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Quel agriculteur êtes-vous ? Plutôt chat, jaguar, tortue, lion ou abeille ?

Réussir et Agriconomie lancent un baromètre pour décrire les pratiques du monde agricole face aux mutations profondes du secteur. Objectif de ce sondage BVA sur l'agriculture : mieux identifier les comportements des agriculteurs concernant l’acquisition d’information, le conseil, l’adoption de pratiques nouvelles ou la perception de l’avenir du métier.

Etude Prism Reussir

Dis-moi comment tu t’informes, je te dirai quel agriculteur tu es. Pour mieux comprendre comment les agriculteurs acquièrent de nouvelles connaissances et compétences, et comment cela alimente leur stratégie d’entreprise, le groupe d’information Réussir et l’entreprise de vente en ligne Agriconomie ont bâti un baromètre baptisé Prism. Elaboré avec l’appui de l’institut BVA, cet indicateur, présenté ce 1er mars au salon de l’agriculture, sera alimenté par des vagues d’enquêtes au fil du temps.

Premier focus de ce nouvel outil : identifier les typologies d’exploitants, basées sur leurs sources d’information, leurs attentes vis-à-vis des conseillers, leurs habitudes d’achat, et déterminer sur quelles informations ils fondent leurs décisions stratégiques. Cette segmentation intègre notamment l’importance accordée au conseil extérieur, l’intérêt pour les nouvelles technologies, l’implication dans les démarches qualité ou environnementales, ou encore le degré de confiance envers l’avenir.

Cinq grands groupes ont ainsi été identifiés, chacun rattaché à un nom d’animal :
 

21% de chats : des agriculteurs autarciques

Cette catégorie opte pour l’autarcie. Ces agriculteurs cherchent à se débrouiller seuls pour trouver l’information qui leur est nécessaire, et accordent peu d’intérêt à l’avis des conseillers extérieurs : 40 % dans ce groupe jugent secondaire l’avis de ces derniers, contre 17 % pour le reste du panel. Moins de la moitié d’entre eux sont adhérent à une Cuma, et 16 % à groupe de la chambre d’agriculture, contre respectivement 81 % et 33 % pour la moyenne des enquêtés. Ils sont d’ailleurs plus critiques que le reste de la population concernant l’accompagnement par les instituts techniques, les banques et les concessionnaires, et sont deux tiers à ne pas trouver pertinentes les nouvelles solutions de travail collaboratif.

Cette approche très autonome s’accompagne d’une certaine routine : près des deux tiers des agriculteurs de ce groupe estiment ne pas avoir découvert ou appris de nouvelles techniques agricoles au cours des deux dernières années (33 % dans le reste du panel), et près des trois quarts ont tendance à reprendre d’abord les mêmes produits qui ont fait leurs preuves. Ils sont peu attirés par les produits à la pointe de la technologie, notamment les produits connectés.

Ce groupe est plus pessimiste que le reste des enquêtés concernant l’avenir de leur exploitation.
 

24% de jaguars : des agriculteurs autonomes et ouverts

Ce groupe est lui aussi caractérisé par une volonté d’autonomie, mais les agriculteurs qui le composent sont plus enclins que les « chats » à faire évoluer leur structure. A l’affût de nouveautés, notamment sur internet, les quatre cinquièmes d’entre eux considèrent qu’ils ont appris de nouvelles techniques dans un passé récent. Neuf sur dix déclarent avoir participé à une formation dans les deux ans.

Ils sont plus engagés que la moyenne dans des démarches de qualité ou environnementales, et sont enclins à investir et à innover, notamment pour mettre en œuvre des pratiques liées à l’agroécologie. Les activités de vente directe et de diversification sont sur-représentées dans ce groupe, qui accorde de l’importance à bien gérer son temps de travail. Ces agriculteurs veulent réduire les charges, quitte à perdre en productivité.

Leur quête d’autonomie n’est donc pas synonyme d’immobilisme. Cela se ressent sur leur perception du métier : près de 40 % de ces agriculteurs pensent que la situation économique de leur exploitation va s’améliorer dans les trois prochaines années, contre 28 % pour l’ensemble des exploitants.
 

