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Pour la Confédération paysanne, « il est indispensable de ne plus perdre aucun agriculteur » souligne Laurence Marandola

À quelques mois des élections des Chambres d'agriculture, Laurence Marandola, porte-parole de la Confédération paysanne, revient sur les mobilisations agricoles, répond sur les désaccords avec la FNSEA et explique les objectifs du syndicat.

Laurence Marandola, porte-parole de la Confédération paysanne a accepté de nous recevoir le 19 avril sur sa ferme à Saleix en Ariège et répond à nos questions sur son rôle de porte-parole, la crise agricole et son traitement par les médias et le gouvernement, et les propositions de son syndicat à un an des élections des Chambres d'agriculture.

 

Depuis que vous êtes porte-parole de la Confédération paysanne, pensez-vous avoir contribué à améliorer la condition des agricultrices ?

Je pense que j'aurais contribué à ma façon, je vois des retours où des agricultrices et des femmes plus largement aussi disent combien c'est motivant pour elles de me voir mener des actions, prendre la parole, défendre la cause de l'ensemble des agricultrices et agriculteurs. 

Quelle a été votre plus grande frustration depuis un an comme porte-parole ?

C'est tellement engageant que j’ai peu de temps pour ce qui est important pour moi sur ma ferme. Ca durera le temps que ça durera. Voilà, je le savais et je fais avec.

Lire aussi : Depuis sa ferme en Ariège, Laurence Marandola défend un modèle agricole diversifié et dénonce le traitement de la crise agricole

Pensez-vous que la Confédération paysanne est suffisamment écoutée par les pouvoirs publics ?

Non, on estime que l’on n'a pas assez d’écoute. Et ce même à hauteur de ce que représente la Confédération paysanne dans le monde agricole aujourd'hui. 20% aux élections de 2019, on estime qu'il n'y a pas 20% dans les annonces du gouvernement qui correspondent à des propositions portées par la Confédération paysanne.

On estime que l’on n’a pas assez d’écoute

Quel est votre plus gros désaccord avec le syndicat majoritaire ?

Le plus gros désaccord, c'est que nous, on a un projet d'agriculteurs nombreux, rémunérés avec des bonnes conditions de travail, épanouis dans leur travail. Quand la FNSEA nous dit encore aujourd'hui qu'il va falloir accompagner vers la sortie des paysans en difficulté.

On a un projet d'agriculteurs nombreux, rémunérés avec des bonnes conditions de travail, épanouis dans leur travail

Un point d’accord avec la FNSEA ?

Je pense qu'il y en a en tout cas dans les propositions autour de l'élevage. Je pense que là, peut-être sur le discours, on a des points d'accord de vouloir soutenir l'élevage.

Un million d’agriculteurs en 2050, c’est toujours votre objectif ?

Oui, il est par là l'objectif pour nous, c'est indispensable de ne plus perdre aucun agriculteur, de stabiliser et ensuite d'augmenter pour faire face aux enjeux de souveraineté alimentaire. L’objectif de souveraineté alimentaire est dans le cadre du PLOA, mais je pense que l’on ne met pas les mêmes choses derrière cette expression. Si on veut recouvrir de la souveraineté alimentaire, ne serait-ce que relocaliser la production de fruits et légumes, ça passera par des paysans beaucoup plus nombreux sur tous les territoires français.

Votre objectif pour les prochaines élections des Chambres d’agriculture en janvier 2025 ?

Tous les départements sont ambitieux. Mon pronostic, c'est que l’on va progresser.

Tous les départements sont ambitieux, mon pronostic c'est que l'on va progresser

Si vous deveniez ministre de l’agriculture, quelle serait votre première mesure ?

La toute première, c'est d'établir la proportionnelle intégrale au scrutin des élections professionnelles. La mission d'être ministre de l'Agriculture, c'est de servir les intérêts, entendre, écouter et répondre aux problématiques de l'ensemble des agriculteurs dans leur diversité.

Une éleveuse de lamas peut-elle être représentative des agriculteurs ?

Moi, je suis la porte-parole de la Confédération paysanne. Je ne représente pas l'ensemble de l'agriculture française. Après, je pense que ce qu'on fait ici sur la ferme, avec des lamas, de l'arboriculture, des plantes aromatiques et médicinales, ce sont des productions qui sont extrêmement liées à ce territoire. Du coup, ça n'empêche sûrement pas de pouvoir porter la parole de l'ensemble de l'agriculture française.

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