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Les crises sanitaires ont perturbé les échanges internationaux de viandes de porc en 2020

En 2020, la Chine a importé des volumes records de viande de porc, mais de nombreux freins ont pesé sur le commerce international. Dans ce contexte, la concurrence a été forte entre les exportateurs mondiaux.

L'Espagne est parvenue à se positionner comme le principal fournisseur de la Chine (ici, le port de Barcelone). © Réussir SA
L'Espagne est parvenue à se positionner comme le principal fournisseur de la Chine (ici, le port de Barcelone).
© Réussir SA

La Chine concentre plus de la moitié des volumes échangés dans le monde. En 2020, le pays s’est à nouveau imposé comme le premier importateur mondial. L’Empire du Milieu est toujours en proie à un fort déficit en viande de porc depuis la baisse de la production causée par l’épidémie de fièvre porcine africaine arrivée en 2018. Les importations de porc se sont élevées à 5,7 millions de tonnes (+63 % en 2020/19), pour une valeur qui dépasse 12,1 milliards d’euros (+72 % en 2020/19). La Chine importe principalement des viandes et pièces de découpe (75 % des importations). L’Espagne est parvenue à se positionner comme le principal fournisseur du pays, suivie par les États-Unis. La France se place au neuvième rang des fournisseurs, avec plus de 213 Mt exportées vers la Chine en 2020 (+30,4 % en un an). Ailleurs en Asie, les tendances sont plus contrastées. La pandémie de Covid-19 et la fermeture des points de restauration hors domicile ont pesé sur la demande de certains marchés d’Asie de l’Est. Au Japon et en Corée du Sud, les importations ont reculé de manière importante, respectivement -6,8 % et -28 % en 2020/19. Ces deux pays se caractérisent par une demande de produits élaborés de qualité supérieure.

Les Européens touchés par les crises sanitaires

En Europe, la Covid-19 a tout d’abord perturbé le secteur de l’abattage-découpe, en particulier dans les outils nord européens. La propagation de l’épidémie a entraîné des pertes temporaires d’accès au marché chinois pour plusieurs outils. Les exportateurs de l’Union européenne (UE) ont aussi pâti des perturbations dans les secteurs de la logistique et portuaire, avec des retards dans les ports, une pénurie de containers exacerbée, entraînant une flambée des coûts de transport. À cette situation s’est ajoutée l’arrivée de la FPA en Allemagne au mois de septembre. La réaction des marchés asiatiques a été immédiate. D’importants débouchés tels que la Chine, le Japon et la Corée du Sud ont fermé leur marché aux viandes allemandes.

Malgré ces difficultés, les exportations de l’UE ont atteint 5,3 millions de tonnes en 2020 (+18,8 % en un an) pour une valeur de 12,5 milliards d’euros (+23,4 % en un an). L’Espagne a confirmé sa place de leader sur la scène internationale et a vu ses ventes toutes destinations se développer de manière intense durant toute l’année (+22 % en un an), et en particulier vers les marchés tiers (+56 % en un an). Tout comme l’Espagne, le Danemark a aussi bénéficié de la forte demande sur le marché de l’export (+8 % en un an). En revanche, les exportateurs allemands ont réalisé de moins bons résultats que l’an dernier (-6,8 % en un an). La France s’est positionnée comme le cinquième exportateur européen avec près de 764 Mt expédiées en Europe et dans le monde, stable par rapport à 2019 (+0,6 % en un an). Le marché de l’export a représenté plus de 1,6 milliard d’euros pour la France, en hausse (+4,8 % en un an).

Les Américains et Brésiliens très compétitifs

Bien que très impactés par la crise de la Covid-19, les marchés américains et brésiliens ont tout de même développé leur positionnement à l’international et en particulier comme fournisseurs des pays asiatiques. De plus, les viandes américaines et brésiliennes ont joui d’une double compétitivité, en termes de prix intérieurs de la viande et d’avantage monétaire par rapport aux viandes européennes. Les États-Unis ont donc vu leurs exportations progresser de 14,5 % en un an et se sont positionnés comme le deuxième fournisseur de la Chine et le premier fournisseur du Japon. Les ventes canadiennes ont aussi progressé de manière importante sur la scène internationale (+18 % en un an), compensant les difficultés d’exporter vers la Chine en 2019. Enfin, les Brésiliens sont les grands gagnants sur l’échiquier mondial. Les exportations brésiliennes ont augmenté de 45 % en 2020, avec des débouchés qui se sont développés en Asie.

USA et Espagne : une croissance formidable à l’export

 

 

La Chine absorbe les volumes mondiaux

 

 

Les échanges vont s’intensifier en 2021

En 2021, la concurrence sur le marché de l’export se renforcera. La mise en place de stratégies vaccinales partout dans le monde et la situation sanitaire dégradée dans les marchés d’Asie permet d’envisager un regain de la demande internationale, en particulier en Asie de l’Est. Les échanges mondiaux de viandes de porc devraient donc rester intenses et ces perspectives de croissance s’observent d’ores et déjà au premier trimestre. En Chine, la demande à l’import est soutenue (+10 % en deux mois 2021/20). Ce regain d’importations à cette époque de l’année est lié à la recrudescence des épidémies dans le pays et à un stockage préventif de produits importés. Ailleurs en Asie, les importations japonaises sont en net recul (-22 % en un an), tout comme en Corée du Sud (-12 % en un an). La demande globale au Japon et en Corée du Sud est encore affectée par la crise de la Covid-19 et les reports de la consommation hors foyer à domicile qu’elle génère. La demande en produits importés congelés est plus faible en l’absence des débouchés liés au secteur de la restauration. En revanche, les importations philippines, singapouriennes et vietnamiennes se développent. Le déficit de production est important sur ces marchés. Le gouvernement philippin a par ailleurs récemment relevé le seuil d’importation de viandes et coproduits du porc. Les importations bénéficieront aussi de barrières tarifaires préférentielles.

Début 2021 : hausse de la demande asiatique

 

 

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