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PIB agricole en baisse de 4,5% : pourquoi les comptes de l’agriculture reculent en 2023

Après une croissance à deux chiffres en 2022, la valeur ajoutée brute de l’agriculture rapportée au coût des facteurs devrait chuter fortement en 2023. FNSEA et Chambres d’agriculture de France pointent la forte instabilité des marchés à laquelle sont soumis les agriculteurs.

Agricultrice regardant des courbes économiques devant ses champs
© Illustration réalisée avec intelligence artificelle

Après une hausse de 12,3% en 2022, l’équivalent agricole du PIB, ou valeur ajoutée brute au coût des facteurs, devrait chuter de 4,5% en euros équivalents en 2023. Tels sont les chiffres publiés le 20 décembre par l’Insee à l’occasion de la réunion de la Commission des comptes de l’agriculture de la Nation (CCAN).

Rapportée à l’actif la baisse serait de 4,1%.

Lire aussi : Que cache la hausse des résultats économiques de l’agriculture française ?

 

Baisse des prix agricoles et hausse des coûts des intrants

Ce recul du PIB agricole s’explique par une baisse des prix globalement de 3,7%, tirés par la chute des prix des céréales (de 28,4%), des oléagineux (-24,8%) et des fourrages (-7,2%), dans un contexte mondial marqué par le repli des cours des produits agricoles et des matières premières.

Evolution de la production agricole en 2023 selon l'Insee

 

Les prix ont progressé pour les produits animaux, à la fois en bétail (+9,7%), volailles (+5,8%), et lait (+7,1%).

Les volumes des productions agricoles sont en hausse en 2023 (+2,9%) tirés par un rebond en céréales (+5,8%), les fourrages (+19,7%), légumes (+6,2%) qui compense largement les reculs de volumes en bétail (-5,1%) et lait (-1,2%).

Contribution des filières agricoles à la variation de la valeur de la production agricole

« La hausse du coût des intrants connaît certes un ralentissement, mais demeure encore forte (+3,5%) portée par les prix des engrais », souligne l’Insee.

Globalement l’Insee souligne une hausse des consommations intermédiaires en valeur de 2,5% après une croissance de 14,7%. 

Résultat : en 2023 la valeur ajoutée brute de la branche agricole se contracterait de 5,3%. 

 

Des résultats agricoles en franche rupture par rapport à 2021 et 2022

« Les années se suivent sans pour autant se ressembler », commente Chambres d’agriculture de France dans un communiqué. « La forte hausse des prix à la production, qui avait, en 2022, profité aux agriculteurs malgré la flambée des prix des consommations intermédiaires et ce dans un contexte de guerre en Ukraine, laisse place en 2023 à un repli significatif de l’ordre de 10,1% pour les produits végétaux. En revanche, s’agissant des prix des produits animaux, ils se sont redressés de 7,9% sur fond de diminution de l’offre de 2,5% », notent les Chambres d’agriculture.

Evoquant le recul de la valeur ajoutée brute de 5,3% (« en rupture par rapport aux deux années précédentes » à +14,4% en 2021 et +17,3% en 2022), Chambres d’agriculture de France souligne que si l’on tient compte des subventions d’exploitation et des déductions d’impôts sur la production, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs affiche un repli de 9% en termes réels contre +9,6% en 2022. 

« Ces résultats confirment que l’agriculture française reste confrontée à une instabilité des marchés, indissociable depuis 2022 d’un contexte international tendu », commente Chambres d’agriculture de France.

 

Finie l’embellie, gare à l’effet ciseau et à la décapitalisation

« Finie l’embellie », commente pour sa part la FNSEA dans un communiqué. Pour les productions végétales, « le retournement de marché entre des prix d’engrais très élevés et des prix de vente en berne sur les marchés mondiaux a créé un effet ciseau délétère sur le compte des agriculteurs », s’inquiète le syndicat majoritaire agricole qui souligne que « les rendements corrects en 2023 (+6% en volume produit) n’ont pas compensé les pertes de valeur produite (-24% pour les céréales, -21% pour les oléoprotéagineux, -9% pour les vins de table) ». 

Et d'analyser que malgré la hausse de la valeur de la production animale de 5%, les revenus des éleveurs restent parmi le plus faibles.  « La baisse de production en volume s’accroit encore pour les viandes, la volaille et les produits laitiers, tandis que les importations ne cessent, elles, d’augmenter, questionnant le défi de la souveraineté alimentaire », s’inquiète la FNSEA.

Dans ce contexte, « le respect des lois Egalim doit absolument rester de mise : aucune baisse de prix n’est envisageable dans un contexte d’accroissement des arrêts d’activité d’élevage et les agriculteurs ne peuvent pas supporter encore une baisse de revenu », conclut la FNSEA. 

 

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