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[VIDEO] Les Chambres d'agriculture de Bretagne évaluent l’utilisation des matériaux manipulables par les porcs

La manière dont les porcs utilisent les objets manipulables placés dans les cases de post-sevrage et d’engraissement dépend non seulement de la nature des objets, mais aussi et de leur accessibilité.

Le nombre d’interactions et le temps d’utilisation des matériaux manipulables traduisent le besoin comportemental pour l’animal de fouiller et de manipuler. Les objets présentés leur permettent d’assouvir ce besoin, mais tous ne sont pas utilisés au même niveau. Entre la diversité des matériaux manipulables proposés par les équipementiers, et ceux que les éleveurs peuvent fabriquer eux-mêmes, les solutions sont nombreuses pour répondre à la réglementation, mais aussi réduire le risque de caudophagie ou simplement favoriser le comportement et le bien-être du porc. Un test associant plusieurs couples de matériaux manipulables, tous disponibles auprès des équipementiers, a été réalisé à la station de Crécom en post-sevrage et en engraissement. Les porcs ont été observés à l’aide de caméras 10 heures par jour, deux fois au cours du post-servage et six fois au cours de l’engraissement. Quelques enseignements sur ce travail.

Le temps consacré aux objets est important, surtout en post-sevrage

En moyenne, le temps dirigé par les porcs vers les deux matériaux de la case est compris entre 1 h 06 et 3 h 27 sur 10 heures pour les deux périodes d’observation en post-sevrage et entre 0 h 33 et 2 h 06 pour les six périodes en engraissement. On compte en moyenne 80 interactions vers les objets dans les cases de post-sevrage, et 37 en engraissement. Elles sont majoritairement de courtes durées et impliquent un seul porc, pour un mordillement ou un coup de groin de quelques secondes. Des séquences longues de plus d’une heure, où l’objet est manipulé de façon continue par un ou parfois plusieurs porcs qui prennent le relais sur l’objet, sont observées. En engraissement, le temps d’utilisation des objets décroît au cours du temps. Il est 4,4 à 6,5 fois plus important au cours de la deuxième semaine d’engraissement par rapport à la douzième semaine.

En post-sevrage, la corde en coton et le disque en amidon sont les objets les plus utilisés

En moyenne, la corde du coton est utilisée 2 h 20 sur les 10 heures d’observation, et 2 h 44 pour le disque en amidon. Pour le bois au sol, la corde de jute ou l’étoile en amidon, le temps d’utilisation moyen varie entre 1 h 10 et 1 h 26. Avec 49 minutes d’utilisation, le bois suspendu est peu utilisé comparativement aux autres matériaux sous-optimaux. En engraissement, le bois qui touche le sol est l’objet de plus utilisé, et celui placé en hauteur le moins. Avec en moyenne 1 h 12 d’utilisation sur les six périodes d’observation, le bois qui touche le sol est nettement plus utilisé que les autres matériaux sous-optimaux. Installé dans un cylindre à 30 cm de hauteur, le temps d’occupation du bois est réduit à six minutes. Les six interactions continues les plus longues observées en engraissement, de 46 à 72 minutes, l’ont été sur le bois qui touche le sol. L’accès est facile pour l’animal, qui peut le grignoter couché.

Les matériaux d’intérêt minime parfois plus utilisés que les sous-optimaux

Le temps d’utilisation de la chaîne métallique est en moyenne de 40 minutes en post-sevrage et de 24 minutes en engraissement. En engraissement, la chaîne est 1,2 à 4,5 fois plus utilisée que la paille compressée, la luzerne compressée ou le bois en hauteur placé dans la même case. Pour le disque en plastique, mis en place sur un nombre limité de cases, l’utilisation est de 1 h 25 et 51 minutes en post-sevrage et engraissement respectivement. L’objet et son support forment un tout, que l’animal utilise comme tel. Le disque de plastique ou la boule en amidon sont fixés sur une chaîne métallique qui pend du plafond ou d’une crosse sur la cloison de la case. Le porc utilise parfois davantage la chaîne que l’objet en lui-même.

Le positionnement des matériaux est au moins aussi important que sa nature

Les matériaux suspendus ont été placés à hauteur de groin de l’animal, pour faciliter la préhension par le porc. L’étoile, le disque en amidon et celui en plastique ont globalement le même aspect. Il s’agit de disques de 20 cm de diamètre environ. Ils sont facilement préhensibles par le porc dans sa gueule. La paille ou la luzerne compressée sont données dans des distributeurs qui laissent un accès réduit à l’animal, pour limiter la descente et réduire les coûts de fonctionnement. Malgré leurs caractéristiques intrinsèques, ces matériaux sont peu utilisés, le support limitant fortement l’accès.

Le coût ne fait pas nécessairement le résultat

En termes de coût, aucun objet ne peut rivaliser avec la chaîne métallique évaluée à 1 centime d’euro (c€) par porcelet et 3 c€/porc en engraissement. En post-sevrage, le coût de l’étoile en amidon (0,19 c€/porcelet), du disque en amidon (0,22 c€) ou en plastique (0,23 c€) est du même niveau que le coût de la corde en coton, avec le travail en moins cependant, la corde ayant été renouvelée six fois au cours du post-servage. En engraissement, le bois et son support reviennent à 14 c€/porc, contre 56 c€ et 66 c€/porc respectivement pour l’étoile ou le disque en amidon. La luzerne et la paille compressée reviennent respectivement à 81 et 98 c€/porc. Le temps de travail nécessaire pour le remplacement n’a pas été pris en compte.

Repères

Le porc doit pouvoir accéder à plusieurs matériaux manipulables pour exprimer son comportement de fouille et de manipulation. La réglementation a évolué en février 2020, et les matériaux « d’intérêt minime » telle que la chaîne métallique, doivent être associés dans la case à des matériaux « sous-optimaux » d’origine organique comme le bois ou des objets à base d’amidon.

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