Aménager un bâtiment porcin avec une aire paillée et du caillebotis, une stratégie gagnante ?
Associer une aire paillée et une zone caillebotis dans une même case peut être un plus pour mieux gérer les coups de chaleur mais aussi mieux distinguer les zones de vie.
Associer une aire paillée et une zone caillebotis dans une même case peut être un plus pour mieux gérer les coups de chaleur mais aussi mieux distinguer les zones de vie.
En système litière, le modèle traditionnel en engraissement consiste à disposer d’une grande aire paillée (environ 1 m² par porc) et d’y ajouter une dalle technique sur sol plein surélevée de 40 cm dimensionnée pour être la plus compacte possible (0,15 à 0,2 m² par porc) afin d’éviter que les animaux ne la salissent.
Dans le cadre du projet BâtiPorc C4E, piloté par l’Ifip, plusieurs éleveurs rencontrés ont aménagé cette dalle technique sur caillebotis. Le sol ajouré permet de concevoir différemment l’aménagement intérieur du bâtiment.
Moins de paille consommée
Avec une dalle technique pleine, l’objectif est d’orienter la zone de déjection de la case dans l’aire paillée. Dans ce cas, il faut prévoir une consommation de paille comprise entre 70 et 90 kg par porc. Avec une dalle technique sur caillebotis, l’objectif n’est plus le même. L’idée est de mieux dissocier les zones de vie dans la case : l’aire paillée est mieux identifiée comme la zone de couchage tandis que la zone sur caillebotis devient la zone de déjection, d’alimentation et d’abreuvement. Pour une surface totale par porc équivalente, la surface de l’aire paillée peut alors être réduite et celle de la dalle technique est multipliée par deux (0,3 à 0,4 m²/porc). Pour orienter les déjections sur cette zone, plusieurs astuces sont utilisées par les éleveurs : orienter les circuits d’air pour avoir une retombée d’air frais sur les caillebotis, installer des cloisons ajourées entre les cases pour favoriser le marquage de territoire des animaux, mouiller le caillebotis avant l’entrée d’un lot pour générer de l’inconfort. La plupart du temps, les animaux ne réalisent pas 100 % de leur déjection sur cette zone. Cet aménagement permet malgré tout de garder la litière propre plus longtemps. Selon les configurations d’élevage, les économies de paille consommée vont de 30 à 50 %. Le choix du type de caillebotis a également de l’importance. Le caillebotis béton est moins glissant et plus frais en été mais il se bouche vite par les excréments et la paille ramenée par les animaux. Un caillebotis fil se bouche beaucoup moins vite car il dispose d’un taux de perforation plus important. Il est cependant conseillé de l’associer avec un système de raclage car les quantités de paille à passer sous le caillebotis sont beaucoup plus importantes. Sinon, il faut utiliser un brasseur à lisier et réaliser des vidanges fréquentes.
Coups de chaleur mieux gérés
Avec une dalle technique pleine et compacte, les animaux peuvent rapidement souffrir de la chaleur en été. En effet, le compostage de la litière qui récupère la totalité des déjections dégage beaucoup de chaleur et procure de l’inconfort. Les porcs vont alors chercher à se battre pour accéder et se coucher sur la dalle technique, plus fraîche et souvent plus humide. Une dalle technique plus grande sur caillebotis offre la possibilité à plus de porcs d’y accéder lors des pics de chaleur. De plus, des dispositifs de goutte à goutte ou d’aspersion peuvent être installés sans risque de mouiller la litière. Cela permettra également de récupérer l’eau gaspillée par les animaux, s’ils jouent avec les abreuvoirs pour se rafraîchir.
Yvonnick Rousselière, yvonnick.rousseliere@ifip.asso.fr
Repères
Dans le cadre du projet Bâtiporc C4E cofinancé par le fond Casdar et en partenariat avec les chambres d’agriculture de Bretagne et de Pays de la Loire, une plate-forme web a été mise en place pour télécharger des fiches techniques afin d’accompagner les éleveurs et leurs conseillers dans la conception de nouveaux bâtiments porcins.