19% de tortues : agriculteurs en quête de conseils

Une volonté marquée de baisser les charges, sans opter pour la diversification, en s’appuyant fortement sur le conseil extérieur pour prendre ses décisions : c’est le profil de ce troisième groupe. Plus de la moitié (54 %) de ces agriculteurs font, au moment d’un achat, plutôt le choix dans une liste de produits conseillés par un technicien. Ils sont plus sensibles que la moyenne à la relation humaine qui les lie à leur fournisseur. Les deux tiers d’entre eux vont chercher à dialoguer avec d’autres personnes pour trouver de l’aide en cas de problème technique, contre 36 % pour l’ensemble des enquêtés. Pour eux, c’est l’humain d’abord, et une faible proportion d’entre eux envisage de s’équiper de matériel innovant ou connecté. Ils ont aussi besoin d’être rassurés : les deux tiers des agriculteurs de ce groupe ont peu confiance dans l’avenir.
 

19% de lions : des agrimanagers

On retrouve dans ce quatrième groupe ceux que l’on pourrait qualifier d’agrimanagers. Leur structure est en moyenne plus grosse que dans l’échantillon enquêté, avec un chiffre d’affaires de plus de 500 000 euros pour un tiers d’entre eux. A la pointe de la technologie, ils aiment s’informer sur les dernières nouveautés. 56 % d’entre eux ont un tracteur équipé de GPS, et près de la moitié utilise une station météo connectée.

Leur stratégie repose sur la maximisation de la productivité, même si cela occasionne des charges plus élevées. S’agrandir et se moderniser sont pour eux des motivations essentielles d’investissement. Nettement plus optimistes que la moyenne pour l’avenir de leur exploitation, ils affirment être fréquemment sollicités par leurs collègues pour apporter des conseils (60 % contre 34 % pour la totalité des enquêtés). Il faut dire qu’ils ont « rarement le sentiment de manquer de connaissances pour comprendre ou pour agir ». Neuf sur dix sont abonnés à des revues agricoles, et ils sont prêts à passer du temps pour trouver le meilleur produit sur le marché. Ils diversifient également leurs partenaires, car ils travaillent avec un plus grand nombre de distributeurs et de concessionnaires que la moyenne des agriculteurs.
 

15% d’abeilles : des agriculteurs écolos

Elles privilégient les activités de diversification, sont très engagées dans des démarches qualité ou environnementales (GIEE, Dephy, filières qualité de la grande distribution), aiment la technologie et voudraient en particulier réduire l’usage des phytos : pour ce faire, les exploitations listées dans le groupe des abeilles veulent avoir accès à de la formation et recourent au conseil extérieur. Pour ces agriculteurs, l’évolution est synonyme d’échanges et d’ouverture au-delà des portes de la ferme. Ils vont régulièrement solliciter d’autres personnes (pour 80 % d’entre eux) et des conseillers (68 %), dont ils jugent l’avis « important ». En situation d’achat de produit courant, les deux tiers font plutôt le choix dans une liste conseillée par le technicien. La relation humaine est d’ailleurs cruciale pour environ trois quarts d’entre eux, tout comme le fait d’être engagé dans un suivi régulier. Près de 9 exploitants de ce groupe sur 10 ont participé à une formation dans les deux années passées, et 84 % sont abonnés à une revue agricole (web ou papier).

Au-delà de ces groupes, le baromètre souligne des thématiques majeures aux yeux des agriculteurs. L’enquête confirme d’abord la morosité qui prévaut dans le métier : plus d’un tiers des agriculteurs répondants se déclarent pessimistes quant à l’avenir de leur exploitation, 29 % s’affirmant à l’inverse optimistes. Au premier rang des inquiétudes, ils évoquent les pertes de production potentielles, préoccupation majeure pour 33 % d’entre eux, qui devance la concurrence internationale (30 %) et les fluctuations des marchés (28 %). Pour retrouver davantage de sérénité, 62 % des enquêtés appellent à un assouplissement des contraintes réglementaires.

Pour obtenir les résultats complets de l’étude aller sur www.barometre-prism.com.

Méthodologie

1 760 agriculteurs représentatifs de la population agricole française ont répondu à cette enquête online de 20 minutes réalisée entre le 20 décembre et le 9 janvier. L’échantillon a été redressé par méthode des quotas sur les critères régions et OTEX.

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