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Les dépenses de santé toujours en baisse dans les élevages de porcs bretons

L’utilisation des médicaments curatifs dans les élevages de porcs poursuit sa diminution au bénéfice des actions préventives. Cette évolution s’explique notamment par une nouvelle baisse des recours aux antibiotiques.

Les dépenses de santé sont aujourd'hui largement destinées à des actions préventives, telles que la vaccination des porcelets.
Les dépenses de santé sont aujourd'hui largement destinées à des actions préventives, telles que la vaccination des porcelets.
© D. Poilvet

L’enquête sur les dépenses de santé en élevage porcin réalisée tous les quatre ans depuis 1991 par les Chambres d’agriculture de Bretagne s’est renouvelée en 2021. 

Elle démontre que la baisse observée depuis 2013 se poursuit, surtout pour les dépenses en supplémentations qui sont 56 % plus faibles en 2021 par rapport à 2017. Le bilan est positif et reste toujours cohérent avec les attentes de la filière et des services publics, avec des dépenses désormais largement destinées aux actions préventives. Il en est de même de l’utilisation des antibiotiques, dont la baisse d’utilisation est visible grâce aux calculs d’exposition des animaux à ces molécules. Le bilan global est donc positif, même si la baisse ralentit par rapport aux années précédentes.

Baisse de 8 % des dépenses de santé en quatre ans

En moyenne, les éleveurs ayant participé à l’enquête ont dépensé 5,59 euros pour 100 kilos de carcasse (100 kg carc) en 2021, équivalents à 133 euros par truie présente, contre 6,07 euros par 100 kilos de carcasse en 2017.

 

 

 

Les dépenses de santé sont donc en baisse constante depuis 2005. Cependant, cette baisse est plus lente depuis 2013. La marge de progression est en effet plus faible. L’hétérogénéité entre les élevages est toujours aussi importante : les dépenses en 2021 varient entre 1,36 et 9,74 euros par 100 kilos de carcasse. Les élevages ayant des dépenses inférieures à 4 euros par 100 kilos de carcasse représentent 14 % de l’échantillon, tandis que 8 % de l’échantillon dépensent plus de 8 euros par 100 kilos de carcasse.

La part du préventif augmente

Le poste préventif, composé des dépenses en vaccins et en produits de conduite, représente 82 % des dépenses de santé totales en 2021, contre 77 % en 2017.

 

 

 

Les vaccins sont de loin le premier poste des dépenses, avec en moyenne 3,46 euros par 100 kilos de carcasse, soit 62 % des dépenses totales, contre 59 % en 2017. Les produits de conduite suivent, représentant 1,11 euro par 100 kilos de carcasse. Le poste curatif, composé des dépenses en antibiotiques et anti-inflammatoires injectables ou en supplémentations, représente 17 % des dépenses de santé totales, contre 23 % en 2021. Les dépenses en injectables (0,67 €/100 kg carc) sont supérieures aux dépenses en supplémentations (0,31 €/100 kg carc.). La part du curatif continue donc d’évoluer dans le sens souhaité. Les services, composés des honoraires des vétérinaires et des analyses, représentent 0,04 euros par 100 kilos de carcasse, soit 0,7 % des dépenses de santé totales.

Des soins essentiellement destinés aux truies

L’analyse des résultats selon le stade physiologique montre que ce sont les truies qui concentrent le plus de dépenses de santé, avec en moyenne 2,05 euros par 100 kilos de carcasse.

 

 

 

Viennent ensuite les porcelets en post-sevrage (1,69 €/100 kg carc) et les porcelets sous la mère (1,60 €/100 kg carc). Les porcs charcutiers représentent la plus faible part des dépenses de santé, avec 0,18 euro par 100 kilos de carcasse. Il reste ensuite 0,17 euro par 100 kilos de carcasse sans affectation à un stade physiologique précis. En quatre ans, la part des dépenses chez les porcelets sous la mère a fortement augmenté, passant de 18 % du total des dépenses en 2017 à 27 % en 2021. Cela s’explique par plus de dépenses vaccinales pour cette catégorie d’animaux.

Merci à Rachel Legrand pour son travail dans ce projet dans le cadre de son stage de fin d’études d’ingénieure agronome à l’ESA d’Angers et aux éleveurs qui ont participé à cette étude.

Repères

Les détails de l’enquête

L’enquête a été conduite dans 51 élevages de porcs naisseur-engraisseur bretons. Parmi eux, 22 avaient déjà participé à la précédente enquête de 2017. La quasi-totalité (92 % des élevages enquêtés) est engagée dans un ou plusieurs cahiers des charges, avec 19 élevages produisant des porcs sans antibiotiques à 42 jours et 7 élevages de porcs sans antibiotiques à 0 jour. Cette enquête est basée sur le recueil des documents GTE et G3T des élevages participants, ainsi que des factures d’achats de produits de santé sur l’année 2021. Les enquêteurs ont demandé aux éleveurs de ventiler les produits vétérinaires présents sur les factures selon le stade physiologique pour lequel ils sont administrés.

L’exposition des porcs aux antibiotiques est en constante diminution

L’Alea (Animal Level of Exposure to Antimicrobials) est un indicateur standardisé d’exposition des porcs aux antibiotiques. Plus il augmente, et plus l’élevage utilise des antibiotiques. En 2021, sa valeur moyenne par élevage est de 0,23 ± 0,18.

 

 

 

Il existe une forte hétérogénéité entre les élevages, le minimum étant de 0 (deux élevages n’ont pas acheté d’antibiotiques en 2021), le maximum de 0,87. L’Alea de cette étude semble être cohérente avec les données du Panel Inaporc, (0,29 en 2019). L’Alea pour les antibiotiques injectables et pour les antibiotiques par voie orale (hors prémélange médicamenteux) est de 0,11. Il est de seulement 0,01 pour les antibiotiques en prémélange médicamenteux, utilisés par seulement sept élevages sur les 51 enquêtés. Tous les élevages consommateurs d’antibiotiques ont utilisé des antibiotiques par voie injectable et 96 % d’entre eux ont fait appel aux antibiotiques par voie orale (hors prémélange médicamenteux).

Pas d’utilisation de céphalosporines

En ce qui concerne les familles d’antibiotiques utilisées, les pénicillines sont celles dont l’Alea est le plus élevé. Les familles d’antibiotiques critiques sont les fluoroquinolones et les céphalosporines de 3e et 4e générations. Dans l’échantillon d’élevages enquêtés, aucun n’a utilisé ce type de céphalosporines. Les fluoroquinolones ont été achetées par onze élevages, mais leur Alea est faible (0,0012). L’Alea pour la colistine est de 0,05. Ce produit n’est pas un antibiotique critique, mais son utilisation est fortement surveillée. Sur les 49 élevages consommateurs d’antibiotiques, 45 ont acheté des médicaments contenant de la colistine en 2021.

Les données relatives aux antibiotiques exprimées en Alea ont été analysées selon la méthodologie de l’Anses-ANMV et du Panel Inaporc.

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