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La prévention pour lutter contre les mouches en élevage

Les mouches adultes ne représentant que 15 % de la population totale, il ne faut pas attendre de voir les effectifs augmenter pour s’en préoccuper. Un programme de contrôle intégré est nécessaire pour lutter et surtout prévenir l’invasion.

La prévention pour lutter contre les mouches en élevage
© Chambres d'agriculture de Bretagne

Une mouche domestique peut pondre jusqu’à 1 000 œufs au cours de sa vie. La durée de son cycle varie entre une semaine et trois mois selon la température. Il est beaucoup plus rapide en saison estivale, ce qui peut conduire à un développement exponentiel des populations. Des mesures préventives sont le meilleur moyen d’éviter de se laisser déborder et de recourir à des traitements plus onéreux.

Cela passe d’abord par une bonne gestion des effluents et des conditions sanitaires tout au long de l’année. Les larves de mouches se développent dans des milieux humides tels qu’un lisier contenant des éléments solides ou un fumier en cours de décomposition. Elles ne se développent pas en milieu liquide. Il faut donc veiller à conserver la fluidité du lisier. Vidanger les effluents au moins une fois par semaine permet d’éviter la formation de croûtes et d’éliminer un grand nombre de mouches en cassant le cycle de développement des larves. L’ajout de liquéfiant dans le lisier favorise la dégradation de la matière organique par des bactéries et des enzymes en molécules solubles. Le brassage permet de réduire la formation de croûtes, mais il favorise aussi des émissions gazeuses sous forme d’hydrogène sulfuré et de méthane, dangereuses pour l’homme et les animaux. Le retournement du fumier favorise la montée en température et donc l’hygiénisation du tas tout en l’asséchant. Lutter contre le gaspillage d’eau et ventiler autant que possible dans la limite de ce que les animaux tolèrent permettent aussi d’éviter la condensation et l’accumulation d’humidité dans les fumiers. Le lavage complet des salles à chaque vide sanitaire réduit la population de mouches. Le nettoyage régulier des nourrisseurs limite aussi la chute de matériaux solides dans le lisier où les larves pourraient se développer. Par ailleurs, la présence de haies d’arbres autour des bâtiments et des abords propres limitent la propagation des mouches d’un lieu à l’autre.

Des auxiliaires biologiques pour tuer les mouches

L’utilisation de pièges mécaniques (bandes à glu, pièges électriques, brasseurs d’air) s’avère pertinente pour suivre l’évolution du nombre de mouches. Elle est aussi efficace en cas de faible infestation dans des lieux clos de faible volume. Lorsque la gestion des effluents et des conditions sanitaires et la lutte mécanique ne suffisent plus, un protocole de lutte biologique peut être mis en place. Des insectes prédateurs des larves de mouches domestiques sont introduits dans les bâtiments ou dans les ouvrages de stockage. Trois types sont commercialisés, inoffensifs pour les porcs, les hommes et l’environnement. Les mouches du lisier Ophyra anescens presque incapables de voler, sont cantonnées aux milieux sombres et humides tels que les fosses à lisier où leurs larves se nourrissent des larves de mouche domestique. Le premier lâcher de pupes doit être effectué lorsque les premières mouches domestiques apparaissent dans le bâtiment et après une vidange de préfosse, l’efficacité du traitement reposant sur un équilibre entre les deux populations. Les trois premiers lâchers sont réalisés tous les quinze jours pour favoriser l’étape clé de colonisation de l’environnement, puis une fois par mois. À noter que davantage de lâchers peuvent être nécessaires en cas de vidanges fréquentes des préfosses. Les mini-guêpes pondent dans les pupes de mouche domestique. Contrairement aux larves de mouches domestiques, elles préfèrent des litières sèches et doivent parcourir de plus grandes distances pour trouver les larves à parasiter. Les acariens polyphages s’utilisent dans les fosses à lisier ou les fumières après vidange où ils prédatent les œufs et les larves des mouches.

La lutte chimique en derniers recours

Si malgré tout l’infestation persiste, la lutte chimique peut être mise en place pour combattre efficacement et rapidement les mouches. Beaucoup de produits sont nocifs pour l’homme et nécessitent des équipements de protection individuels pour la peau, les yeux et les voies respiratoires. Il est important de changer régulièrement de principe actif, afin de prévenir toute apparition de résistance. De nombreuses substances actives existent et peuvent être appliquées de différentes manières (sprays, appâts, peinture, brumisation). Inspecter le lisier à l’aide d’une lampe torche et d’une canne pour effectuer des retournements permet de détecter la présence de larves. Celles-ci se développent généralement là où les pré-fosses reçoivent le moins de déjections liquides (abords des murs, sous les nourrisseurs, sous les couloirs de circulation). Il est préférable d’appliquer le larvicide sur toute la surface de la fosse pour une meilleure efficacité. Lorsque l’utilisation de larvicides ne permet plus de limiter la population de mouches, des adulticides plus onéreux, peuvent alors être appliqués là où se trouvent les mouches, généralement aux endroits lumineux (fenêtres, plafond). Attention toutefois, de nombreux produits ne sont pas compatibles avec l’agriculture biologique et ni avec les auxiliaires utilisés pour la lutte biologique.

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