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« Tous les projets de la Cooperl sont examinés sous l’angle carbone »

La Cooperl a pour objectif d’accélérer la décarbonation de sa filière, de l’élevage jusqu’aux outils de transformation. Pour cela, elle compte sur sa R & D et les actions déjà engagées, notamment au niveau de la production.

« Tous les projets de la Cooperl sont examinés sous l’angle carbone »

Chargé d’études environnement à la Cooperl depuis trois ans, Michaël Bérard s’est vu confier la lourde charge de réaliser le bilan carbone complet de l’entreprise (outils industriels, transports), mais aussi des élevages de ses adhérents. « Les process industriels concernent moins de 10 % des émissions carbone du groupe, souligne-t-il. L’essentiel se situe au niveau de la production des matières premières agricoles. Il fallait donc obligatoirement prendre en compte ce maillon de la filière pour construire une stratégie de décarbonation ambitieuse et réellement efficace. » Michaël Bérard rappelle les objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES) fixés par la France pour 2050 par rapport aux données de 2015 : -46 % en agriculture, -100 % dans les transports et -81 % dans l’industrie.

Méthanisation, alimentation et cultures

« À la Cooperl, nous souhaitons atteindre ces objectifs dès 2040, afin d’accélérer la réalisation des projets, en particulier sur la partie élevage. Pour cela, nous avons la chance de pouvoir nous adosser à nos travaux de R & D faits en interne depuis plus de 20 ans. Beaucoup de ces projets répondent déjà à cet objectif de décarbonation des élevages. » Il énumère les trois principaux leviers permettant de réduire significativement les GES en élevages de porc : « la méthanisation des effluents d’élevage, le levier alimentaire (baisse de l’indice de consommation, nutrition de précision, provenance des matières premières…), et les cultures (gestion de la fertilisation, travail du sol), le sol étant par ailleurs un moyen important de stocker du carbone », rappelle-t-il.

La partie alimentaire est la plus facile à mettre en œuvre. « Avec le programme Synaps qui inclut quatre phases d’alimentation en engraissement, nous réduisons les émissions de GES en répondant aux stricts besoins des porcs, sans dégrader les performances, explique Bertrand Convers, délégué aux relations extérieures du groupe Cooperl. Le mâle entier constitue également un outil pour gagner en indice de consommation, et donc réduire les GES, en consacrant moins de cultures à leur alimentation. » Autre technique dans le viseur de la Cooperl, la méthanisation, associée à l’évacuation fréquente des déjections par raclage en V, produit d’excellents résultats. « Selon une étude réalisée par l’Ifip, c’est le moyen le plus efficace mis à disposition des éleveurs pour décarboner leurs élevages. Mais il n’y a pas de solution unique », souligne-t-il. De la simple méthanisation passive sur les fosses à lisier existantes jusqu’à la méthanisation intégrée dans une économie circulaire mise en place en 2019 par la Cooperl à Lamballe, il existe plusieurs solutions à adapter en fonction de la configuration des élevages. « Cette approche doit aussi être intégrée dans une démarche globale de responsabilité sociétale des entreprises qui inclut les aspects sanitaires, environnementaux et sociétaux. » Sandrine Dumoulinneuf, responsable environnement au groupement, précise que le travail de sensibilisation des éleveurs a déjà commencé au sein du groupe. « Nous avons déjà réalisé plus d’une centaine de diagnostics avec l’outil Geep afin de mettre en évidence les pistes permettant d’améliorer le bilan carbone des élevages. Ces travaux vont permettre d’engager les éleveurs Cooperl dans le label Bas carbone. »

Un coup de pouce à l’investissement

Elle souligne cependant que ce label doit faciliter la recherche de financement, mais qu’il ne le garantit pas. « Le marché est pour l’instant volontaire. Il est donc difficile de prédire quel sera l’équilibre entre l’offre et la demande, met-elle en garde. L’approche prudente et pragmatique est de considérer ce dispositif non pas comme une source de revenu, mais comme un coup de pouce permettant d’avoir un meilleur temps de retour, pour des investissements souvent conséquents. »

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