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Une fabrique d'aliment à la ferme avec un stockage du blé en silo tour 

À la SCEA La Garenne, Pierre Lochou fabrique 3 400 tonnes d’aliments sur un de ses deux sites de production, soit la moitié des aliments nécessaires pour ses 620 truies, leur suite, et 8 000 porcs en façonnage. Maïs et blé sont stockés en silo tour.

Éleveur dans les Côtes-d’Armor, Pierre Lochou a accueilli Airfaf Bretagne lors d’une journée technique le 6 juillet dernier, pour une visite de sa fabrique d’aliments à la ferme (Faf). Une fabrique dont la particularité est de stocker à l’année du maïs et du blé humide. En reprenant en 1997 le site de Saint-Bihy déjà équipé d’une Faf, il ne souhaitait pas fabriquer son aliment, préférant se concentrer sur la technique d’élevage. Ce n’est qu’en 2008, qu’il démarre la fabrication d’aliments à sec pour ce site, avec l’utilisation de blé, d’orge et de complémentaires. Puis se met en 2011 au maïs humide avec l’achat d’un silo tour et d’une cuve de présoupe. Au fur et à mesure des années, des investissements sont réalisés autour de la Faf : augmentation des capacités de stockage pour pouvoir acheter des tourteaux de soja, colza et tournesol, automatisation de la fabrique, et enfin achat en 2020 d’un silo tour pour stocker du blé humide. Les capacités de stockage atteignent ainsi à ce jour 1 100 tonnes de maïs humide, 1 000 tonnes de blé et 400 tonnes d’orge, en partie produites sur les 80 ha de SAU de l’exploitation. Grâce au stockage du blé en silo tour, l’éleveur se soucie moins de son taux d’humidité, compris parfois entre 16 et 17 % dans cette région du centre de la Bretagne, et préfère se concentrer sur sa maturité. « Selon moi, stocker du grain bien mûr est essentiel. J’ai la chance d’avoir ma propre moissonneuse pour battre au bon moment. » Durant le remplissage des silos, du grain est puisé en même temps. « Cela permet d’augmenter la capacité de stockage. Par exemple 10 % de maïs vont être consommés durant sa récolte qui s’étale souvent sur un mois. »

224 euros par tonne d’aliments fabriqués

Pierre Lochou fabrique des aliments pour tous les stades physiologiques, excepté le 1er âge, pour son site de Saint-Bihy. Pour la campagne 2019-2020, il a calculé un coût matières premières de 224 euros par tonne en moyenne pour tous les aliments fabriqués. À cela s’ajoute un coût de fabrication qu’il estime entre 15 et 20 euros la tonne, sans prise en compte de l’amortissement. En totalisant l’aliment acheté pour son deuxième site d’élevage, l’éleveur calcule un prix moyen d’aliment de 241 euros la tonne tous aliments confondus entre septembre 2019 et septembre 2020.

Accroître les performances techniques

L’éleveur cherche à améliorer ses performances techniques et économiques, avec un objectif de 4 tonnes de viande vendues par truie et par an. Pour cela il mise sur la qualité de ses matières premières en battant lui-même ses céréales, et sur l’optimisation des valeurs nutritionnelles de ses aliments dont la formulation est réalisée par le service nutrition de la Cooperl. Pour améliorer l’appétence des aliments 2e âge et nourrain, il incorpore du maïs sec dans ces formules. Cette matière première a également pour avantage d’apporter certains acides aminés secondaires qui permettent d’équilibrer le profil protéique des aliments, d’acidifier l’aliment et ainsi le sécuriser d’un point de vue digestif. Il est séché grâce à la chaleur d’une méthanisation située à proximité de l’élevage : « les 30 euros par tonne de coût de séchage et de transfert sont justifiés par l’amélioration de la qualité des aliments ». Le séchage du maïs permet aussi d’utiliser le surplus de maïs quand le silo tour est rempli. Pierre Lochou recherche également une bonne rentabilité économique en travaillant sur son indice de consommation. « On a un objectif d’indice de consommation globale en dessous de 2,6. On rationne les femelles et les mâles entiers se rationnent seuls. On est équipé d’auges rondes. L’aliment est distribué en deux demi-repas matin et soir. » Des efforts qui payent puisque l’élevage a un indice standardisé 8-115 kilos de 2,34. Les carcasses sont en moyenne à 62,2 de TMP.

