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Communiquer est dans l’ADN du magasin de producteurs « Groin de Folie »

Installés à Ploudaniel, Élodie et Alexandre Richard ont dès le départ soigné leur communication pour accompagner le développement de leur activité de vente directe.

À la tête d’un élevage label rouge de 160 truies et leur suite à Ploudaniel dans le Finistère, Élodie et Alexandre Richard transforment et commercialisent désormais près de 20 % de leurs porcs en vente directe. Démarrée en 2014, cette activité a connu une progression permanente. « Nous avons commencé par deux-trois porcs par semaine et un petit magasin de 10 m2 attenant à notre laboratoire de transformation, se souvient Alexandre. En 2017, nous l’avons agrandi et transformé en un magasin de producteurs. Un second a été ouvert début 2022 dans le bourg de Lesneven. Nous devrions cette année valoriser un millier de nos porcs en circuit court. »

Un logo bien identifié

Dès le départ, le couple a porté une attention particulière au marketing et à la communication autour de ses produits. À commencer par le nom du magasin « Groin de Folie ». « Nous voulions une marque originale, qui nous démarque des autres magasins à la ferme, utilisant souvent un nom à consonance bretonne « Ker… ». » Ils ont fait appel à un graphiste professionnel pour aboutir à un logo aux couleurs roses et noires, bien identifié avec un ton humoristique. Il est apposé sur tous les supports de communications (étiquettes produits, façades des magasins).

 

 
Sur les photos du site internet, prises par un professionnel, Elodie Richard prend la pose dans l'atelier transformation. © Groin de Folie
« Toutes nos camionnettes sont floquées avec le logo, c’est notre meilleur retour sur investissement en termes de communication », estime-t-il. Pour la conception et l’illustration de leur site internet, les éleveurs se sont aussi adressés à des professionnels. « Ce n’est pas parce qu’on est agriculteur qu’on ne doit pas se donner les moyens d’investir dans son image », estime-t-il. Les photos du site, de très belle qualité, mettent en valeur les éleveurs et leurs salariés, ainsi que l’élevage, l’atelier de découpe-transformation, des recettes culinaires… « Certes, cela représente un budget conséquent, mais il est clairement rentable. »

 

Mettre en avant la qualité des produits

 

 
Tous les produits frais sont vendus sous vide, ce qui facilite la gestion des stocks. © A. Puybasset
Les premières années, le Groin de Folie s’est fait connaître lors des salons et foires locales, une douzaine par an, organisées notamment avec le réseau Bienvenue à la ferme. Ces évènements ont d’ailleurs permis de rencontrer d’autres agriculteurs en vente directe, et de leur proposer par la suite de vendre leurs produits. Doté d’une aisance naturelle, Alexandre communique beaucoup auprès des clients sur la dimension locale, le goût et la qualité de ses produits en s’appuyant sur les spécificités du label rouge (âge d’abattage, alimentation avec la graine de lin, espace d’engraissement.). Il met aussi en avant son identité bretonne, via le nom de produits phares du magasin comme le pâté de porc Coat ou le rôti Mod Coz. « Il faut sans cesse rappeler que nous sommes avant tout des éleveurs, même si cela est écrit en grand sur la façade du magasin. »

 

Créer du lien sur les réseaux sociaux

À partir de 2017, Élodie et Alexandre ont commencé à communiquer sur les réseaux sociaux, via une page Facebook et plus récemment sur le réseau Instagram, mieux adapté à la diffusion de photos. « Facebook est un moyen facile et pas cher de communiquer avec nos clients. » La page @legroindefolie compte quelque 3 400 followers. Les posts, diffusés en moyenne une fois par semaine, visent à maintenir le lien avec les clients. Pour cela Alexandre utilise souvent un ton humoristique et décalé à travers le texte, la photo ou la vidéo qui sont diffusés. « Ce sont les publications les plus vues, constate-t-il. Préparer un post demande tout de même un peu de temps, même si les gérants comme les salariés de l’entreprise se prennent visiblement au jeu.

 

 
L'éleveur met en avant son identité bretonne, via le nom de produits phares du magasin comme le pâté de porc Coat ou le rôti Mod Coz. © A. Puybasset
De plus, le magasin envoie chaque semaine à ses clients une newsletter pour les informer des nouveautés. Créé lors des confinements liés au Covid pour faciliter la prise de commande, cet outil permet là aussi de garder le lien avec les clients (800 abonnés environ) et d’entretenir des relations autres que purement commerciales.

 

Deux magasins de producteurs pour fidéliser les clients

Les produits à base de porc représentent la moitié du chiffre d’affaires des deux magasins de producteurs d’Alexandre Richard.

Alexandre Richard s’est installé en 2012 en reprenant un élevage de porcs à Ploudaniel, avec l’objectif de développer une activité de vente directe. En 2013, il réalise les investissements pour passer l’élevage sous cahier des charges label rouge Opale et rachète un laboratoire de transformation d’un ancien élevage de canards à seulement 4 km de son exploitation. Avec son épouse Élodie, en charge de la transformation de la viande, il y ouvre un petit magasin à la ferme, dénommé « Groin de Folie », qui propose une large gamme de produits au détail, frais ou fumé, sous vide ou en conserve, issue des porcs de l’exploitation.

 

 
Magasin de producteurs de Ploudaniel. Le logo Groin de Folie est apposé sur tous les supports de communication. © Groin de Folie
En 2017, le local est transformé en un magasin de producteurs de 80 m2, proposant les produits d’une quarantaine d’agriculteurs locaux (toutes viandes, produits laitiers, fruits et légumes, épicerie…). « En offrant une gamme plus variée, l’objectif était d’élargir et de fidéliser notre clientèle. Cela permettait de réduire l’effet saisonnalité des achats de viande de porcs et d’avoir une charge de travail plus régulière pour nos salariés. » La viande est découpée et transformée en début de semaine par leurs deux bouchers et la vente a lieu le vendredi soir et le samedi matin. Début 2022, l’activité de vente directe a pris une autre dimension avec la reprise d’un charcutier-traiteur dans le bourg de Lesneven, transformé en un second magasin de producteurs de 120 m2

 

 « Situé en centre-ville et ouvert 6 jours sur 7, il permet de capter une autre clientèle, dont l’attrait pour les produits locaux a été boosté par la crise Covid. Elle peut y faire l’ensemble de ses courses alimentaires, avec des produits frais et locaux. » L’activité traiteur a été maintenue et propose des plats préparés à base de porc mais pas seulement. « Notre objectif est de valoriser au maximum notre cochon, qui représente la moitié du chiffre d’affaires. »

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