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Plusieurs façons pour faire du revenu

L’élevage caprin permet de dégager du revenu à condition de garder un système cohérent et suffisamment performant. Les éleveurs fromagers ont l’avantage de maîtriser leurs prix, mais ils peuvent se démarquer avec des produits valorisants et diversifiés pour réussir, surtout dans des zones concurrentielles ou à faible pouvoir d’achat. Fromager ou livreur, l’enjeu est d’optimiser la production et de maîtriser les charges, ce qui demande parfois un travail soutenu ou des équipements performants.

C’est hélas rarement avec l’élevage de chèvres que l’on devient millionnaire… Les 86 élevages caprins laitiers et fromagers en suivi Inosys ont ainsi dégagé un revenu annuel disponible de 28 800 euros en moyenne sur quatre ans, soit l’équivalent de deux Smic par unité de main-d’œuvre exploitante. Cependant, certains s’en sortent mieux que d’autres, soit parce qu’ils se sont installés sur des structures mieux assises soit parce qu’ils sont parvenus à gagner en efficacité.

Pour les fromagers, la maîtrise des prix rend normalement l’établissement d’un revenu suffisant plus facile. Cependant, monter ses prix n’est pas évident, surtout quand on s’est installé dans une zone avec un pouvoir d’achat réduit ou dans une zone à forte concurrence. L’enjeu est alors de se démarquer en proposant des produits différents qui valorisent bien le litre de lait. Une gamme diversifiée permet ainsi d’augmenter le panier moyen mais demande plus de savoir-faire et de travail en fromagerie. Mais si le nouveau produit ou le circuit de commercialisation n’est pas rentable, il faudra savoir l’arrêter. En fromagerie, la maîtrise technique permet aussi d’augmenter la valorisation du lait sans augmenter le prix du fromage. On surveillera alors de près son rendement fromager.

Un système cohérent et suffisamment performant

Fromagers ou fermiers, une performance technique minimale est nécessaire. Un volume d’activité minimum est requis pour gagner sa vie : un minimum de chèvres par personne et un minimum de lait par chèvre. « À moins de conditions d’exploitation particulière ou valorisation très élevée sur certains produits, c’est difficile d’avoir un bon revenu à moins de 700 litres de lait par chèvre chez un fromager ou 850 litres chez un laitier », explique Vincent Lictevout, du service Economie des exploitations d’élevage à l’Institut de l’élevage.

Pour les livreurs, c’est essentiel, il faut être efficace et produire du lait sans trop alourdir les charges. Ceux qui sont efficaces savent produire beaucoup de lait tout en maîtrisant les charges et les coûts de production. Mais l’enjeu est aussi de rester dans la limite de la vivabilité pour que le travail ne soit pas excessivement pénible en période de production soutenue.

Il y a plusieurs façons pour générer du revenu, en jouant sur les volumes, en limitant les charges, en optimisant les produits… On cherche quoi qu’il en soit à garder de la cohérence vis-à-vis du travail, des investissements et de l’efficacité technico-économique. Il faut avoir assez de lait par unité de main-d’œuvre tout en gardant des ressources pour les autres activités de l’exploitation. On peut avoir peu de produits mais très peu de charges. Ou, au contraire, plus de charges mais des volumes importants ou une valorisation forte.

Au-delà du revenu, la durabilité économique

La durabilité économique d’une exploitation correspond à sa viabilité, sa transmissibilité et sa capacité de résilience aux aléas et aux mutations. Pour évaluer cette durabilité, l’Institut de l’élevage a compilé des indicateurs économiques et les a calculés pour les élevages bovins, ovins et caprins en suivi Inosys Réseaux d’élevage. Globalement, les exploitations caprines suivies disposent d’une meilleure efficience économique et d’un endettement plus faible que les autres élevages de ruminants. Ce faible endettement est à mettre en lien avec une moindre capitalisation, ce qui contribue à des marges de sécurité d’un meilleur niveau.

Capital réduit et faible dette

Dans le détail, les 86 élevages caprins en suivi ont dégagé 28 800 euros de revenu disponible par unité de main-d’œuvre (UMO) exploitant en moyenne entre 2018 et 2022. Ces élevages caprins ne mobilisent que 149 000 euros de capital (hors foncier et stocks) par UMO exploitant, ce qui entraîne un faible poids de la dette (11 % d’annuités/produit brut). Les éleveurs caprins arrivent ainsi à vivre de leur métier sans être trop dépendant des prêts contractés ni des aides perçues (les aides représentent en moyenne 15 % du produit brut).

Avec une relativement faible capitalisation, les élevages caprins peuvent être transmis plus facilement. Les capitaux ne sont pas trop importants au regard de la rentabilité de l’exploitation pour permettre une reprise. Cependant, avec un revenu moyen couvrant tout juste l’équivalent de deux Smic par UMO exploitant, les marges de sécurité restent faibles pour faire face aux aléas climatiques, économiques ou sanitaires.

Une fiche de sept pages détaille l’étude sur idele.fr/inosys-reseaux-elevage/publications.

Le saviez-vous ?

Les éleveurs caprins dépendent à 15 % de la PAC

En moyenne, 15 % du produit brut des exploitations caprines proviennent des différentes aides européennes (aides directes, MAEC…). Les filières laitières caprines et bovines (également à 15 % d’aides) se différencient de la filière des ovins lait (27 %), des bovins viande (31 %) et surtout des ovins viande dont le produit brut est en moyenne composé à 42 % d’aides PAC.

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