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Space 2022
Race à l'honneur au Space : la Blonde d’Aquitaine, une race à valeur ajoutée

À La Mézière, en Ille-et-Vilaine, Jimmy Guérin s’est converti à la Blonde d’Aquitaine dès son installation et l’a associée au troupeau Charolais de son père. Cet ancien commerçant de bestiaux apprécie la valorisation de la race et adapte sa conduite à la fois à ses besoins alimentaires et au potentiel de son exploitation.

Jimmy Guérin, éleveur de Blondes d'Aquitaine à La mézière en Bretagne.
© DB

En novembre 2016, quand Jimmy Guérin s’installe avec son père à La Mézière (35), il reprend un second site à quelques kilomètres et achète un troupeau de Blondes d’Aquitaine dans le Maine-et-Loire, « un troupeau très calme », son premier critère, « non inscrit mais à un tarif abordable », son deuxième critère en tant que jeune installé. Il compte aujourd’hui 400 JB à l’engraissement, 60 JB et 60 vaches allaitantes. Il a créé l’étonnement puisque son père a toujours élevé des Charolaises, mais Jimmy a fait un choix différent. L’ancien commerçant de bestiaux a en effet observé les avantages économiques de cette race : « plus de valorisation et de rendement de viande ». Dans sa conduite, l’éleveur priorise ses activités en fonction de la rentabilité de ses ateliers. « La première, c’est l’engraissement de taurillons », viennent ensuite les céréales et les vaches allaitantes. « C’est celle qui me passionnerait le plus, reconnaît-il, mais on fait des choix selon l’ordre économique. »

Les terres de Jimmy Guérin ont un fort potentiel en maïs

Sur 160 ha, Jimmy Guérin associe herbe enrubannée (sur 10 ha), pâturage pour ses femelles (20 ha) et maïs ensilage (63 ha). Le potentiel de ses terres l’amène à valoriser le maïs, « on n’a jamais moins de 15 t MS/ha », avec une moyenne de 17, 18 t MS/ha. C’est « une caractéristique de ce secteur, je nourris 10 taurillons à l’hectare », calcule-t-il, ce qui explique la rentabilité de l’atelier. La Blonde d’Aquitaine « mange moins en volume », mais son fourrage doit être de qualité, « contrairement à un Charolais qui valorise mieux un fourrage plus grossier ».

Jimmy Guérin déplace la clôture de quelques mètres, une pratique de fil avant qu’il a adoptée avec le pâturage tournant pour éviter les tris, « elle a la bouche fine », sourit l’éleveur.
© DB

Les vêlages des Blondes d'Aquitaine sont calés sur la pousse d’herbe

En comparaison, Jimmy Guérin estime la conduite des Blondes « plus facile que celle des Charolais », à commencer par les vêlages. Une partie du troupeau est inséminée à partir du 15 janvier, « le reste au pré, avec le taureau ». Il vise 60 vêlages par an. Par souci d’organisation, l’éleveur les a calés entre le 15 novembre et le 1er mars, « parce que je veux que les veaux profitent à plein de la pousse de l’herbe », puis il les sèvre « quand il n’y en a plus ». L’éleveur tient aussi à ce que les animaux vêlent « sous le bâtiment et à la période où il y a le moins de travail dans les champs ».

Le poids vif de la Blonde d'Aquitaine plus intéressant

« La Blonde a un rendement de carcasse plus intéressant », avise l’éleveur : « sur 100 kg de poids vif, on a 58, 59% de carcasse en Charolais », c’est 62% avec la Blonde. Le désavantage est que le marché subit des à-coups, « le Charolais c’est standard, il y a toujours de la demande ». Jimmy Guérin l’a remarqué durant la période Covid : elle était plus demandée que la Blonde. « Pour les mâles blonds, les marchés sont plus spécifiques avec parfois moins de demandes ». Les femelles sont recherchées en revanche « parce que pour le boucher aussi le rendement est meilleur ». Elles sont commercialisées en Label Rouge, une valorisation plus avantageuse que les mâles mais le volume est bien moindre. Ancien commerçant de bestiaux comme son grand-père, Jimmy Guérin tient à acheter et vendre lui-même ses animaux, « on a l’esprit du commerce dans le sang ». Il assure la commercialisation de ses animaux lui-même et travaille essentiellement avec Bigard pour les mâles.

En Blond, une qualité de viande à assurer

La viande de la Blonde est plus ‘tendance’, à la fois tendre et plus maigre que le Charolais, « c’est bien pour ceux qui veulent manger moins gras », nuance l’éleveur mais elle peut aussi être dure « et un peu sèche ». C’est pourquoi il soigne l’alimentation et ajoute des correcteurs à base de lin, « ça a un effet, affirme-t-il, si le mâle ne subit pas de stress alimentaire, on a quelque chose de bien ». Pour la femelle, le fait de vêler au moins trois ou quatre fois aurait un effet positif sur la texture de la viande. « Il y a un travail à faire là-dessus avec l’OS », estime l’éleveur qui a inscrit son troupeau dès son installation. « Pour le moment, ça me coûte plus que ça me rapporte », sourit-il, mais ce travail mené pas un technicien qui lui rend visite deux fois par an lui permet de percevoir « les premières lignées de vaches sur lesquelles je peux m’appuyer ». Il commence à trier, avec l’objectif d’avoir « plutôt de la viande », des vêlages faciles et un bon caractère, « ça c’est le premier critère », insiste Jimmy Guérin. Il a présenté des vaches en concours à son installation, mais le temps lui manque. Il est même allé au Space avec un taureau, « j’aime bien l’ambiance avec les éleveurs, mais je suis d’abord engraisseur et mon but, c’est de produire de la viande ». Il ira au Space cette année, mais sans animaux.

La Blonde d’Aquitaine, race à l’honneur au Space mardi 13 septembre 2022

80 animaux seront en lice à partir de 12h45 sur le grand ring pour le challenge national.

En parallèle sont organisés une vente d’animaux de boucherie pour les professionnels de la viande et la vente aux enchères Genomic Élite Space 2022.

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