Prix du lait : « Ce n’est pas à la France de faire l’effort de réduire sa production de lait »
Face à un prix du lait qui décroche du fait d’une hausse de la production mondiale, au salon de l'Agriculture 2026, la FNPL refuse d’envisager une réduction de la collecte française.
Face à un prix du lait qui décroche du fait d’une hausse de la production mondiale, au salon de l'Agriculture 2026, la FNPL refuse d’envisager une réduction de la collecte française.
« On est en train de nous dire que l’on déborde de lait et donc que le prix du lait baisse, mais si la France réduit sa production, le lait sera fait ailleurs », estime Yohann Barbe, président de la FNPL lors d’un point presse le 21 février pour l’ouverture du SIA 2026. « Nos concurrents vont rigoler et en profiter ! », renchérit Ludovic Blin, vice-président de la FNPL.
La France a moins augmenté sa production laitière en pourcentage que ses voisins
Pour le syndicat, hors de question de mettre en place une réduction volontaire des volumes en France pour espérer enrayer la baisse du prix du lait payé aux éleveurs. « Ici, nous avons la culture de la maîtrise des volumes, témoigne Stéphane Joandel, secrétaire général de la FNPL. Ce n’est pas, aujourd’hui, à la France de faire l’effort ! ». Chiffres à l’appui pour étayer son propos : sur les vingt dernières années, la production laitière française aurait augmenté de 4% en volume contre 19% pour l’Allemagne, 44%, en Belgique, 34% aux Pays-Bas ou encore 56% en Pologne et 80% en Irlande.
Autre raison avancée : les incertitudes côté sanitaire avec la FCO et la DNC qui risquent déjà d’impacter la collecte laitière française.
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Pour pallier la baisse du prix du lait, la FNPL demande la mise en place au niveau européen de l’aide au stockage privé de poudre de lait maigre et de beurre. De plus, si le prix du lait décroche aujourd’hui à cause du contexte mondial, la fin des négociations commerciales entre la grande distribution et ses fournisseurs, début mars, aura également un impact. « Sur le marché intérieur, il faut maintenir le prix du lait », prône Stéphane Joandel.
Deux visions sur la régulation du secteur laitier s'opposent
A l’inverse, l’Apli (association des producteurs de lait indépendants) et l’European Milk Board (EMB) demander la mise en place d’un programme de responsabilisation face au marché impliquant trois paliers d’alerte en fonction d’un indice intégrant les évolutions des cours de produits laitiers et des coûts de production en élevage. Au premier palier, « le stockage privé est autorisé et des programmes incitatifs encouragent d’autres usages pour le lait tels que l’élevage de veaux au lait entier, l’engraissement au lait des génisses etc. » sont mis en place, explique l’EMB sur son site internet. Au second palier, un « appel d’offres pour réduction volontaire de la production » est lancé, et un prélèvement de responsabilisation du marché est encaissé auprès des exploitations en dépassement dès le premier kilo ». Passé le troisième et dernier palier, la réduction de la production est rendue obligatoire pour tous. L’EMB sera présent au SIA 2026 sur le stand de FaireFrance le mercredi 25 février.