Aller au contenu principal

Finances
Pourquoi les agriculteurs ont un EBE supérieur aux autres indépendants

Le revenu brut d’un exploitant agricole est en moyenne plus élevé que celui d’un autre travailleur indépendant. Une affirmation du service de statistiques du ministère de l’Agriculture qui mérite toutefois plusieurs précisions.

paysage agricole
Pour un quart des exploitations agricoles, l’EBE est inférieur à 9 520 euros tandis qu’il est supérieur à 60 470 euros pour un autre quart.
© Pixabay

S’élevant à 41 550 euros en moyenne en 2018, le revenu brut d’un exploitant agricole (ou excédent brut d’exploitation EBE) était comparable à celui des boulangers ou des charcutiers et supérieur aux restaurateurs (29 040 euros) et aux dirigeants de petites entreprises industrielles (33 170 euros), selon une note Agreste publiée en décembre dernier portant sur les entreprises individuelles ou unipersonnelles de moins de 20 salariés.

Pour rappel, l’excédent brut d’exploitation (EBE) est la part de la valeur ajoutée produite qui revient à l’entreprise après déduction des frais de personnel.

Selon Agreste, les exploitants agricoles dégagent un revenu brut supérieur de 35% à celui de l’ensemble des indépendants des autres secteurs.

Cette affirmation mérite toutefois plusieurs précisions.

  • Si les exploitants agricoles présentent un revenu brut élevé, malgré un chiffre d’affaires généralement inférieur à celui des autres catégories, c’est parce que ce sont en général des entreprises peu intensives en travail, c’est-à-dire avec une faible part de masse salariale versée.

     
  • Cette moyenne cache de fortes disparités entre les exploitations agricoles. Ainsi pour un quart des exploitations agricoles, l’EBE est inférieur à 9 520 euros tandis qu’il est supérieur à 60 470 euros pour un autre quart. « La viticulture, les grandes cultures, les élevages de volailles sont les orientations agricoles présentant les plus forts niveaux de revenu », précise Agreste, à l’inverse des élevages bovins viande ou d’ovins-caprins. Il s’agit de la plus forte disparité enregistrée chez les travailleurs indépendants.
     
  • Les subventions accordées aux exploitations agricoles expliquent pourquoi, malgré ces fortes disparités, les « bas revenus » des agriculteurs ne sont en moyenne pas plus fréquents que dans les autres secteurs. En 2018, une exploitation agricole recevait en moyenne 21 190 euros de subventions alors que la majorité des autres indépendants n’en perçoivent pas ou de manière exceptionnelle (470 euros en moyenne). Les aides pèsent ainsi pour plus de la moitié de l’EBE des exploitations agricoles. « Sans ces subventions, le secteur agricole se placerait en dernière position du classement des revenus bruts moyens par secteur » souligne Agreste. Avant prise en compte des subventions, le revenu brut moyen des agriculteurs serait ainsi 1,5 fois plus faible que celui des autres indépendants.
  • Les exploitations agricoles enregistrent des charges s’amortissement bien supérieures aux autres secteurs d’activité, représentant 53% de leur EBE contre 22% pour les autres indépendants. Agreste souligne que pour produire 10 000 euros de valeur ajoutée agricole annuelle, l’exploitant agricole a besoin de 55 640 euros d’actif, là où il ne faut que 19 290 euros pour un indépendant du secteur industriel, 20 330 pour un restaurateur-hôtelier ou encore 13650 euros pour un charcutier ou un boulanger.
     
  • La rentabilité des capitaux investis par les agriculteurs est la plus faible de l’ensemble des indépendants avec en moyenne un euro de fonds propres investi en agriculture rapportant 1,6 fois moins que dans tout autre secteur d’indépendants.
  • Les structures agricoles s’avèrent aussi les plus endettées en valeur absolue avec en moyenne 138 020 euros de dettes en 2018 par exploitation, contre 97 260 euros en moyenne pour l’ensemble des indépendants. Pour autant ce n’est pas le secteur agricole qui présente le taux d’endettement le plus élevé avec un taux de 47% contre 56% pour l’ensemble des indépendants.

Les plus lus

Carte des zones réglementées, vaccinales I et vaccinales II pour la DNC dans le Sud-Ouest de la France au 27 janvier 2026.
Dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) : une première partie de zone réglementée levée dans le Sud-Ouest

Aucun cas de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) n'a été découvert depuis le 4 janvier 2026 en Ariège. Après la levée…

Agriculteurs rassemblés devant le Parlement européen à l’appel de la FNSEA, et des Jeunes agriculteurs et soutenu par le Copa-Cogeca ce 20 janvier.
Mercosur : « L’Europe ne peut pas être dure avec ses agriculteurs à l’intérieur et faible quand il s’agit de l’extérieur »

Près de 6000 agriculteurs, provenant de 15 Etats membres de l’Union européenne, sont rassemblés à l’appel de la FNSEA et des…

Cartes des foyers de FC03 et FCO8 depuis le 1er juin 2025
Les cas de FCO 3 et 8 se poursuivent sur le territoire

Selon les derniers chiffres du ministère de l’Agriculture en date du 29 janvier, 7531 foyers de FCO de sérotype 3 et 3362…

Le bâtiment de la Commission européenne à Bruxelles vu de l'extérieur, avec des drapeaux européens.
Budget PAC 2028-2034 : malgré l’annonce des 45 milliards d’euros mobilisables « le compte n’y est pas pour la France », estime Farm Europe

Malgré les récentes annonces d’Ursula von der Leyen sur le budget de la future PAC, « le compte n’y est pas pour la…

poules entrant dans un bâtiment
En Bretagne, la justice annule le permis de construire de quatre poulaillers, jugés trop proches du rivage

Les quatre poulaillers, dont le projet de construction avait fait couler beaucoup d’encre en Ille-et-Vilaine, n'auraient pas…

Main de souris d'ordinateur cliquant sur quatre graphiques en fond d'image.
Aides PAC : les conséquences illustrées de la réforme de 2023 pour comprendre qui sont les gagnants et les perdants

La réforme de la PAC en 2023 n’a pas été sans effets sur les aides versées, comme le soulignait un rapport d’Agreste publié en…

Publicité