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Prix du GNR et des engrais : la colère monte chez les agriculteurs, alors que Lecornu se refuse toujours à « un chèque général »

Les dispositifs annoncés en début de semaine par la ministre de l’Agriculture face à l’envolée des prix du GNR et des engrais mécontentent tous les syndicats agricoles. La pression monte avant une rencontre prévue lundi 30 mars entre la FNSEA et le Premier ministre qui pour l’heure se refuse à mettre en place des aides directes.

Pistolet dans le réservoir de GNR d'un tracteur
Tous les syndicats agricoles réclament des aides concrètes de l'Etat face à l'envolée du prix du GNR depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
© Ludovic Vimond

Prix du GNR et engrais : la FNSEA mobilise son réseau avant une réunion le 30 mars avec Sébastien Lecornu

Face à l’envolée des prix du carburant et des engrais sur fond de guerre au Moyen-Orient, la FNSEA appelle ce 26 mars son réseau à se mobiliser avant une rencontre avec le Premier ministre, prévue lundi 30 mars

Concrètement le syndicat agricole appelle son réseau à interpeller les préfets, les députés, les sénateurs et l’ensemble des représentants de l’État. Avec pour objectif « de faire remonter de manière précise et exhaustive les impacts constatés » ainsi que « les revendications de notre organisation, notamment sur le GNR, les coûts des engrais et la hausse généralisée des charges ».

Lire aussi : Guerre au Moyen-Orient et flambée du GNR et des engrais : que propose le gouvernement français aux agriculteurs ?

Demande d’un bouclier contre l’explosion des charges pour les agriculteurs

Pour l’heure les « dispositifs annoncés » par le gouvernement sont jugés insuffisants « au regard de l’ampleur et de la brutalité de la crise que traverse le monde agricole » par la FNSEA qui réclame entre autres :

  • Un bouclier contre l’explosion des charges via une prise en charge d’une partie de la hausse subie depuis le début du conflit au Moyen-Orient
  • des compensations immédiates pour l’impact du MACF.

Lire aussi : Comment évolue le prix du GNR avec la guerre au Moyen-Orient ?

« Les charges explosent (carburants, énergie, engrais, intrants…), le MACF ajoute un surcoût insoutenable, les accords commerciaux se multiplient et ouvrent la porte à une concurrence déloyale… Tous ces éléments mettent la Ferme France à genoux. Ce n’est pas tenable », écrit la FNSEA dans une alerte à la presse. 

Sans réponses rapides et tangibles, la colère du terrain ne pourra que s’amplifier

« Dans ce contexte, la FNSEA attend du premier Ministre des mesures immédiates, concrètes et financées – des mesures sonnantes et trébuchantes – à la hauteur de l’urgence. Le temps des annonces sans effet est révolu : sans réponses rapides et tangibles, la colère du terrain ne pourra que s’amplifier », prévient le syndicat.

Lire aussi : Envolée du prix GNR et des engrais : les « mesurettes » du gouvernement jugées « hors sol » par les filières grandes cultures, en colère

Prix du GNR : la Coordination rurale se mobilise sur le terrain

Du côté de la Coordination rurale, des manifestations s’organisent sur le terrain pour réclamer des aides face à l’envolée du prix du GNR, à l’instar de ce que nos voisins italiens ou espagnols ont mis en place. Une manifestation a ainsi été organisée le 25 mars devant la préfecture d’Albi. 

Une action s’est aussi déroulée le 25 mars à Saint Flour devant la Sous-préfecture du Cantal où une délégation de la Coordination rurale 15 a été reçue par le sous-préfet. 

Parmi les revendications de la délégation : la mise en place d’un bouclier tarifaire à hauteur de 85 cts le litre (hors taxe).

Lire aussi : Guerre au Moyen-Orient et envolée des prix du GNR et des engrais : l’Espagne débloque 552 millions d’euros pour ses agriculteurs

Prix du GNR et des engrais : « des mesures à côté de la plaque » selon la Confédération paysanne

De son côté, la Confédération paysanne dénonce aussi « des mesures gouvernementales encore à côté de la plaque » face à la flambée des coûts de production

« Quand des pays comme la Grèce et l’Espagne mettent en place des aides financières, la France ressort le sempiternel report des cotisations sociales qui, comme toujours, ne sont envisagées que comme une « charge ». L’étalement d'échéances fiscales et la mise en place de prêts de court terme exceptionnels, en appui à la trésorerie des exploitations agricoles les plus exposées, ne constituent en rien des aides directes », écrit la Confédération paysanne dans un communiqué poursuivant « c’est largement insuffisant quand la question de sortir le tracteur se pose sur les fermes ».

C’est largement insuffisant quand la question de sortir le tracteur se pose sur les fermes 

La Confédération paysanne réclame des aides devant « être plafonnées et accompagnées de modalités qui ne poussent pas à la spécialisation et à l'agrandissement mais qui accompagnent vers plus de sobriété de manière durable et non subie ».

Lire aussi : Guerre au Moyen-Orient : l’écart se creuse encore entre prix des engrais et prix des céréales

Le Modef réclame le blocage du prix du GNR à 1 euro le litre

« L’envolée incontrôlée du Gazole Non Routier (GNR), dont le litre s’achetait le 20 mars à 1,95 euros contre 1,26 euros, la veille du conflit au Moyen Orient, est insoutenable. La tonne de solution azotée s’échangeait à plus de 419 euros, soit 49 euros de plus qu’avant le conflit. Tous les produits sont en augmentation à cause de la guerre : les matières premières, les céréales, les produits vétérinaires, les filets, les plastiques pour l’enrubannage et l’ensilage …Ces hausses sont insupportables pour les paysans », déplore de son côté Valérie Chabrerie, vice-Présidente du Modef national dans un post sur Facebook. 

« Sans mesures concrètes, des centaines de fermes familiales vont disparaître dans les semaines à venir ! », s’emporte le syndicat qui réclame notamment : 

  • la limitation des marges des distributeurs de carburant
  • le blocage du prix du GNR à 1 euro le litre 
  • une modulation temporaire d’une partie des taxes sur les carburants 
  • le blocage temporaire des prix de l’énergie.
     

Lire aussi : Guerre au Moyen-Orient : les agriculteurs victimes collatérales du conflit

Le Premier ministre se refuse à « un chèque général», jugé trop coûteux

Jusqu’à hier, mercredi 25 mars, Sébastien Lecornu, Premier ministre, s’est montré très opposé à l’idée d’aides directes. « Aucun chèque général ne sera efficace dans la crise actuelle, c’est très coûteux pour les finances publiques », a-t-il répété devant les députés lors d’un débat sur la guerre au Moyen-Orient et de prévenir des risques de « mimer nos voisins ».

Reconnaissant les difficultés rencontrées par les agriculteurs, le Premier ministre a toutefois reconnu que la crise allait évoluer qu’il allait falloir « être très souple ».

Lire aussi : Envolée du prix du GNR : les entreprises de travaux agricoles (ETA) dénoncent « une réponse indigente du gouvernement »

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