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Un outil pour suivre les consommations d’eau et d’énergie dans les élevages de porcs

Le suivi précis des consommations d’eau et d’énergie de son élevage est désormais possible grâce à l’outil Geep de l’Ifip et ses nouvelles fonctionnalités. Une réponse aux exigences de la réglementation IED qui s’applique aux plus gros élevages.

Les données partagées au sein du réseau GEEP par plus de 500 éleveurs révèlent de grandes variations entre élevages sur les consommations d’eau. © D. Poilvet
Les données partagées au sein du réseau GEEP par plus de 500 éleveurs révèlent de grandes variations entre élevages sur les consommations d’eau.
© D. Poilvet

Depuis janvier 2021, l’outil Geep (gestion environnementale des élevages porcins) développé par l’Ifip permet aux éleveurs de porcs un suivi précis de leurs consommations d’eau et d’énergie. L’éleveur commence par ajouter ses compteurs d’eau et d’énergie dans l’outil, puis, quand il le souhaite et régulièrement, il y indique des relevés datés pour chacun des compteurs. Il obtient en sortie, une quantification et une variation dans le temps de ses consommations. Très simple donc, mais quel est l’intérêt ? Pour les élevages de plus de 750 truies ou 2 000 places de porcs charcutiers, ce suivi permet de répondre aux exigences de la directive IED et du Bref élevage (MTD 29). Ils doivent établir des relevés de consommations d’eau et d’énergie une fois par an au minimum pour pouvoir les présenter en cas de contrôle. Les relevés doivent être réalisés au moyen d’appareils de mesure appropriés (compteurs, facture) et saisis dans un outil : c’est là qu’intervient Geep !

Des éléments d’explication de consommations anormales

Pour tous les éleveurs, ce suivi dans Geep constitue une étape de diagnostic et permet de se situer, en se comparant à des références ou à d’autres élevages du réseau Geep. Des éleveurs pourront ainsi constater des valeurs énergétiques faibles qui attestent de l’efficacité de ventilateurs économes achetés récemment par exemple, ou de l’installation d’abreuvoirs économes. D’autres éleveurs constateront que leurs consommations sont parmi les plus élevées et pourront ainsi trouver des éléments d’explication avec leur conseiller. Ils pourront aussi consulter dans l’outil les bonnes pratiques pour s’améliorer. Les données partagées au sein du réseau Geep par plus de 500 éleveurs depuis 2015 confirment de grandes variations entre élevages sur les consommations d’eau et d’énergie, et ceci en considérant les consommations par porc produit pour permettre la comparaison malgré les différentes tailles d’élevage. Ainsi, sur 70 élevages naisseurs-engraisseurs achetant leurs aliments et ne traitant pas leurs effluents, le coefficient de variation des consommations d’énergie et d’eau est proche de 45 %. C’est très élevé au regard d’autres paramètres environnementaux comme les excrétions azotées pour lesquelles la variation est plus réduite (18 %).

Des marges de progrès importantes

Des améliorations sont donc possibles pour de nombreux éleveurs. La bonne nouvelle est que cela se traduit en euros. L’amélioration d’un écart-type pour un élevage naisseur-engraisseur de 250 truies représente une réduction de 14,9 m3 d’eau et de 380 kWh, par truie présente par an. Au tarif de 0,12 €/kWh cela fait une économie annuelle de près de 11 400 euros. Pour l’eau, même si elle n’est pas payée par certains éleveurs équipés de forage, l’économie est plus indirecte mais bien réelle. En effet, tout litre d’eau consommé engendre 0,7 l d’effluent qu’il faut stocker et épandre. Cette gestion est estimée à 3 €/m3 cela fait donc une économie de 7 800 euros supplémentaire par an.

Repères

Geep calcule les performances environnementales de l’élevage

Geep est un outil web gratuit de l’Ifip co-construit avec la filière. Il permet aux éleveurs porcins de calculer leurs performances environnementales, de se comparer entre élevages et d’accéder à une liste de bonnes pratiques pour progresser. Il aborde les consommations de ressources naturelles (eau et énergie, les rejets en azote et phosphore, les pertes gazeuses sous forme d’ammoniac et de gaz à effet de serre et la production de déchets). 530 éleveurs se sont inscrits et près de 690 diagnostics ont été réalisés à ce jour. L’outil s’est par ailleurs sans cesse amélioré permettant petit à petit de nouvelles fonctionnalités comme l’édition des Bilans réels simplifiés (BRS) et des déclarations annuelles d’émissions d’ammoniac (Gerep).

Côté web

geep.ifip.asso.fr

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