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Produit-on assez de pommes françaises pour nos jus et nos compotes ?

Réponse avec l’Afidem et Unijus lors du webinaire FranceAgriMer du 18 décembre sur les fruits et légumes transformés.

des pommes autour d'un verre de jus de pomme
La pomme pour l’industrie se caractérise par ses deux systèmes : les vergers double fin qui fournissent à la fois les marchés du frais et de l’industrie, et les vergers dédiés dont la totalité de la production part aux industriels.
© Alexa de Pixabay

A l’occasion du webinaire de FranceAgriMer pour le Panorama 2023 des fruits et légumes transformés, l’Anifelt et les organisations professionnelles des fruits et légumes transformés ont également fait un point sur la capacité de la France a être autonome sur ces filières.  Un point spécial a été fait sur la filière pomme à destination de la transformation en compote et en jus.

Lire aussi : Fruits et légumes transformés : quels sont les chiffres clés 2023 de la filière française ?

 

Vergers dédiés ou double fin : où vont les pommes françaises ?

La pomme pour l’industrie se caractérise par ses deux systèmes : les vergers double fin qui fournissent à la fois les marchés du frais et de l’industrie, et les vergers dédiés dont la totalité de la production part aux industriels.

Schéma des débouchés de la pomme française, selon qu'elle vienne de verger double fin ou de verger dédié.

En France, l’Afidem estime que les vergers double fin produisent 1,39 millions de tonnes de pommes. Le marché du frais étant le plus rémunérateur, c’est donc vers ce débouché que partent les pommes qui ont le plus beau calibre (808 000 tonnes). Le reste va à l’industrie, d’abord vers le marché le plus rentable : la compote (273 000 tonnes), puis vers le jus hors export (39 000 tonnes), et enfin sur les autres transformations (50 000 tonnes).

Les vergers dédiés, eux, produisent 250 000 tonnes de pommes en moyenne dont 230 000 tonnes pour l’industrie hors export. 60 000 tonnes sont destinés à la filière jus. Les autres volumes de pommes se destinent à des filières spécifiques : cidres, spiritueux, vinaigre.

A relire : Compote : quel avenir pour les vergers dédiés ?

 

Compote : le taux d’approvisionnement en origine France oscille entre 70 % et 90 %

Pour la pomme destinée à la compote, le taux d’approvisionnement en origine France oscille entre 70 % et 90 %, en dehors des accidents climatiques. « Par exemple la campagne française 2020-2021 avait subi le gel, et les industriels ont dû recourir à des pommes importées. Et lorsqu’on va se sourcer à l’étranger, c’est souvent plus rentable de s’engager pour deux ans. Ce qui explique pourquoi les chiffres ne remontent pas de suite », explique Adrien Mary, président de l’Afidem.

La campagne pomme 2022-2023, elle, malgré le niveau de récolte modeste, a vu un taux d’écart important, ce qui a favorisé le débouché de la compote et donc un fort taux d’approvisionnement en origine France. Pour la campagne 2023-2024, ça a été l’inverse, avec des pommes en qualité et calibre favorable au frais.

Globalement, l’Afidem communique sur le chiffre de 75 % d’auto-approvisionnement, « et même 78,5 % si on enlève les accidents climatiques ».

A noter : Le solde des échanges reste négatif en volumes en compotes, marqueur du positionnement haut de gamme de la production française sur ce produit. L’importation concerne des produits peu qualitatifs, alors que l’exportation se fait sur des produits bien valorisés.

 

Jus : insuffisant pour couvrir les besoins en jus de pomme et multifruits

Côté jus et nectars, la production agricole française est insuffisante pour faire face à la demande du marché. Unijus estime le taux d’auto-approvisionnement à 50 % pour les purs jus de pommes.

« 100 000 tonnes de pommes françaises (60 000 t de pommes à cidre et 39 000 t de pommes de table) sont transformées en 70,7 millions de litres de jus de pomme, principalement sous forme de pur jus, détaille Emilie Jorda, en charge des Affaires scientifiques & réglementaires à Unijus. C’est insuffisant pour couvrir les besoins des consommateurs français et de l’industrie française. »

En effet, le marché français consomme, via les commerces de détail (donc sans considérer la RHD) 167 millions de litres de jus de pommes, auxquels il convient d’ajouter 228 millions de litres de jus et nectars multi-fruits dans lesquelles le pur jus de pomme ou le jus concentré de pomme peut être utilisé.

Emilie Jorda signale également : « Le marché des jus et nectars est globalement en baisse. Mais le parfum pomme se porte plutôt bien, puisque c’est le seul en croissance dans les achats des Français en 2023 ! » Les achats de jus et concentrés de pommes ont ainsi progressé entre 2022 et 2023 de +2,3 % en volume (vs -6,7 % total marché) et de +5,6 % en valeur (vs +2 % total marché).

 

Lire aussi : Consommation de fruits et légumes transformés : pourquoi la compote est la seule catégorie en hausse ?

Lire aussi : Souveraineté alimentaire et fruits et légumes transformés : « on est encore loin de l’autonomie » 

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