Prairies : un hiver doux et pluvieux a dynamisé la pousse mais complique la mise à l’herbe
Une note agro-climatique réalisée dans le cadre du RMT Horizon prairies vient d’être publiée. Elle explique que les conditions hivernales, douces et pluvieuses, ont dynamisé la pousse mais ont compliqué la mise à l’herbe des animaux.
Une note agro-climatique réalisée dans le cadre du RMT Horizon prairies vient d’être publiée. Elle explique que les conditions hivernales, douces et pluvieuses, ont dynamisé la pousse mais ont compliqué la mise à l’herbe des animaux.
Les experts qui ont rédigé la note agro-climatique réalisée dans le cadre du RMT Horizon prairies expliquent que les conditions douces ont favorisé une reprise précoce et dynamique de la croissance de l’herbe dès la fin février 2026. Ils soulignent cependant « malgré des stocks sur pied élevés et une pousse soutenue, la mise à l’herbe reste limitée par des conditions de portance insuffisantes ». Selon eux, le retour d’un temps plus ensoleillé et plus doux à partir de début mars a permis un ressuyage progressif des parcelles.
Les bovins allaitant restent majoritairement en bâtiment
Dans ces conditions, les troupeaux laitiers ont commencé à sortir quelques heures dès le début du mois, tandis que les bovins allaitants restent majoritairement en bâtiment dans l’attente de meilleures conditions. Les experts observent que les opérations d’épandage, comme les mises à l’herbe, ont souvent été décalées ou réalisées dans des conditions parfois limites, notamment pour faire face à la nécessité de vider les fosses à lisier. Ils notent que les premières fauches de ray-grass d’Italie ont eu lieu à la mi-mars et devraient se généraliser dans les semaines à venir si les conditions météorologiques restent favorables.
Situation satisfaisante pour les fourrages annuels en Auvergne
Les situations sont contrastée selon les régions. En Auvergne, pour ce qui est des fourrages annuels, la situation est globalement satisfaisante. Les semis de prairies de l’automne sont en bon état. Seules quelques parcelles de céréales situées en bas-fonds ont pu être affectées par les excès d’eau de février, mais cela reste localisé.
En Rhône-Alpes, les méteils de plaine et piémont sont globalement assez riche en légumineuses , la vesce et les pois fourragers sont bien présents. Les premières fauches de ray-grass d’Italie ont eu lieu 10 à 15 jours plus tôt que d’habitude.
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Une quinzaine de jours d’avance pour les fourrages annuels en Franche-Comté
Pour ce qui est de la Bourgogne, de l’Aube et du Loiret, les semis d’automne sont globalement bien réussis grâce à de bonnes conditions d’implantation, même si certains ont souffert des crues hivernales. A ce stade, les ray-grass d’Italie sont bien développés. Certains éleveurs ont prévu d’ensiler mi-mars. Mi-avril, toutes les premières coupes devraient être faites.
En Franche-Comté, les reports de stock de fourrage sont importants. Les prairies semées à l’automne dernier profitent d’une météo relativement clémente, avec des pousses conséquentes. Les fourrages annuels ont entre 10 et 15 jours d’avance.
Les luzernes font grise mine en Bretagne
En Bretagne, les premières fauches de ray-grass d’Italie ont débuté mi-mars. Dans le Morbihan, les luzernes font grise mine après avoir passé l’hiver dans l’eau. Certaines parcelles de céréales semées à l’automne pourraient être retournées au printemps.
En Centre-Val-de-Loire, les premières fauches de ray-grass d’Italie ont été réalisées mi-mars. L’excès d’eau a pénalisé les légumineuses, qu’elles soient en culture pure ou intégrées dans des prairies multi-espèces. Les épisodes de gel de janvier ont occasionné des dégâts sur les fèveroles présentes dans les méteils.
Déprimage progressif dans le Grand-Est
Dans le Grand-Est, les éleveurs sont tentés de mettre le bétail au pâturage grâce aux conditions météo plus clémentes mais le manque de portance reste un facteur limitant. Ils privilégient un déprimage progressif, en attendant une mise à l’herbe plus généralisée, lorsque les parcelles auront suffisamment ressuyé.
Dans les Hauts-de-France, un débrayage partiel sera nécessaire pour maintenir la qualité fourragère. Les premières fauches de ray-grass d’Italie devraient intervenir rapidement.
Les vaches laitières pâturent quelques heures par jour en Normandie
En Normandie, les vaches laitières pâturent quelques heures par jour. Les niveaux d’herbe, bien maîtrisés à l’automne, limitent le risque de se faire dépasser à l’herbe. Les premières fauches de ray-grass d’Italie ont été réalisés mi-mars, notamment dans la Manche.
En Poitou-Charentes, les prairies poussent bien et les conditions météo de ces derniers jours vont aider cette pousse. Des premières coupes d’ensilage sur du ray-grass d’Italie ont été réalisées aux alentours du 15 mars.
Conditions de portance très hétérogènes en Aquitaine
Dans le Limousin, l’herbe pousse vite et les couverts sont en avance. La mise à l’herbe a débuté en avance en Corrèze mais la portance des sols reste très aléatoire pour une mise à l’herbe précoce.
En Aquitaine, la pousse de l’herbe s’est maintenue tout au long de l’hiver. Certaines parcelles ont été inondées. Les conditions de portance restent très hétérogènes, même si le ressuyage a été rapide sur les zones en coteaux. Pour certains lots d’animaux, la mise à l’herbe a débuté dès les premiers jours de mars.
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Les prairies temporaires ont bien poussé en PACA
En Occitanie, le redémarrage de la pousse de l’herbe s’est fait précocement. En février, les précipitations ont pu retarder ou empêcher la fertilisation de printemps, de même que la mise à l’herbe dans les zones les plus précoces de la région, en plaine.
Dans les Pays de la Loire, la richesse en azote de l’herbe, liée à la minéralisation a permis de réduire la complémentation azotée à l’auge. Les premières fauches de ray-grass d’Italie ont eu lieu mi-mars.
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, les fortes pluies ont perturbé la conduite des élevages. La portance des sols ne permet pas le mise à l’herbe. La luzerne est très belle et les prairies temporaires ont bien poussé. Mais les épisodes pluvieux ont empêché ou retardé le travail du sol pour les semis de printemps.