Pomme de terre et sécheresse : la production française pourrait chuter de près de 25 % en 2026
Après une récolte record en 2025, la filière pomme de terre fait face à un retournement brutal. Entre baisse des surfaces cultivées et rendements historiquement faibles à cause de la sécheresse, la production française pourrait reculer d’environ un quart cette année.
Après une récolte record en 2025, la filière pomme de terre fait face à un retournement brutal. Entre baisse des surfaces cultivées et rendements historiquement faibles à cause de la sécheresse, la production française pourrait reculer d’environ un quart cette année.
En production de pomme de terre, l’effet conjugué de la baisse des surfaces et des rendements risque d’entraîner une chute de près d’un quart de la production de pommes de terre françaises. C’est ce qu’indique l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), dans un communiqué du 23 août (1).
Des rendements en pomme de terre au plus bas depuis 30 ans
Le rendement moyen national en pomme de terre de consommation s’établirait environ à 37,4 t/ha, contre 43,5 t/ha en 2025, année record en volume de production en raison d’une forte augmentation des surfaces. Il s’agirait du plus faible rendement observé depuis plus de 30 ans, après l’épisode déjà historiquement faible de 2022 (39,2 t/ha). « La campagne avait bien commencé, avec des chantiers de plantation qui se sont déroulés dans de bonnes conditions », précise Benoît Houilliez, de la chambre d’agriculture Nord-Pas-de-Calais. A la suite de l'implantation, la phase de tubérisation a permis la formation d'un nombre important de tubercules qui, malheureusement, ont stoppé leur croissance sous l’effet des fortes chaleurs et du manque d’eau lors des différentes canicules. Les parcelles irriguées devraient mieux s’en sortir « mais, face à de telles chaleurs, l’efficience des millimètres apportés est amoindrie », constate Benoît Houilliez. Les tubercules présentent globalement de petits calibres et risquent de ne pas correspondre aux critères industriels.
Après la production pléthorique de 2025, où les pommes de terre sur le marché du libre ne valaient rien, les producteurs ont davantage opté cette année pour la contractualisation pour sécuriser leur débouché. Ironie du sort, certains risquent de se retrouver en difficulté pour honorer leurs contrats. Des discussions devraient s’ouvrir au sein de la filière, avec les industriels notamment, pour trouver des solutions. « Les cahiers des charges et critères de réception des acheteurs devront impérativement être adaptés à la réalité de la récolte 2026 pour valoriser tous les volumes disponibles et ne pas aggraver les pertes économiques des producteurs », estime l’UNPT.
Vigilance au stockage face aux risques de germination
Le retour des pluies apporte un soulagement, elles vont permettre aux machines d’entrer dans les parcelles pour récolter. L’arrachage des pommes de terre nécessitera de la prudence, les tubercules affichent des taux élevés de matière sèche, ce qui les rend sensibles aux endommagements. En outre, la chaleur entraîne un âge physiologique plus avancé des pommes de terre et donc une germination qu’il faudra étroitement surveiller au stockage.
Dans ce contexte particulier, certains producteurs qui n’avaient pas encore vidé leur stock de pommes de terre 2025 avant la récolte ont pu saisir des opportunités. Des lots ont pu être écoulés à un prix de 150 €/t début août alors que les pommes de terre sur le marché du libre ne valaient quasiment rien en juin.