres). Et souligne que la France est le 4e fournisseur de vodka et le 1er fournisseur de cidre de la Russie, deux produits très consommés en Russie.

Organiser et développer la production nationale

Si la Russie est donc "dépendante" pour certains produits, défendre sa production nationale de boissons alcoolisées est assurément un objectif. C'était le but d'une loi par signée par le président Poutine en décembre 2019.

La législation entrée en vigueur en juillet 2021, réservant le terme shampanskoïé (« champagne » en cyrillique) aux effervescents produits en Russie, est aussi là pour le rappeler. L'impact de cette loi a toutefois été d'une ampleur limitée, la Russie ne figurant qu'au 15e rang des expéditions de champagne en 2020, avec un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros ; 14 fois inférieur à celui enregistré aux États-Unis, premier client export du champagne. La consommation est concentrée sur une élite, très au fait de l’origine des produits.

Un marché qui risque de se fermer

Malgré tout, Business France décrit les consommateurs russes comme étant devenus « plus sélectifs » et aimant « expérimenter de nouvelles catégories de boissons ». Une situation propice au développement de nouveaux marchés, saisie par certains comme les vins d'Alsace, qui ont connu une « croissance quasi exponentielle » en 2021 selon leur interprofession, le CIVA.

Mais désormais, "la reprise attendue des importations russes" pronostiquée comme "pouvant bénéficier aux vins français" en 2022 par la FEVS n’est plus vraiment d’actualité...

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