Le coût des équipements :

Silo tour en 2011 (1 000 tonnes) : 80 000 € (avec poumon, soufflerie et électricité) + maçonnerie : 18 000 €
Silo tour en 2020 (1 000 tonnes) : 92 000 € (sans poumon, ni soufflerie) + électricité : 8 000 € + reprise : 9 000 € + maçonnerie : 28 000 €
Élévateur en 2020 (d’occasion) : 45 000 €

Une journée technique organisée par Airfaf Bretagne

La journée technique Airfaf Bretagne suivie par 33 participants s’est poursuivie à la station expérimentale des Chambres d’agriculture de Bretagne à Crécom, avec les interventions de LG Semences et Vitalac. LG Semences est venu présenter son travail autour des semences de maïs destinées aux éleveurs « fafeurs » pour leur proposer des variétés adaptées d’un point de vue agronomique et nutritionnel. Ces variétés, labellisées HPP (haute performance en porc), apportent davantage d’énergie et de lysine, tout en maintenant de bonnes performances agronomiques. Les représentants de Vitalac sont quant à eux intervenus sur l’intérêt du stockage des céréales humides en silo tour et l’acidification des présoupes et des soupes. Enfin, Airfaf Bretagne a profité de sa journée technique pour présenter les résultats d’une enquête sur les Faf des éleveurs bretons, réalisée en partenariat avec la Chambre d’Agriculture de Bretagne, Eureden, Evel’up, Porc Armor Évolution, Porélia et Le Gouessant (voir Réussir Porc mai 2021).

Contact : Constance Drique – 06 43 95 70 96 – constance.drique@bretagne.chambagri.fr

Simplifier la fabrication d’aliments

Également propriétaire d’un autre élevage, Pierre Lochou a travaillé à simplifier la conception de sa fabrique d’aliment afin qu’elle soit utilisable par tous ses salariés. « Je peux être absent toute la semaine sans que les gars et les filles ne me demandent rien. » Il souhaitait également rendre moins chronophage la fabrication afin de pérenniser sa main-d’œuvre : « la fabrique, c’est la partie qui agaçait les salariés ». Ces objectifs ont d’abord été menés à bien grâce à l’automatisation de toute la fabrique dont l’ensemble a été informatisé. « Le côté informatique de la fabrique est plutôt bien pris en charge par les jeunes salariés. » D’autres investissements ont été réalisés pour permettre de gagner du temps. En 2020, l’éleveur a profité de l’achat du dernier silo tour pour s’équiper d’un nouvel élévateur pour le remplissage de ses silos, et pour rénover son nettoyeur. En outre, les matières premières sont désormais broyées avec un broyeur à disques dont l’écartement s’adapte à la matière première et à la granulométrie souhaitée. Enfin, étant équipé de sa propre moissonneuse-batteuse, l’éleveur prend son temps pour bien battre le maïs, ce qui lui permet de s’abstenir de le nettoyer à nouveau avant stockage. Les objectifs initiaux semblent atteints puisque les salariés estiment désormais ne passer que trente minutes par jour en routine dans la fabrique (hors récolte, entretien, achats des matières premières et nettoyage). Un gain de temps qui permet aussi de passer du temps sur des tâches auparavant délaissées, comme la vérification à chaque GTE des jauges de contraintes, essentielle selon l’éleveur qui remarque « des dérives trop fréquentes ». La simplification se poursuit encore avec bientôt la création d’un lien entre les logiciels de fabrication et de distribution d’aliments en soupe.

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