Pois chiche Label rouge : « La culture dégage la meilleure marge de mon exploitation en Vendée »
Producteur en Vendée, Didier Plaire s’est lancé en 2026 dans le pois chiche Label rouge avec la coopérative Cavac. Une culture aux multiples intérêts et dont il attend une meilleure valorisation grâce au label.
Producteur en Vendée, Didier Plaire s’est lancé en 2026 dans le pois chiche Label rouge avec la coopérative Cavac. Une culture aux multiples intérêts et dont il attend une meilleure valorisation grâce au label.
Didier Plaire, agriculteur à L’Aiguillon-la-Presqu’île en Vendée, a semé 6 hectares (ha) de pois chiche Label rouge au printemps 2026. « Je produis du pois chiche depuis 2019 dans le cadre de Pulseo, l’OP Légumes de la Cavac, précise-t-il. Avec le Label rouge, la plus-value est de 10 %. » Axé sur des cultures à valeur ajoutée, Didier Plaire cultive 160 ha, dont 62 ha de blé dur, 35 ha de tournesol, 16 ha de pois chiche, 6 ha de lentille, 20 ha de luzerne semences et 6 ha de chanvre. Il est l’un des deux producteurs à cultiver cette année du pois chiche dans le cadre du Label rouge obtenu par la Cavac en décembre 2025. « Un point clé pour la qualité du pois chiche est que le sol contienne au moins 40 % d’argile et moins de 25 % de sable, pour garantir une réserve hydrique suffisante tout au long de la culture, contribuant au caractère fondant du grain, explique Julien Guillon, responsable technique cultures spécifiques à Cavac. Les terres de marais de Didier Plaire y sont très adaptées. »
Une culture qui nécessite peu d’interventions
Comme le prévoit le cahier des charges, la variété cultivée est Twist, qui se caractérise par ses qualités gustative et productive. Les semences sont certifiées, garantissant une moindre sensibilité à l’ascochytose, principale maladie en pois chiche. La culture a été semée fin mars à raison de 48 grains par m². « La densité maximale imposée est de 55 grains par m², précise Didier Plaire. Semer à 48 grains par m² me permet de limiter le coût de semences. » Les sols étant naturellement pourvus en Mesorhizobium, aucune inoculation n’a été nécessaire. Après un labour d’été, puis une reprise à l’automne, le sol a été travaillé en surface avant semis. Les pois chiches ont été semés au semoir à céréales, à 4-5 cm de profondeur. « Pour déclencher la germination, il faut semer dans le frais », souligne le producteur. Un herbicide de post-semis prélevé a été appliqué. « Très peu d’interventions sont ensuite nécessaires, éventuellement un fongicide et, si besoin, du biocontrôle pour lutter contre l’héliothis », indique Didier Plaire. Le protocole est basé sur l’utilisation de pièges à phéromones et du DiPel DF, à base de Bacillus thuringiensis. Le pois chiche couvrant vite le sol, aucun désherbage n’est nécessaire. Conformément au cahier des charges, il n’y a pas d’irrigation ni d'apport d’engrais. « Le pois chiche pousse sans azote et les sols de marais sont riches en phosphore et potasse », avance l’agriculteur.
Un prix fixé en amont basé sur le coût de production
La floraison est une étape cruciale. « Un atout du pois chiche est qu’il résiste au stress thermique, apprécie Didier Plaire. Son pivot lui permet d’aller chercher l’eau en profondeur. Les acides malique et oxalique qu’il sécrète et qui repoussent les phytophages limitent aussi l’évapotranspiration. Malgré la canicule de mai, la floraison s’est bien passée. » La culture présente aussi des atouts sur le plan agronomique. « Le pois chiche restructure le sol et peut éviter le labour, se félicite Didier Plaire. Il augmente le rendement du blé dur à suivre de 5-10 % et améliore sa qualité. Il permet de réduire les apports d’azote de 20-30 unités d’azote pour la culture à suivre. »
La récolte se fait fin juillet à la moissonneuse-batteuse, quand les grains sont à 14 % d’humidité. « Le pois chiche ayant une floraison indéterminée, le risque est qu’il reparte en végétation en fin de cycle en cas de pluies, note Julien Guillon. Il peut alors être nécessaire de faucher et andainer la culture pour qu’elle finisse de sécher avant la récolte. » En moyenne, le rendement atteint 2,5 tonnes par hectare (t/ha), avec des variations liées à la météo. « En 2025, en pois chiche standard, avec un rendement de 3,6 t/ha et un prix payé de 600-620 €/t, le pois chiche a permis la meilleure marge de l’exploitation, indique Didier Plaire. En Label rouge, le coût de production devrait être de 320-350 €/ha, dont 240 €/ha de semences. Et le prix payé sera supérieur de 10 % au prix standard, celui-ci étant discuté en amont et basé sur le coût de production. »
Premier Label rouge en pois chiche en France
Les pois chiches produits par la coopérative Cavac ont obtenu la labellisation Label rouge, une première en France. Le cahier des charges du label, mis au point avec l’ODG Vendée Qualité, a été homologué en décembre 2025. Le pois chiche est produit depuis 2018 au sein de la Cavac, avec 1 000 hectares cultivés en 2026 par 100 agriculteurs et un prévisionnel de 2 500 tonnes. Il est transformé, appertisé ou en sec, et vendu par Olvac, filiale de la coopérative. Avec le label, « l’idée est de valoriser le savoir-faire des agriculteurs, d’apporter une plus-value et de renforcer la crédibilité de la filière », souligne Élodie Gauvrit responsable Légumes de la Cavac. Cinquante hectares ont été semés en 2026. Outre des critères de production (variété, semences certifiées, choix des parcelles, densité limitée, pas d’insecticide de synthèse, rotation d’au moins cinq ans sans légumineuse à graines), le cahier des charges comporte des critères de calibrage, tri, trempage contrôlé, blanchiment obligatoire et absence d’additifs.
La coopérative développe depuis quelques années ce type de productions pour apporter de la valeur ajoutée à ses adhérents. 4 000 hectares de légumes secs (haricots, lentilles, pois chiches) sont cultivés par les agriculteurs de la Cavac, dont la Mogette de Vendée Label rouge. « 8 000 tonnes de légumes secs sont vendues chaque année, indique Élodie Gauvrit. Et l’objectif est de doubler les surfaces d’ici 4-5 ans, pour répondre à un marché en croissance et sécuriser les producteurs face aux aléas climatiques. »