Production de blé : comment l’Inrae anticipe les pires récoltes dues aux événements climatiques en France d’ici 2100
Comme la culture du blé est fortement impactée par le changement climatique, des scientifiques d’Inrae ont mis au point une méthode pour mesurer à quelle fréquence les années à risques de fortes pertes de production pourraient se produire d’ici la fin du siècle selon différentes trajectoires climatiques.
Comme la culture du blé est fortement impactée par le changement climatique, des scientifiques d’Inrae ont mis au point une méthode pour mesurer à quelle fréquence les années à risques de fortes pertes de production pourraient se produire d’ici la fin du siècle selon différentes trajectoires climatiques.
Pour garantir de bons niveaux de production de blé, des chercheurs d’Inrae ont planché afin d’anticiper les risques climatiques en France d’ici 2100. Les résultats de leurs travaux ont été publiés dans Agricultural and Forest Meteorology. Des événements météo extrêmes, comme les hivers trop doux, les printemps trop humides ou les canicules avec sécheresse affectent les récoltes de blé. Avec le changement climatique, ces événements qui étaient jusqu’alors occasionnels pourraient devenir des menaces courantes et se combiner.
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Anticiper les pires récoltes jusqu’en 2100
C’est pourquoi à l’occasion de cette étude cofinancée par Arvalis et le métaprogramme CLIMAE, des scientifiques d’Inrae ont développé une méthode combinant des modèles de développement de variétés de blé précoces ou tardives, les données climatiques historiques et les projections climatiques du GIEC et des modèles statistiques, pour évaluer la fréquence des risques climatiques et la probabilité de « pires récoltes » jusqu’en 2100.
Scénario de fortes émissions de GES : sécheresses 3 à 6 fois plus fréquentes
Dans le scénario de fortes émissions de gaz à effet de serre d’ici 2100, les événements extrêmes passeraient de « rares » dans les données climatiques historiques à « courants » dans les données climatiques futures. Les événements de sécheresse avec canicules pourraient être 3 à 6 fois plus fréquents selon les régions, et les hivers doux accompagnés de printemps trop humides pourraient être jusqu’à 12 fois plus fréquents dans le nord de la France, ce qui affecterait directement les rendements du blé. De nouveaux risques climatiques pourraient également apparaître pour le blé, comme un stress thermique précoce et des nuits trop chaudes qui affecteraient le développement de la plante et la maturité des grains. En revanche les risques liés au froid diminueraient, estiment les chercheurs.
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Scénario avec de faibles émissions de gaz à effet de serre : risques climatiques inchangés
A l’inverse, dans un scénario de changement climatique modéré, correspondant à de faibles émissions de gaz à effet de serre, conforme aux objectifs de l’accord de Paris, les risques climatiques resteraient similaires aux conditions actuelles. Les chercheurs estiment que mieux comprendre comment les principaux risques vont évoluer dans les décennies à venir permettrait aux sélectionneurs, aux agriculteurs et aux acteurs de la filière d’anticiper ces changements en adaptant les stratégies de sélection variétale et les pratiques agricoles.
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