Prix des engrais et MACF : douze pays demandent à Bruxelles la suspension immédiate de la taxe carbone sur les engrais
L’Autriche, soutenue par 11 Etats membres dont la France, a demandé le 26 janvier à la Commission européenne une suspension immédiate du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) sur les engrais.
L’Autriche, soutenue par 11 Etats membres dont la France, a demandé le 26 janvier à la Commission européenne une suspension immédiate du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) sur les engrais.
La pression monte contre la Commission européenne pour une exemption immédiate des engrais de son système de taxation du carbone aux frontières (MACF). Le 26 janvier, lors d’un conseil agriculture et pêche, soutenue par 11 pays (dont la France), l’Autriche a plaidé pour la suspension « immédiate » du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières pour les engrais.
Et ce jusqu’à ce que la possibilité de suspendre temporairement la MACF, comme promis par la Commission européenne, soit assurée, et qu’un mécanisme de compensation soit établi pour diminuer l’impact de la taxe carbone sur les agriculteurs.
Cette discussion faisait suite à une lettre adressée en ce sens, à l’initiative de la France, et cosignée par huit autres pays à la Commission (Bulgarie, Croatie, Grèce, Hongrie, Lettonie, Luxembourg, Portugal et Roumanie) en début du mois de janvier.
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La France demande la suspension de la MACF sur les engrais jusqu’en décembre 2026
« La situation des grandes cultures est alarmante », a déclaré Serge Lhermitte, directeur général de la performance économique et environnementale des entreprises, représentant le ministère de l’agriculture français lors du débat. Et d'appeler à suspendre immédiatement la taxe sur le carbone pour les engrais, avec effet rétroactif au 1er janvier 2026 et jusqu’au 31 décembre 2026.
La situation des grandes cultures est alarmante
« Il faut rapidement que les textes juridiques soient pris pour assurer l’approvisionnement en engrais pour la période culturale à venir », a ajouté le représentant de la France.
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Christophe Hansen reconnaît que la MACF inquiète toujours les agriculteurs
En réponse, Christophe Hansen, commissaire à l’agriculture, a reconnu que la taxe carbone sur les engrais faisait partie des motifs de contestation exprimés par les agriculteurs en décembre dernier et il y a encore une semaine devant le Parlement européen. Il a rappelé les ajustements proposés par la Commission en décembre et la promesse de pouvoir suspendre certains droits de douane réguliers sur les composants des engrais (urée et ammoniac) pour compenser le coût supplémentaire de la MACF. En décembre, la Commission avait aussi soumis des propositions visant à une suspension temporaire la taxe carbone « en cas de circonstances graves et imprévues » pouvant s’appliquer rétroactivement.
La Commission européenne annonce un plan engrais dans les mois qui viennent
« J’ai rencontré plusieurs représentants des agriculteurs en colère la semaine dernière et je sais que c’est un sujet qui est toujours source d’inquiétude », a déclaré le commissaire devant la presse à l’issue du conseil. « Dans les mois prochains, nous présenterons un plan pour les engrais », a-t-il poursuivi. Ce plan comprendra des mesures de court et moyen termes, pour réduire le recours aux fertilisants chimiques et réduire la dépendance de l'Union européenne aux importations.