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52 % des mâles abattus sont des mâles entiers

La part de mâle entier poursuit sa progression et représente 20 % des porcs présentés au catalogue du Marché du porc français. Mâle entier, mâle castré, alourdissement des carcasses..., chacun défend son point de vue au sein de la filière.  

Sur l’ensemble de l’année 2024, les porcs mâles entiers et pifs ont représenté 49 % de tous les porcs mâles abattus sur la zone Uniporc, devenant majoritaires, en décembre 2024, avec 51 % des abattages puis 52 % en 2025. Au Marché du porc français (MPF), le mâle entier est côté depuis l’année dernière et présenté aux acheteurs à hauteur de 20 %.

« Côté éleveur, la majorité se tourne vers le mâle entier pour des raisons évidentes de résultats techniques et surtout de problème de main-d’œuvre », rappelle Carole Joliff, présidente du Comité régionale porcin de Bretagne à l'occasion d'une table ronde organisée par le MPF lors de son assemblée générale en juin à Ploufragan (Côtes-d’Armor). « De moins en moins d’éleveurs veulent castrer, et surtout cela n’est pas rémunéré », ajoute-t-elle.

Pour David Louzaouen, administrateur à l’UGPVB, si le mâle entier permet de répondre au problème de main-d’œuvre des éleveurs, il faut toutefois tenir compte des débouchés commerciaux. « On ne peut produire que ce qui se vend. Sur mon élevage, nous n’avons pas de souci de main-d’œuvre. Nous avons fait une étude avec ma coopérative pour déterminer le gain potentiel. Nous avons décidé de castrer pour l’instant. »

Un besoin de mâles castrés 

La présidente de la fédération des entreprises de charcuterie traiteur (Fict), Christiane Lambert, insiste sur le fait que les salaisonniers ont besoin de mâles castrés pour leur viande grasse et que les producteurs de lardons ou de jambon supérieur ne veulent pas prendre de risque avec le problème d’odeur. Une position confirmée par l’abatteur Vallégrain qui n’abat que des mâles castrés. « Nous abattons 9 000 porcs par semaine. Notre slogan est « Le Porc autrement » avec pour fleuron le Label rouge sur paille, nous faisons aussi du porc bio. À Vallégrain, nous ne voulons pas prendre de risque d’un point de vue “odeur” aussi nous défendons la castration avec la notion de bien-être animal », indique Alexis Leveau, directeur général de l’abattoir et représentant de Culture Viande.

Pour le CRP Bretagne, la question du curseur entre la proportion de mâle entier et castré reste à déterminer au sein de la filière, ainsi que le déploiement d’alternatives à la castration comme la castration vaccinale. Cette voie est adoptée par un seul abatteur, Kermené. « Il y a des garanties sanitaires et scientifiques aujourd’hui, 5 % sont réalisés de cette façon aujourd’hui et potentiellement plus demain », soutient Christiane Lambert.

Parallèlement, des discussions sont en cours à Uniporc pour étudier une éventuelle différenciation du prix entre mâle entier et castré. « Le travail de castration mérite une revalorisation auprès des éleveurs », appuient David Louzaouen et Christiane Lambert.

Alourdissement des carcasses

Autre point débattu lors de la table ronde, celui de l’alourdissement des carcasses qui atteint près de 10 kilos en vingt ans. Pour Alexis Leveau, à Vallégrain, l’alourdissement des carcasses aide à l’amélioration gustative avec un cochon plus mature. À l’inverse, la présidente de la Fict attire l’attention sur les difficultés d'homogénéité des côtes de porc vendues dans les barquettes en libre-service (petites côtes associées à de grosses côtes) et pointe l'assèchement à la cuisson des côtes fines et leur perte en goût.

Mise en place le 1er juillet 2024 par Uniporc, la grille de plus-value commune à l’ensemble des porcs a décalé de trois kilos toutes les gammes vers le haut (excepté P1 et P5). « Cela correspondait à ce que l’on faisait déjà dans les élevages compte tenu de l’amélioration de la génétique, de la nutrition et du sanitaire », remarque l’éleveur David Louzaouen. Quant au critère économique, « on est sur des marges faibles avec des charges de structures importantes, l’alourdissement des porcs permet aussi de diluer les charges sur plus de kilos », conclut Carole Joliff.

Le MPF confirme son ouverture sur l’hexagone

En juin 2024, le Marché du porc breton devenait le Marche du porc français (MPF) suite à l’arrivée de trois premiers abattoirs hors Bretagne : Holvia (Mayenne) après Travidal (Loiret) et Vallégrain (Sarthe) en 2023. « Je me permets de saluer un nouveau groupement apporteur sur le catalogue, le groupement de producteurs de porcs des Monts de Flandre des Hauts-de-France. Ceci montre toute la dimension acquise depuis deux ans, à savoir une ouverture sur l’hexagone. Les portes restent et resteront ouvertes à d’autres », a déclaré le président du MPF François Pot.

L’an passé, l’offre au MPF a baissé de 15,6 % par rapport à 2023 à 1,129 million de porcs charcutiers en 2024. Après une année record, le prix de base moyen s’établit à 1,898 €/kg l’an dernier (-10,26 % par rapport à 2024).

Stabilité des abattages

Au total, 18,3 millions de porcs ont été abattus sur la zone Uniporc en 2024, soit une quasi-stabilité par rapport à 2023 (-0,4 %), de source Uniporc. Le poids moyen des porcs a progressé de 800 g entre 2023 et 2024 passant de 95,8 kilos à 96,6 kilos. La baisse en nombre de têtes et l’augmentation du poids conduit au final à un tonnage légèrement excédentaire (+ 0,4 %). L’effet mâle entier se traduit par un TMP en hausse de 0,1, soit 61,2 % malgré des animaux plus lourds.

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