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Retour progressif aux niveaux de consommation de produits du porc de 2019

Après une forte embellie en 2020, la consommation de produits du porc semble retrouver peu à peu des niveaux comparables à l’avant-crise sanitaire. Les produits élaborés de porcs progressent cependant de +4 %.

Retour progressif aux niveaux de consommation de produits du porc de 2019

Après une érosion continue de la consommation à domicile des produits carnés en volumes d’achat entre 2014 et 2019 (-1,8 % par an), le cumul annuel mobile à fin février 2021 traduisait une inversion de tendance avec +7,5 % par rapport à 2020.

Depuis mars dans un retour progressif à la normale, les volumes de produits carnés ont fortement baissé en consommation à domicile. Mais ce recul s’est réduit de mois en mois avec un atterrissage à -4,0 % en septembre 2021 par rapport à 2020 et le niveau de consommation sur ce même mois est proche de celui de 2019 (+0,5 %). Par espèce, les segments les plus dynamiques en 2020 (bœuf haché, volaille, viande de porc et charcuterie) sont également ceux qui affichent les plus fortes baisses au cumul de mars à août 2021.

 

 

 

Ces familles voient pour la plupart leurs performances s’améliorer en septembre. En revanche, le bœuf piécé, privé des débouchés en restauration, n’avait pas autant bénéficié de la crise sanitaire. En sortie de crise, il a profité de l’engouement des Français pour les aliments plaisirs réconfortants tout en étant rattrapé en septembre par les tensions prix. Le traiteur libre-service à +4,1 % en volume d’achat de mars à août 2021 par rapport à 2020, retrouve de la dynamique, soutenu par la recherche de praticité. 

En porc, les volumes d’achat en septembre 2021 par rapport à 2019, tendent vers leur niveau de consommation d’avant crise en viande hors élaborés (-0,1 %) et en charcuterie (-0,3 %). Ils le dépassent en élaborés de viande (+4,1 %). Par famille de produits au sein de la charcuterie, les approches sont contrastées. Les jambons cuits, les jambons secs et les pâtés pèsent 82 % des pertes en volume d’achat alors que les lardons-poitrine-bacon, les saucissons secs et les pâtes fines résistent et absorbent 84 % des gains.

Attrait pour les produits premium et les premiers prix en charcuterie

Dans un contexte de déséquilibre entre offre et demande et un prix des pièces de découpe de viande de porc orienté à la baisse, de mars à août 2021 comparée à 2020 la viande de porc brute accuse un repli de 13,4 % en dépenses et de 11,4 % en volumes d’achat compte tenu d’un prix en baisse de 2,2 %. En revanche en charcuterie hors saucisserie sur la même période, sous l’effet d’un prix moyen à +1,0 %, les dépenses affichent -3,8 % et les volumes d’achat -4,7 %.

 

 

 

La période relate à la fois selon les populations un attrait pour les produits à haute valeur ajoutée via les produits « sans » et éthiques en croissance à deux chiffres tous produits et le retour de la dynamique promotionnelle. Entre mars et août 2021, la pression promotionnelle est à +19,6 % en viande de porc et +9,7 % en charcuterie. Au-delà de ce constat, la réalité en charcuterie est plus nuancée avec un regain des premiers prix. Comparativement au cumul à fin septembre 2019, les premiers prix (10 %) et les marques de distributeurs (30 %) gagnent à fin septembre 2021, respectivement 1 point de part de marché (PDM) en dépenses sur les marques nationales (60 %).

Développement du service au travers de l’e-commerce

De nouvelles habitudes de parcours d’achat se sont installées. Le drive et la livraison à domicile comptent 27 % d’adeptes en 2021 pour un circuit qui atteint 7 % de PDM en volume d’achat en charcuterie à fin septembre 2021, soit +3 points par rapport à 2019. En revanche, les circuits physiques de l’hypermarché, les EDMP (1) et les circuits spécialisés souffrent d’une baisse de fréquentation qui se traduit par une baisse de PDM.

 

 

 

Les supermarchés au regard de leur taille d’offre et de leur proximité géographique résistent mieux. Les circuits de distribution se diversifient et une multiplication de concepts se développe tels que le drive piéton, le quick commerce ou le social commerce. S’y ajoute la livraison hors domicile dont la digitalisation pourrait amputer potentiellement à terme des parts d’estomac à la grande distribution. Outre le risque de réduction de l’offre, la clé d’entrée n’est souvent plus uniquement le produit mais la recette contribuant potentiellement à diluer les efforts de valorisation amont au sein de la filière, constituant un défi supplémentaire pour celle-ci.

(1) EDMP : Enseignes à dominante marques propres
Sources : Kantarworldpanel, CHD Expert, Insee, Banque de France, Dares, sondage Odoxa-Groupama, Protéines XTC.

Vers de nouveaux équilibres de consommation

La réouverture de la restauration commerciale et la levée progressive des restrictions liées au Covid-19 marquent une étape vers la sortie de la crise. Avec 26 % d’actes de consommation de juin à août 2021 contre 27 % fin 2019, la restauration commerciale revient presque à son niveau d’avant-crise. Elle a su s’adapter en multipliant par 2,4, son chiffre d’affaires réalisé en restauration livrée par rapport à 2019, couvrant ainsi largement le déficit de la restauration à table. Ce rééquilibrage progressif de la consommation en restauration participe au tassement des ventes en consommation à domicile en contrecoup d’une année record. De mars à août 2021 comparativement à 2020, les produits de grande consommation frais libre-service sont à -6,2 % en volumes d’achat alors qu’à fin février 2021 soit après 1 an de crise sanitaire, ils affichaient encore +8,6 %. Plusieurs facteurs peuvent éclairer l’ampleur de la reprise : la pratique du télétravail dont 80 % des repas sont pris à domicile, a continué à progresser fin 2020 pour se stabiliser début 2021. Elle concerne désormais 23 % des salariés contre 7 %, fin 2019. Ensuite, la situation économique et la confiance des Français dans leur avenir jouent également. 30 % d’entre eux ont vu leur situation financière se dégrader alors que le regain d’épargne à +6,4 % en 2020 par rapport à 2019, s’est concentré sur les 30 % plus aisés. Selon Kantar, la population des « vulnérables » pèse toujours près d’un tiers des foyers et celle des « préservés », 20 % de la population. En septembre 2021, avec l’envolée des prix de l’énergie, l’inflation est repassée au-dessus de 2 % selon l’Insee et 75 % des Français ont la perception d’une perte de pouvoir d’achat d’après Odoxa. Parmi les autres signaux, la recherche de sécurité alimentaire et de transparence favorise la consommation à domicile via le recours aux notations des produits. Selon Santé publique France, 57 % des Français déclarent avoir changé au moins une de leurs habitudes d’achat en 2020 consécutivement à la lecture du Nutriscore, contre 43 % en 2019.

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