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International : chute drastique des résultats des élevages de porc en 2022

La crise des prix des matières premières est bien là, en hausse de 34 % en moyenne, le prix de l’aliment a impacté le coût de revient des exploitations porcines en France comme à l'international. Celui-ci a augmenté pour l’ensemble des pays du monde étudiés par le réseau Interpig entre 2021 et 2022.

International : chute drastique des résultats des élevages de porc en 2022

L’année 2022 s’est poursuivie dans la même lignée que 2021. Tous les pays étudiés (1) du réseau Interpig présentaient des coûts de revient supérieurs aux prix perçus, exceptés les États-Unis.

Lire aussi : Productivité et coût du travail font la différence dans les élevages de porcs européens

 Seuls la France (2) et l’Allemagne voient leur résultat s’améliorer légèrement, mais rester négatif.

Coûts alimentaires au plus haut

L’année 2022 voit arriver une hausse record des prix des matières premières, qui impacte le coût de l’aliment porcin. La guerre en Ukraine exacerbe encore plus la situation tendue sur les marchés de l’alimentation animale. En moyenne parmi les pays étudiés, le prix de l’aliment augmente de 34 %. La hausse est légèrement plus faible en France (29 %), grâce à son autonomie en céréales et possiblement au rôle tampon assumé par les fabricants d’aliment. Nos principaux concurrents européens (Danemark, Espagne, Pays-Bas et Allemagne) souffrent d’une hausse plus importante, entre 34 et 36 %. Le poste « coût alimentaire » représente le plus gros poste de charge en élevage, et le boom des prix des matières premières rend l’importance de sa maîtrise encore plus prégnante. En 2022, ils représentent 56 % du coût de revient en Finlande, et jusqu’à 80 % au sud du Brésil.

 

 
International : chute drastique des résultats des élevages de porc en 2022

Des écarts de coût qui s’accroissent

La hausse des coûts ne se limite pas à l’aliment mais affecte aussi, à des degrés divers selon les pays, les autres postes de charges comme la main-d’œuvre, les amortissements mais aussi l’énergie. Ainsi, les écarts de coûts entre les pays s’accroissent en 2022 : les porcs lourds italiens coûtent plus de deux fois plus cher à produire que les porcs du sud du Brésil. Le Brésil fait partie des pays qui présentent la plus faible hausse des coûts de revient (+23 %), notamment grâce à sa production nationale de maïs et de soja. Si le Brésil distance progressivement les États-Unis, d’année en année, les pays d’Amérique présentent toujours les coûts de revient les plus avantageux, talonnés cependant par le Danemark, qui excelle par sa technicité. Cet écart avec nos concurrents outre-Atlantique s’explique par leurs prix de l’aliment très compétitifs et par des charges de main-d’œuvre et des prix des bâtiments globalement inférieurs à ceux des Européens. Les éleveurs français tirent leur épingle du jeu. La France arrive en 5e position des coûts de revient les plus faibles, grâce à des prix de l’aliment qui restent inférieurs à ceux des autres pays en moyenne, mais aussi notamment parce que ses coûts énergétiques restent stables en 2022, contrairement aux autres pays de l’UE. La hausse se fera certainement plus sensible en 2023 avec des contrats énergétiques impactés par l’inflation.

 

 
International : chute drastique des résultats des élevages de porc en 2022

Le grand écart des facteurs de production

Les différences de coût de revient existant entre les pays ne s’expliquent pas uniquement par les différences de coût alimentaire. Les prix des autres facteurs de production (main-d’œuvre, bâtiment), les autres charges diverses et les performances techniques des élevages en termes de productivité des truies, d’indices de consommation, de productivité du travail, de GMQ sont à considérer. La variabilité observée sur le poste main-d’œuvre s’explique en grande partie par les différences importantes entre pays sur le coût horaire du travail, de 2,80 euros par heure au sud du Brésil à 27,90 euros par heure aux Pays-Bas. Le Brésil reste toujours le plus compétitif sur ce poste de charge suivi des États-Unis et de l’Espagne. Les prix des bâtiments neufs sont en forte hausse, autour de 35 % en moyenne, et les écarts s’accroissent entre le Brésil qui présente des coûts autour de 3 000 euros par truie au Brésil à plus de 13 000 euros par truie en Finlande, en Autriche et en Hongrie. À cela s’ajoutent les hausses importantes des taux d’intérêt qui font exploser les coûts financiers à la construction. En 2023, les coûts de revient restent considérables, portés par les cours des matières premières qui se maintiennent à des niveaux élevés malgré une détente au deuxième semestre. L’impact des hausses des coûts énergétiques se fait maintenant sentir sur les élevages français.

Lisa Le Clerc, lisa.leclerc@ifip.asso.fr

(1) Sauf le Canada et de la République tchèque dont les données n’étaient pas encore disponibles à date d’écriture de cet article.
(2) Hors aide exceptionnelle.

Repères

Un réseau d’experts internationaux en production porcine

Le réseau Interpig regroupe un panel mondial d’experts spécialisés en production porcine. Depuis 2003, ils construisent une base de données commune des résultats technico-économiques des élevages de leur pays.

Mise en garde

L’une des particularités de la méthode Interpig est d’évaluer les amortissements des bâtiments et équipements par leur valeur de remplacement à neuf, souvent supérieure aux amortissements comptables. Cette méthode estime des coûts de revient relativement élevés, mais qui prennent en compte le besoin de réinvestissement à long terme pour maintenir le potentiel de production.

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