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Quels sont les effets du stress thermique en bovins viande ?

En élevage bovins viande, le stress thermique impacte la croissance et la reproduction. Des publications scientifiques ont permis de mesurer ces effets. 

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L'effet du stress thermique sur le GMQ est dû à la baisse d’ingestion, au coût énergétique de la thermorégulation, et à une baisse de l’efficacité alimentaire voire un stress digestif.
© S.Bourgeois (archives)

La bibliographie sur le stress thermique est abondante en ce qui concerne les vaches laitières, beaucoup moins pour les vaches allaitantes et les bovins à l’engraissement. Cependant, une synthèse de 36 essais sur bovins viande conduits un peu partout dans le monde permet de situer son effet : le stress thermique entraîne en moyenne une baisse de l’ingestion de 100 g de matière sèche par point de THI (indice de température et d’humidité) au-dessus du seuil de 68. « Les bovins allaitants sont beaucoup moins sensibles au stress thermique que les vaches laitières. Pour elles, c’est 450 g de matière sèche ingérée en moins par point de THI. Mais son effet est conséquent aussi en élevage bovins viande » a présenté Clémence Girard d’Elvup lors d’une journée technique en mars.

D’autres résultats scientifiques publiés apportent des précisions. Sur jeunes bovins, une baisse de la croissance d’environ 10 % a été mise en évidence lorsque le THI dépasse 74 pendant seulement trois jours consécutifs d’après une thèse vétérinaire en France en 2019. L’impact sur le GMQ dépend du moment où survient l’épisode de chaleur : l’effet est surtout visible quand les animaux sont en fin d’engraissement, selon des résultats anglais de 2023. Une étude en Allemagne de 2020 a montré qu’au pâturage, les veaux exposés à davantage de stress thermique sur des périodes de 42 à 56 jours présentent des poids plus faibles à l’âge de 200 jours et de 365 jours. « Cet effet sur le GMQ est dû à la baisse d’ingestion, au coût énergétique de la thermorégulation, et à une baisse de l’efficacité alimentaire, voire à un stress digestif », explique Clémence Girard.

Ovocytes de moins bonne qualité et changements hormonaux

Les impacts du stress thermique sur la reproduction des bovins sont bien documentés. « La qualité des ovocytes diminue. Des changements hormonaux rendent plus difficiles la détection de l’œstrus, et aboutissent à une augmentation de la prévalence de kystes et du risque de double ovulation et donc de jumeaux. Enfin, le risque de mortalité embryonnaire au 1er et 2e mois de gestation est plus élevé », cite Clémence Girard. À un stade plus avancé de la gestation, le stress thermique peut entraîner un moins bon fonctionnement du placenta qui est parfois compensé par une augmentation de la surface des cotylédons.

Subi en fin de gestation, le stress thermique réduit le poids du veau de 12 % à la naissance et de 10 % au sevrage. Il peut également influencer le développement ultérieur du tissu mammaire des veaux femelles.

Chez les taureaux reproducteurs, un impact sur la qualité de la semence a été constaté après une exposition durant entre 8 heures et cinq jours au stress thermique. À cause du réchauffement des testicules, la motilité des spermatozoïdes diminue 11 à 18 jours après, les anomalies morphologiques des spermatozoïdes augmentent et la concentration en spermatozoïdes diminue 11 à 30 jours après. Des effets sur la qualité de la semence ont aussi été mis en évidence deux mois après la période de stress thermique.

THI et HLI : les indicateurs du niveau de stress thermique

L’indicateur de température et d’humidité (THI) est un indicateur courant du niveau de risque de stress thermique. Il est diffusé par de plus en plus d’organismes de conseil en période à risque afin que les éleveurs puissent anticiper le stress de leurs bovins. « Le THI est un bon indicateur d’alerte pour les éleveurs, mais il n’est pas suffisant pour juger du bien-être des animaux », explique Zoé Courboulay d’Elvup.

L’indicateur HLI (heat load index) permet d’intégrer, par rapport au THI, la notion de ressenti pour les bovins. Il tient compte de la vitesse du vent et du rayonnement global (le rayonnement solaire et le rayonnement des parois du bâtiment). « Le ressenti peut varier de l’équivalent de + 1 °C à + 4° selon les bâtiments. Il peut aussi être très hétérogène au sein d’un bâtiment selon les zones. » Pour mesurer le HLI, un thermomètre à globe noir et un anémomètre sont utilisés.

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