Ressources en eau : un rapport de l’Onu parle de « faillite mondiale »
L’Institut universitaire des Nations Unies pour l’eau, l’environnement et la santé vient de publier « Faillite mondiale de l’eau : vivre au-delà de nos moyens hydrologiques à l’ère post-crise », un rapport très alarmant sur les ressources en eaux de la planète.
L’Institut universitaire des Nations Unies pour l’eau, l’environnement et la santé vient de publier « Faillite mondiale de l’eau : vivre au-delà de nos moyens hydrologiques à l’ère post-crise », un rapport très alarmant sur les ressources en eaux de la planète.
« Faillite mondiale de l’eau : vivre au-delà de nos moyens hydrologiques à l’ère post-crise » est l’intitulé du rapport pour le moins alarmant que vient de publier l’Institut universitaire des Nations Unies pour l’eau, l’environnement et la santé. Le document dévoilé le 19 janvier soutient que le monde a franchi une nouvelle étape : de plus en plus de bassins fluviaux et d’aquifères perdent la capacité de retrouver leur « normalité » historique. Les sécheresses, pénuries et épisodes de pollution qui étaient autrefois ponctuels deviennent chroniques dans de nombreux endroits, signalant une situation post-crise que le rapport qualifie de « faillite de l’eau ».
Water bankruptcy is not about arid regions—it’s about systems failure.
Shrinking lakes, depleted aquifers, collapsing wetlands, and rising drought costs show a growing mismatch between water use and reality.
This is a diagnosis—and a warning. #WaterBankruptcy pic.twitter.com/QkZhb4d1O1— UN University-INWEH (@UNUINWEH) January 22, 2026
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70 % des principales nappes phréatiques connaissent un déclin à long terme
Ce dernier estime que les notions de « stress hydrique » et de « crise de l’eau » ne suffisent plus à décrire les nouvelles réalités mondiales. Ces termes ont été « formulés comme des alertes concernant un avenir encore évitable », mais depuis le monde est entré dans une « nouvelle phase » et de nombreux systèmes hydriques ont été irrémédiablement dégradés, nécessitant une nouvelle classification. A l’échelle mondiale, environ 70 % des principales nappes phréatiques connaissent un déclin à long terme. Les conséquences sont visibles sur tous les continents habités, même si tous les pays ne sont pas, individuellement, en situation de pénurie d’eau, explique le rapport.
« De nombreuses régions vivent au-delà de leurs moyens hydrologiques »
« Ce rapport révèle une vérité inconfortable : de nombreuses régions vivent au-delà de leurs moyens hydrologiques, et de nombreux systèmes d’eau essentiels sont déjà en faillite », déclare l’auteur principal Kaveh Madani, directeur de l’Institut pour l’eau, l’environnement et la santé (UNU-INWEH) de l’Université des Nations Unies. Le document indique que de nombreuses sociétés ont non seulement dépassé leurs « revenus » annuels d’eau renouvelable provenant des rivières, des sols et du manteau neigeux, mais elles ont aussi épuisé les « économies » à long terme dans les nappes phréatiques, glaciers, zones humides et autres réservoirs naturels.
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L’agriculture, première utilisatrice de l’eau douce
Kaveh Madani explique par ailleurs : « L’agriculture représente la grande majorité de l’utilisation de l’eau douce. Lorsque la rareté de l’eau sape l’agriculture dans une région, les effets se propagent sur les marchés mondiaux, la stabilité politique et la sécurité alimentaire ailleurs. Cela fait de la faillite de l’eau une succession de crises locales isolées, mais un risque mondial partagé qui exige un nouveau type de réponse : la gestion de la faillite, pas la gestion de crise ».
170 millions d’hectares de terres agricoles irriguées subissent un stress hydrique élevé
Le rapport affirme que la production alimentaire mondiale est de plus en plus exposée à la baisse et à la dégradation de l’eau. Environ 3 milliards de personnes et plus de la moitié de la production alimentaire mondiale sont concentrées dans des zones où le stockage d’eau est déjà en déclin ou instable. Il ajoute que plus de 170 millions d’hectares de terres agricoles irriguées, soit environ la superficie combinée de la France, de l’Espagne, de l’Allemagne et de l’Italie, subissent un stress hydrique élevé ou très élevé. Quant à la salinisation, elle a dégradé environ 82 millions d’hectares de terres agricoles arrosés par la pluie et 24 millions d’hectares de terres irriguées.
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Le rapport est publié avant une réunion à Dakar, au Sénégal qui aura lieu les 26 et 27 janvier, afin de préparer la Conférence des Nations Unies sur l’eau 2026, qui sera coorganisée par les Émirats arabes unis et le Sénégal, du 2 au 4 décembre, aux Émirats arabes unis.