Aller au contenu principal

Jurisprudence
Quelles sanctions pour un exploitant agricole qui ne tient pas son engagement vis-à-vis de sa coopérative ?

Sauf cas de force majeur, le retrait anticipé d’un associé coopérateur avant la fin de son engagement l'expose à des pénalités.  La Cour de Cassation vient de restreindre ces sanctions, réduisant un peu plus le droit des coopératives agricoles.

<em class="placeholder">Cave coopérative des Vignerons de Puisseguin Saint Emilion en Gironde, le 28 septembre 2017 durant les vendanges</em>
Dans une affaire concernant un vigneron, le Cour de Cassation a réduit de plus de 80% les pénalités demandées par la coopérative pour départ anticipé.
© Clara de Nadaillac

Un arrêt de la Cour de Cassation du 18 décembre 2025 vient de limiter les sanctions applicables par une coopérative agricole à un associé coopérateur défaillant qui ne livrerait pas jusqu’au terme de sa période d’engagement. Dans cette affaire, pour des raisons de santé, l’exploitant agricole avait cessé de livrer sa cave coopérative, trois années avant la fin de son engagement et cédé son exploitation à un repreneur qui ne voulait pas de ses parts sociales. Ses problèmes de santé n’étant pas impromptus, il ne pouvait pas revendiquer la "force majeure" pour s’exonérer de ces pénalités ; comme d’ailleurs un exploitant qui partirait à la retraite.

En application de l’article R522-3 du code rural et des statuts*, la cave coopérative lui réclamait trois pénalités classiques qui figurent dans les statuts types des coopératives et donc reprises par la majorité des coopératives. À savoir :

 

  • une participation aux frais fixes, au titre de la mutualisation des frais fixes entre associés coopérateurs ;
  • 10 % de la valeur des volumes non livrés, au titre du manque à gagner pour la coopérative. Les 10 % correspondant à la marge de la coopérative ;
  • le remboursement prorata temporis de la subvention à la plantation, dont il avait bénéficié des années auparavant.

 

Une nouvelle déconvenue pour le droit des coopératives agricoles

Ces sanctions sont légales, étant contenues dans les statuts auxquels le coopérateur avait adhéré, donc prévues par le droit des coopératives agricoles et contractuelles. Elles ont néanmoins été considérées par la Cour de Cassation comme "manifestement excessives au regard du préjudice subi" par la coopérative.

En effet, pour restreindre cette pénalité, la Cour de Cassation a estimé que le préjudice de la coopérative était moins important que ces pénalités puisque la cave avait enregistré cette année-là un résultat bénéficiaire en progression de 5 % par rapport à l’année précédente. La Cour n'a donc pas tenu compte du manque à gagner de la coopérative ni des charges assumées par les autres coopérateurs tenant leurs engagements.

*aux articles 8.6 et 8.7 pour les coopératives de collecte
 

Les plus lus

<em class="placeholder">Roelof et Jon de Boer, agriculteurs à Lavit (Tarn-etGaronne)</em>
Fermage : « J’ai rendu 63 ha à l’un de mes bailleurs, faute de rentabilité sur ces terres dans le Tarn-et-Garonne »

Jan De Boer, agriculteur, dans le Tarn-et-Garonne, a fait ses comptes, après 3 ans de perte sur des parcelles louées par bail…

<em class="placeholder">Jean Lombard, agriculteur à Bezaumont (Meurthe-et-Moselle), &quot;En 2027, il n’y aura plus le flufénacet comme solution de désherbage. Si le retour du triallate ne se ...</em>
Orge d’hiver : « Sans flufénacet ni triallate en 2027, il sera très compliqué de cultiver cette céréale en situation infestée en graminées »

Agriculteur à Bezaumont (Meurthe-et-Moselle), Jean Lombard ne lésine pas sur le désherbage de l'orge d'hiver pour garder…

<em class="placeholder">champ de maïs en Charente, près d&#039;Angoulême, touché par la sécheresse en août 2026</em>
Sécheresse 2026 et maïs : les producteurs confrontés au décrochage de la culture avec un recul global de la production estimé à 45 %

La sécheresse et les canicules à répétition ont mis à mal la production de maïs dans de nombreux secteurs. La filière va…

<em class="placeholder">Le député, Peio Dufau, à Arbonne (64) entouré, des responsables, Safer, syndicaux et de portage de foncier, locaux.</em>
Safer : comment la loi d’urgence agricole renforce le droit de préemption et limite les contournements

La loi d’urgence agricole contient six points visant à renforcer les moyens d’action des Safer, notamment leur droit de…

<em class="placeholder">Frédéric Parthenay est producteur de grandes cultures à Puyreaux, en Charente. </em>
Sécheresse 2026 en Charente : « Après trois mauvaises années, mon exploitation n'a plus de trésorerie »

Frédéric Parthenay est producteur de grandes cultures à Puyreaux, en Charente. La sécheresse catastrophique et sans précédent…

<em class="placeholder">Champs d&#039;essais blé tendre conduits par LG Seeds France.</em>
Blé tendre : quelles variétés semer dans des terres à faible potentiel ?

Certaines caractéristiques variétales, comme la précocité à épiaison, sont indispensables pour sécuriser le rendement du…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​ TTC
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures